Comment survivre à l'automne boursier

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Avec une fortune de 65 milliards US, le président fondateur de Berkshire Hathaway, Warren Buffett, est l'un des hommes les plus riches du monde.

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Paul Durivage
La Presse

« C'est quand la marée baisse que l'on voit qui se baigne nu », aime à dire le renommé investisseur Warren Buffett. Voici quelques idées de placement pour protéger ses arrières alors que le marché boursier canadien se replie.

L'indice général S&P/TSX de la Bourse de Toronto, l'une des plus performantes au monde depuis le début de l'année et jusqu'alors, a effacé tous ses gains du trimestre ces dernières séances. Le recul est de 4 % depuis le record historique du 3 septembre, à opposer à un recul d'environ 1 % du côté américain.

Les dernières séances ont été particulièrement éprouvantes pour les entreprises de ressources, qui constituent pour plus du tiers de l'indice général du marché canadien. Les services financiers, qui comptent pour un autre tiers du lot, ne paient pas de mine non plus.

Une consolidation des cours n'est pas étonnante. La Bourse de Toronto a progressé sans interruption durant 13 mois alors que les cours boursiers subissent une correction de 5 % tous les 7 mois en moyenne. Qui plus est, septembre est traditionnellement un mauvais moment à traverser pour les investisseurs, ici comme ailleurs.

Que faut-il faire de ses liquidités en période de consolidation des marchés ? Faut-il renchérir alors que les actions entament peut-être une correction ? Miser sur des titres à haut rendement, ou des bons du Trésor ? Ranger l'argent sous le matelas ?

Les bons du Trésor et obligations gouvernementales sont traditionnellement envisagés en premier lieu à ce petit jeu de vases communicants vers des valeurs plus sûres. Mais les investisseurs gâtés par les marchés boursiers ces dernières années lèveront le nez sur ces placements dont le rendement couvre à peine l'inflation.

« Avec des produits à revenu fixe si ingrats, les blue chips restent la meilleure classe d'actifs », croit David Baskin, président de Baskin Financial Services.

La firme torontoise continue à mettre l'accent sur les titres de haute qualité payant de bons dividendes, y compris les secteurs sensibles à une remontée éventuelle des taux d'intérêt comme l'immobilier, les services publics, les télécommunications et les pipelines. « Vu la performance économique attendue, nous ne prévoyons pas d'augmentation substantielle des taux d'intérêt dans les neuf à douze prochains mois », écrit-il sur FNN.

Diversification internationale

« Il vaut toujours mieux rester investi », établit d'entrée de jeu Alain Desbiens, vice-président de BMO Gestion mondiale d'actifs. Le monde effervescent des FNB ne manque pas d'options pour réduire le risque du portefeuille, note le spécialiste.

« Il y a des options peu coûteuses pour diminuer la pondération canadienne, avec des fonds axés sur les marchés américains et internationaux, ou même les pays en émergence », souligne-t-il rappelant que le grand stratège de la firme, Stéphane Rochon, donne la priorité depuis longtemps aux marchés américains. BMO Nesbitt Burns recommande même à ses clients au profil équilibré de doubler le poids des actions américaines à 30 %.

Alain Desbiens seconde l'étonnante recommandation de Warren Buffett du printemps dernier. Le mythique gestionnaire du fonds Berkshire Hathaway suggérait carrément aux investisseurs d'investir dans un fonds indiciel à faible coût calquant l'indice américain S&P 500, plutôt que dans son propre fonds beaucoup plus onéreux.

Buffett visait plus spécifiquement un fonds Vanguard que l'on retrouve sous l'acronyme VFV à la Bourse de Toronto où il est négocié en dollars canadiens. Les frais de gestion sont aujourd'hui de 0,16 % seulement. L'expert de la BMO conseille plutôt aux investisseurs canadiens le nouveau FNB maison, le ZSP, qui reproduit aussi le S&P 500 dans la mesure du possible. Les frais de gestion annuels maximaux ne sont que de 0,10 %, et le fonds inscrit au Canada n'est d'aucune façon assujetti à l'impôt américain, souligne-t-il.

La diversification des portefeuilles boursiers avec l'achat de FNB axés sur l'Europe, est aussi une option à considérer pour réduire la pondération canadienne en portefeuille. « La crise dans les pays européens ne signifie pas nécessairement la crise dans les entreprises européennes », notait récemment le service de recherche de Franklin Templeton dans un article intitulé The Truth About Europe.

Le service de recherche en FNB de la Financière Banque Nationale, qui anticipait le repli de septembre, recommande également les fonds investis en Europe pour profiter de la faiblesse de l'euro et de la possibilité d'une autre ronde d'assouplissement monétaire. Il suggère les fonds ZEQ, EUR, RWE et XEH.

Couverture de devises ou non

Des fonds négociés en Bourse (FNB) investis à l'étranger permettent de couvrir le risque de change. L'investisseur se prémunit ainsi contre une hausse de valeur du dollar canadien. La couverture (« hedging ») vaut-elle la chandelle ?

La BMO misant sur la baisse du dollar canadien, ses conseillers favorisent les fonds étrangers ne couvrant pas le risque de change. Ainsi, si le dollar devait perdre encore 10 % de sa valeur et que la Bourse américaine gagne 10 %, le détenteur de FNB non couvert doublera son rendement. Il aura cependant accepté de ne faire aucun profit si le huard s'apprécie au contraire de 10 %. Avec un fonds couvrant le risque de change, il se serait assuré d'obtenir exactement le rendement de l'indice, moins commission.

Règle générale, l'investisseur canadien a intérêt à ne pas couvrir le risque de devises s'il veut réduire la volatilité de son portefeuille à long terme. Le Canada étant un pays axé sur les ressources naturelles, notre monnaie s'apprécie en effet davantage durant les phases d'expansion économique mondiale et se déprécie encore plus durant les périodes de récessions mondiales. Cette situation particulière du Canada fait en sorte que ne pas couvrir le risque de devises lorsqu'on investit à l'étranger constitue en fait une protection naturelle contre une baisse généralisée des marchés, comme l'explique Ian Gascon, président de Placements Idema.




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