Faire la piastre avec les magasins à 1$

Dollarama est entrée en Bourse il y a... (PHOTO FRANÇOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE)

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Dollarama est entrée en Bourse il y a un peu moins de cinq ans. Depuis, le titre a presque quintuplé de valeur.

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Paul Durivage
La Presse

La prise de participation de l'investisseur militant américain Carl Icahn dans la chaîne Family Dollar a ravivé l'intérêt pour les titres des magasins à 1 $. Ceux-ci paraissent encore abordables pour les investisseurs malgré toutes les spéculations en cours sur de possibles fusions-acquisitions. Coup d'oeil sur trois groupes de magasins pleins de ressources. Parce qu'ils n'ont pas fini de nous étonner.

FAMILY DOLLAR : CARL ICAHN FLAIRE L'AUBAINE

Le titre de la chaîne américaine de magasins à bas prix Family Dollar s'est envolé jusqu'à près de 69 $US, la semaine dernière, un gain de 15 % en quelques jours, après l'annonce d'une prise de participation de 9,4 % du milliardaire Carl Icahn. L'investisseur militant a dit souhaiter des « changements stratégiques » et a évoqué la possibilité d'une fusion avec la chaîne rivale Dollar General. 

Family Dollar a annoncé dans la foulée l'adoption d'une « pilule empoisonnée ». Le plan de défense consiste à inonder le marché d'actions quand la participation d'un investisseur dépasse les 10 %. Le groupe Family affirme vouloir empêcher qu'un investisseur (comme M. Icahn) n'acquière une participation majoritaire, et non chercher à bloquer une fusion ou un rachat.

Family Dollar représente une cible typique pour Carl Icahn. Le titre est en baisse de 20 % depuis septembre. Les profits progressent régulièrement depuis 10 ans, mais le rythme de croissance a ralenti l'an dernier. L'entreprise a annoncé en avril la fermeture de 370 magasins dont les ventes déclinent. Sauf quelques exceptions, les analystes sont sur le mode « conserver » en attendant un développement.

DOLLAR GENERAL AU GARDE-À-VOUS

La rumeur d'une éventuelle fusion avec Family Dollar sous la houlette de Carl Icahn a emporté le cours de la chaîne concurrente Dollar General à la Bourse de New York, la semaine dernière. Le titre a bondi de 14 % jusqu'à tout près de 66 $US, en séance lundi, un sommet historique. Il s'est légèrement replié les jours suivants. 

La communauté financière aime le titre avec 14 recommandations d'achat contre 13 suggestions de conserver et 1 de vente. L'analyste Paul Trussell, de la Deutsche Bank, croit que la consolidation de l'industrie est « sensée avec les vents contraires qui s'élèvent ». Mais compte tenu de la résistance des gestionnaires, dit-il, le projet repose sur le pouvoir de conviction de M. Icahn qui s'est fait une spécialité d'entrer au capital de sociétés pour ensuite réclamer des changements de gouvernance ou de stratégie. 

L'analyste Scot Ciccarelli, de RBC Marchés des capitaux, ne croit pas non plus en une fusion, même si cela lui paraît très attrayant pour l'entreprise et ses actionnaires.

DOLLARAMA SE DISTINGUE

Les actionnaires de Dollarama ne sont pas complètement indifférents à la possible réorganisation des magasins à petits prix aux États-Unis. Le titre a bondi de 3,3 % à un sommet historique de 96,40 $ lundi, mais a perdu presque autant à la publication, jeudi, de ses derniers résultats trimestriels qui montraient une baisse d'achalandage. 

Les investisseurs n'ont pas fait autant d'argent cette année que par les années passées avec DOL. Le titre a même perdu un peu de sa valeur depuis le début de l'année. La qualité de son crédit et la croissance solide de ses affaires demeurent néanmoins supérieures à celles des entreprises américaines semblables, note la firme Moody's Investor Services. « Le secteur des magasins à un dollar au Canada a plusieurs similarités avec l'industrie américaine, mais est moins saturé et a plus de potentiel de croissance », affirment les analystes Peter Adu et Margaret Taylor, de Moody's. 

Dollarama est citée pour sa position dominante dans le marché canadien et son occasion unique d'accroître encore le nombre de ses magasins. La chaîne compte 899 magasins au Canada. Ses ventes se sont améliorées de 12 %, à 501,1 millions, au premier trimestre, en dépit des conditions météorologiques difficiles qui ont fait fuir les consommateurs. Son bénéfice net s'est établi à 53,2 millions ou 78 cents par action, comparativement à 45,6 millions ou 62 cents par action l'an dernier. 

Le titre, qui s'échange tout de même à 27 fois les profits courus, demeure un chouchou de la communauté financière avec 12 recommandations d'achat contre 4 de conserver et 1 de vendre. Les actions de Dollarama ont presque quintuplé de valeur depuis leur inscription à la cote de la Bourse de Toronto en septembre 2009.




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