Travailleurs d'été: une main-d'oeuvre recherchée

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Les raisons ne manquent pas pour dénicher un emploi d'été: payer ses études, s'offrir un voyage, se « bâtir un nom », ne plus vivre aux crochets de papa et maman, parmi tant d'autres.

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Stéphane Champagne

COLLABORATION SPÉCIALE

La Presse

Ils sont quelques centaines de milliers à venir gonfler, de la fin avril au début du mois de septembre, la force ouvrière québécoise. Signe des temps, l'époque où les travailleurs d'été représentaient du cheap labour semble révolue. Désormais, les étudiants sont une espèce recherchée que les employeurs ont intérêt à respecter.

DE JEUNES TRAVAILLEURS PLUS EXIGEANTS

Même s'il reçoit près de 4000 CV tous les ans, le parc d'attractions La Ronde doit malgré tout bichonner ses jeunes troupes. « C'est une main-d'oeuvre qui nous est essentielle. J'en ai absolument besoin pour mes 106 jours d'activité. Sans elle, je ne peux pas fonctionner », explique Brigitte Thibert, directrice des ressources humaines à La Ronde.

Avec plus 1200 jeunes travailleurs d'été, La Ronde est le plus important employeur estival de Montréal, sinon du Québec. Le parc d'attractions jouit d'une bonne réputation auprès des jeunes. Bref, ça se bouscule au portillon pour occuper un poste de préposé aux manèges ou de simple videur de poubelles.

Malgré tout, affirme Brigitte Thibert, les jeunes travailleurs sont beaucoup plus exigeants qu'autrefois. « Je ne faisais pas autant de programmes de reconnaissance il y a 10 ans. Les jeunes ont des idées. Il faut prendre le temps de les écouter. Ils ont plus de choix qu'avant. Ce sont eux qui nous choisissent », dit la conseillère en ressources humaines agréée (CRHA) qui compte 20 ans d'expérience.

Chez Desjardins, plus important employeur privé du Québec, on embauche près de 400 jeunes chaque été, dont plus de 220 dans le cadre de stages en collaboration avec les universités. Ici aussi, on considère grandement les jeunes. Et deux fois plutôt qu'une.

« Oui, c'est un groupe important qui représente 1 % de notre main-d'oeuvre l'été, mais c'est avant tout parce que nous les voyons comme notre relève que nous leur accordons une attention particulière », explique Stéphane Pelletier, vice-président acquisition et gestion du talent.

Tout comme Brigitte Thibert, de La Ronde, Stéphane Pelletier est d'avis que les jeunes travailleurs obligent les employeurs à « se redéfinir », à « se renouveler ». Surtout en cette époque numérique où tout se dit sur les médias sociaux, notamment si un employeur est bon... ou mauvais.

Quelques chiffres

10,35 $
Nouveau salaire horaire minimum du Québec en vigueur depuis le 1er mai 2104.
16 000
Nombre de postes qui ont été affichés par près de 4000 employeurs en 2013 sur le site Placement en ligne d'Emploi-Québec.
389 900
Nombre d'étudiants à plein temps qui occupaient un emploi d'été en juillet 2013.

Sources : Institut de la statistique du Québec et Emploi-Québec

Cinq pratiques gagnantes pour trouver un boulot

Les raisons ne manquent pas pour dénicher un emploi d'été: payer ses études, s'offrir un voyage, se « bâtir un nom », ne plus vivre aux crochets de papa et maman, etc. Pour ceux et celles qui n'occupent pas déjà un emploi durant l'année scolaire et qui veulent à tout prix bosser durant la saison estivale, Micaël Papillon, conseiller en emploi au carrefour jeunesse-emploi du Sud-Ouest, à Montréal, nous présente cinq pratiques gagnantes pour décrocher un boulot d'été.

METTRE SON RÉSEAU DE CONTACTS À PROFIT

On cherche un emploi ? Il faut en parler ouvertement. À sa famille, ses amis, ses connaissances, son voisinage, sur les médias sociaux, etc. « La plupart des jeunes qui trouvent du travail le font grâce à un contact, explique M. Papillon. Il faut dire qu'on est à la recherche d'un emploi. Il faut faire aller ses contacts. Pour les jeunes à l'université, par exemple, les amis étudient et travaillent bien souvent dans le même secteur qui nous intéresse. Il faut échanger avec eux. »

RENDRE VISITE À SON CARREFOUR JEUNESSE-EMPLOI (CJE)

« On offre un service de simulation d'entrevue, de rédaction de CV et de lettres de présentation. On met des ordinateurs à la disposition des gens. On a même un tableau avec des offres d'emploi affichées. Et nos services sont gratuits ! », énumère Micaël Papillon. Les CJE s'adressent aux 16 à 35 ans. Ceux-ci doivent se rendre au CJE qui leur est attitré, c'est-à-dire qui correspond à leur code postal. Il existe 111 CJE, dont une dizaine à Montréal.

BIEN CIBLER LES ENTREPRISES QUI EMBAUCHENT L'ÉTÉ ET POSER SA CANDIDATURE EN LIGNE

L'un des premiers sites où il faut s'inscrire est Placement en ligne, d'Emploi-Québec, dit le conseiller en emploi. L'an dernier, 16 000 postes ont été affichés sur Placement en ligne, où employés et employeurs se donnent rendez-vous. « Sinon, des entreprises ou des organismes comme la Ville de Montréal, la Société du Vieux-Port ou La Ronde sont réputés pour employer uniquement en ligne. Ça vaut la peine de s'inscrire sur leur site. »

SE DÉPLACER EN PERSONNE POUR ALLER PORTER SON CV

« Encore une fois, rappelle Micaël Papillon, il faut cibler ses demandes. Il faut peut-être moins miser sur les centres commerciaux, mais davantage sur les lieux touristiques, les boutiques dans les rues passantes, les restaurants, les crémeries, les marchés publics, etc. Il faut remettre son CV en main propre, idéalement au gérant. Rien ne vaut un premier contact en personne. »

ALLER TRAVAILLER AILLEURS

Vous avez de la difficulté à trouver un emploi en province ou vous en avez assez de bosser au même endroit depuis trois étés ? Pourquoi ne pas trouver un emploi ailleurs au Québec ou au Canada, sinon carrément dans un autre pays ? Planter des arbres au Québec ou dans l'Ouest canadien ; travailler dans un hôtel ou un restaurant dans les montagnes Rocheuses ou en France ; enseigner le français au Mexique. Voilà autant de possibilités qui s'offrent aux jeunes qui veulent allier travail et voyage. Entre autres pistes offertes par M. Papillon du CJE : le Guichet emplois (du gouvernement fédéral), lequel affiche les emplois d'été pour tout le Canada. Les offices jeunesse internationaux du Québec (LOJIQ) offrent des programmes pour stage et emplois à l'étranger.

Des normes pour tous

Je suis étudiant et j'occupe un emploi d'été dans un restaurant ou dans une pépinière. Suis-je assujetti à la fameuse « paie de 4 % » à la fin de l'été ? Mon employeur doit-il me prévenir à l'avance en cas de licenciement ? Ai-je le droit de profiter d'un congé dans le cadre des journées fériées?

La réponse à toutes ces questions est oui. Mais il y a des exceptions et des détails dont il faut tenir compte.

Pour ceux qui en douteraient toujours, tous les employeurs et les employés du Québec sont régis par la Loi sur les normes du travail. Autrement dit : la loi s'applique même s'il s'agit d'un emploi d'été. Jean-François Pelchat, responsable des relations avec les médias à la Commission des normes du travail (CNT), décortique le vrai du faux en matière de normes du travail pour les étudiants.

J'ai travaillé tout l'été à la billetterie dans un parc d'attractions. J'aurai droit à mon « 4 % » quand je quitterai mon emploi au début du mois de septembre.

Vrai. À part quelques exclusions, tous les étudiants ont droit à leur fameuse paie de 4 % au moment de retourner en classe. Il s'agit d'un forfait de 4 % calculé sur la somme gagnée durant l'été. « Il faut que l'étudiant cesse son emploi, explique Jean-François Pelchat. S'il le conserve à temps partiel, l'employeur est tenu de lui verser son 4 %, mais à n'importe quel moment dans l'année. »

Puisque je ne travaille que durant l'été pour mon employeur, je n'ai pas droit à un congé les journées fériées comme la Saint-Jean-Baptiste ou la fête du Canada.

Faux. En fait, tout le monde a droit à un congé, ainsi qu'à une indemnité. Toutefois, rappelle le porte-parole de la CNT, un employeur peut exiger que son employé travaille à l'occasion d'une journée fériée, ce qui est compréhensible dans le cas d'un emploi lié au tourisme. « L'employeur qui oblige l'employé à travailler le jour férié a alors deux choix : il doit payer la journée travaillée, puis offrir un congé compensatoire (avec une indemnité) trois semaines avant ou après la journée fériée, sauf dans le cas de la Saint-Jean-Baptiste, où le congé doit être donné la veille ou le lendemain du 24 juin. »

L'employeur peut aussi ne pas offrir de congé compensatoire, mais il devra payer une indemnité. Cette indemnité est calculée selon la règle du 1/20. Par exemple, une personne qui a commencé à travailler 2 semaines (donc 10 jours ouvrables) avant le jour férié aura droit à une indemnité de 10/20 (soit une demi-journée) d'une journée de travail. Pour avoir droit à une journée de paie complète dans le cadre d'une journée fériée, il faut être employé par une entreprise depuis au moins 20 jours (20/20) avant le congé.

À noter qu'il y a quatre journées fériées entre mai et septembre : la fête des Patriotes, la Saint-Jean-Baptiste, la fête du Canada et la fête du Travail.

Mon employeur peut me licencier à n'importe quel moment sans préavis.

Faux. Même s'il s'agit d'un emploi d'été, dès qu'une personne est employée par une entreprise depuis trois mois (cela s'applique surtout aux cégépiens et aux universitaires dont les cours se terminent respectivement en mai et en avril), l'employeur est tenu d'aviser l'employé au moins une semaine à l'avance qu'il y aura licenciement. Si un employeur dit à un jeune : « On n'a plus besoin de toi ; tu finis à midi », il devra obligatoirement lui payer une semaine de salaire supplémentaire, rappelle Jean-François Pelchat.

On peut occuper un emploi d'été même si l'on n'a pas 16 ans.

Vrai. L'âge minimal pour travailler l'été est de 14 ans. « Mais on peut travailler plus jeune que cet âge-là si on obtient le consentement écrit d'un parent ou d'un tuteur, indique M. Pelchat. Malgré ce consentement, l'emploi occupé ne doit pas mettre la sécurité du jeune en danger ni être un emploi de nuit. »

Même s'il s'agit d'un emploi d'été, il est préférable que je remplisse un contrat d'emploi avec mon employeur.

Vrai. Ce n'est évidemment pas obligatoire, mais la Commission des normes du travail recommande fortement aux jeunes de remplir un tel contrat avec leur employeur, ne serait-ce que pour déterminer le salaire, le nombre d'heures à travailler par semaine, etc. La Commission a d'ailleurs mis en ligne sur son site un exemple de contrat que les jeunes travailleurs peuvent modifier et imprimer gratuitement pour ensuite le remplir avec le concours de leur employeur.

L'impôt et les emplois d'été

À moins de faire un stage universitaire très bien rémunéré dans un secteur recherché, un étudiant qui travaille l'espace d'un été ne paiera probablement pas d'impôt. Doit-il pour autant produire une déclaration de revenus ? Absolument, croit François Prud'homme, associé en fiscalité chez Ernst & Young. Les avantages sont d'ailleurs plus nombreux qu'on ne le croit, dit-il. En voici quelques exemples.

LE CRÉDIT DE TPS

Quiconque travaille et produit une déclaration de revenus a droit au crédit pour la taxe sur les produits et services (TPS), dit M. Prud'homme. En s'y inscrivant, un étudiant peut recevoir une fois par année un chèque variant de 100 à 200 $. De l'argent tombé du ciel !

LE CRÉDIT POUR SOLIDARITÉ

Il en va de même pour le crédit pour solidarité (autrefois connu sous le nom de crédit de la TVQ). Encore une fois, rappelle le fiscaliste, il suffit de s'y inscrire. Ainsi, par l'intermédiaire du dépôt direct, votre compte sera bonifié de 20 $ (sinon plus) par mois. Il faut toutefois avoir 18 ans.

LES DÉDUCTIONS INUTILISÉES DE REER

Un étudiant qui gagne quelques milliers de dollars dans son été ne contribuera probablement pas à son REER. Toutefois, en produisant sa déclaration de revenus, il commence à accumuler ses déductions inutilisées de REER, lesquelles sont calculées à raison de 18 % sur le revenu gagné, explique François Prud'homme. Sur un salaire de 6000 $, cela représente 1080 $ pour un seul été.

Multipliez cela par cinq ou six étés et vous obtiendrez de rondelettes déductions inutilisées qui pourront très bien servir plus tard.

LES DROITS DE SCOLARITÉ

Les droits de scolarité permettent des crédits d'impôt, rappelle le fiscaliste. « On peut les utiliser sur-le-champ, si on a de l'impôt à payer, on peut les reporter à plus tard, ou encore on peut les transférer à ses parents », dit-il. Fait important : les maisons d'enseignement s'occupaient autrefois d'envoyer par la poste les feuillets de droits de scolarité. Désormais, l'étudiant doit aller les chercher lui-même sur le site de l'institution où il étudie. Ce qui explique sans doute pourquoi trop de gens omettent de profiter de ces crédits d'impôt.

DÉCAISSEMENT DU REEE

Pour ceux et celles qui possèdent un régime enregistré d'épargne-études (REEE), une attention toute particulière doit être prêtée au moment du décaissement, indique François Prud'homme. « Idéalement, il faut bien planifier les retraits, car une partie de cet argent va s'ajouter aux revenus de l'étudiant, dit-il. Un retrait de 5000 $ n'est pas si mal, car la partie imposable sera moins importante. Mais un décaissement de 10 000 ou 15 000 $ va faire une différence. Ironiquement, mieux vaut décaisser l'argent quand l'élève est plus jeune, par exemple lorsqu'il est au cégep, car il a besoin de moins d'argent. D'un autre côté, c'est quand il est plus vieux, quand il est à l'université, qu'il a le plus besoin de cet argent. »

DONS DE CHARITÉ

Les dons de charité (par exemple, les 20 ou 50 $ offerts à un ami qui s'est fait raser la tête pour Leucan) donnent droit à un crédit d'impôt. On peut reporter cette déduction d'année en année jusqu'au jour où on va payer de l'impôt, souligne l'associé de chez EY.

TRANSPORTS EN COMMUN

Il existe un crédit d'impôt au fédéral pour les transports en commun. Gardez vos reçus !

FRAIS MÉDICAUX

Dès qu'un enfant atteint l'âge de 18 ans, il n'est généralement plus couvert par les assurances de ses parents. Il existe des crédits d'impôt pour les frais médicaux que les étudiants auraient tort de ne pas inclure dans leur déclaration de revenus. Certains d'entre eux sont carrément remboursables.

BOURSE D'ÉTUDES

Les bourses d'études sont en général non imposables. « Mais des gens reçoivent quand même un T4 à ce sujet, ce qui peut les mélanger et les inciter à inscrire la bourse comme un revenu imposable. Si on remplit sa déclaration à la main, on peut faire cette erreur facilement. Tandis qu'avec un logiciel d'impôt, le risque d'erreur est beaucoup moins élevé, car le logiciel nous le signale », explique François Prud'homme.

Mon premier emploi d'été

Bien avant de devenir des acteurs importants de notre économie, les dirigeants et les entrepreneurs du Québec inc. ont dû, comme tout le monde, commencer au bas de l'échelle. Quelques-uns d'entre eux ont accepté de nous parler de leur premier emploi d'été.

CHRISTIANE GERMAIN, COPRÉSIDENTE DE GROUPE GERMAIN HOSPITALITÉ

Quel a été votre premier emploi d'été ?

Je travaillais dans une fromagerie de Sainte-Foy. Pas là où on fabrique le fromage, mais là où on le vend. J'avais 14 ans.

Comment avez-vous obtenu cet emploi ?

Ma voisine, Mme Murphy, venait d'ouvrir cette petite fromagerie. Je lui avais dit : « Quand vous allez prendre congé, quelqu'un va devoir vous remplacer. » Elle m'a donc engagée. Je travaillais les jeudis et vendredis soirs, de même que le samedi.

Avez-vous adoré votre expérience ?

Oui. C'était le fun ! À l'époque, les fromages n'étaient pas aussi connus qu'aujourd'hui. J'ai donc appris plein de choses. Et puis, servir les clients est quelque chose qui m'a toujours plu.

Quel était votre salaire ?

Je ne m'en souviens vraiment plus.

À quoi a servi l'argent gagné ?

Ça non plus, je ne m'en souviens pas. Travailler était plus important pour moi que de faire de l'argent. Je n'ai pas commencé à travailler pour me payer des choses. Je pense que c'est parce que j'avais besoin de relever un défi, de me changer les idées.

FRANÇOIS LAMBERT, COFONDATEUR D'AHEEVA ET INVESTISSEUR À L'ÉMISSION LES DRAGONS

Quel a été votre premier emploi d'été ?

Je conduisais un tracteur en Outaouais. C'était en 1983. J'avais 16 ans. Tout l'été, je me promenais d'une ferme à l'autre pour faucher le foin, le racler et ramasser les ballots. J'en ai ramassé 70 000 cet été-là.

Comment avez-vous obtenu cet emploi ?

C'est un ami de mon père qui m'a engagé. Il s'appelait Mozart Rioux. J'ai grandi dans une ferme. Je sais conduire un tracteur depuis que j'ai 8 ans. J'avais la réputation d'être mature, d'être travaillant.

Avez-vous adoré votre expérience ?

Oui. J'avais un plaisir fou à conduire un tracteur de 8 h jusqu'au coucher du soleil. J'étais comme un enfant qui jouait avec un Tonka géant.

Quel était votre salaire ?

Je gagnais 300 $ nets par semaine. C'était une fortune ! En plus, j'avais le pick-up de fourni !

À quoi a servi l'argent gagné ?

À acheter des vêtements Polo Ralph Lauren. Je dépensais tout mon argent dans les vêtements. Mes deux premières chemises Polo m'ont coûté 120 $ chacune. Ça n'avait pas d'allure, quand j'y repense.

CHANTAL LÉVESQUE, PRÉSIDENTE ET FONDATRICE DU FABRICANT DE MAILLOTS DE BAIN SHAN

Quel a été votre premier emploi d'été ?

J'ai travaillé comme caissière au McDonald's. J'avais 16 ans. C'était en 1974.

Comment avez-vous obtenu cet emploi ?

Comme tous les jeunes de mon âge, j'ai postulé à un emploi dans le premier McDo qui allait ouvrir à Pointe-aux-Trembles.

Avez-vous adoré votre expérience ?

Oui, j'ai adoré ça. J'aime quand tout est discipliné, bien organisé, qu'on peut évaluer ses performances. J'aimais mon petit costume et mon badge avec mon nom écrit dessus. J'ai même été désignée celle qui préparait les plus belles frites.

Quel était votre salaire ?

Je crois que c'était 1,60 $ l'heure.

À quoi a servi l'argent gagné ?

À ma première paie, j'ai acheté une boîte de petits gâteaux « Croquettes » pour moi toute seule. J'en rêvais depuis longtemps. Après ça, j'ai gâté ma famille. J'aimais dépenser de l'argent pour les autres. Je me sentais comme une big shot.

LOUIS GARNEAU, PRÉSIDENT ET FONDATEUR DE LOUIS GARNEAU

Quel a été votre premier emploi d'été ?

Je vendais le journal Le Dimanche Matin à la sortie de l'église à Sainte-Foy. Il y avait cinq messes l'une à la suite de l'autre. J'ai fait ça de 1969 à 1973, soit de 10 à 15 ans. C'était un travail à l'année. À partir de 13 ans, je donnais mon quart en sous-traitance durant les mois d'été, car j'avais commencé à faire de la course à vélo.

Comment avez-vous obtenu cet emploi ?

Mon père avait vu un garçon vendre des journaux à la sortie de l'église à Sainte-Marie-de-Beauce. Il m'avait dit : « Tu devrais faire la même chose. » Il m'a aidé dans mes premières démarches. Nous comptions ensemble mon argent à la fin de ma journée de travail. Nous avions même monté une petite collection de pièces de monnaie que je possède encore aujourd'hui.

Avez-vous adoré votre expérience ?

Absolument ! Ç'a été mon premier contact avec l'entrepreneuriat. Je devais acheter la bonne quantité de journaux pour ensuite les revendre. Beau temps, mauvais temps, je devais être au poste. Ce n'était pas toujours facile. J'ai aussi commencé à organiser un horaire. L'été, je devais gérer mes courses de vélo et m'occuper du garçon qui vendait les journaux à ma place. Je me prenais un pourcentage sur les ventes.

Quel était votre salaire ?

Au début, c'était 3 $ par semaine. Dans les dernières années, je faisais 5 $ par semaine.

À quoi a servi l'argent gagné ?

À 12 ans, j'ai acheté un vélo de course usagé pour 100 $. C'était un 10 vitesses italien, un Velocina. Des amis à moi qui ont vu mon vélo m'ont suggéré de participer à des courses, ce que j'ai fait. Quand j'y pense, ce vélo italien m'a ouvert la voie. Il a changé ma vie.




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