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Richard Dufour

Chaque samedi, un financier répond à nos questions. Il donne sa lecture des marchés, offre son point de vue sur la Bourse et lance quelques conseils d'investissement. Cette semaine, Caroline Allard, de la firme Allard, Allard & Associés.

Quel a été l'événement le plus significatif des derniers jours en Bourse?

Pour les gestionnaires fondamentaux de «style valeur» que nous sommes, ce qui est significatif est principalement lié aux annonces de résultats d'entreprises. Ceux-ci sont à la base de nos décisions de placement.

Un événement qui a retenu notre attention est la révision à la baisse d'approximativement 4 % des attentes de ventes du trimestre en cours faites lundi par Lululemon. Avant l'annonce, son titre s'échangeait à 31,5 fois les bénéfices des 12 derniers mois. Par la suite, le titre a baissé de plus de 17 %. Jeudi, c'était au tour de Best Buy d'annoncer des ventes décevantes et de voir son titre malmené avec une baisse d'environ 30 %.

Cela démontre à quel point des résultats en deçà des attentes peuvent avoir un effet néfaste sur les titres d'entreprises s'échangeant à des multiples élevés. Selon nous, le choix de titre restera l'élément primordial au cours des prochaines années.

Quel indicateur suivez-vous le plus attentivement?

Bien que les indicateurs économiques ne jouent pas un rôle prépondérant dans nos décisions de placement, nous ne pouvons prétendre vivre en vase clos. Nous voyons d'un bon oeil les signes actuels de reprise tels que la baisse du taux de chômage, la reprise de la construction, la hausse du niveau de confiance et la vigueur des ventes de biens durables.

Nous sommes des gens d'affaires et nous cherchons avant tout à prendre des positions dans des entreprises de qualité démontrant des caractéristiques de valorisation attrayante, de rentabilité croissante et de solidité financière.

Que feriez-vous avec plusieurs milliers de dollars à investir?

Pour la composante en actions, nous investirions dans une sélection relativement concentrée d'actions domestiques et étrangères. Malgré la vigueur des rendements boursiers des cinq dernières années, nous trouvons encore plusieurs titres intéressants. À notre avis, un portefeuille bien diversifié de titres sélectionnés selon une approche valeur continuera de donner des résultats supérieurs sur des cycles de marché complets. Depuis nos débuts en juillet 1995, avec cette approche, nos portefeuilles d'actions canadiennes ont surpassé l'indice S & P TSX de 6 % en moyenne par année (14,6 % c. 8,6 %). Parmi les titres qui répondent à ces critères, il y a notamment Suncor Energy, Teck Resources, Magna International, Cisco Systems, JPMorgan Chase, Financière Manuvie et Tesco.

Pour la portion du portefeuille allouée aux revenus fixes, dans le contexte actuel de hausse de taux d'intérêt, nous continuons de privilégier les échéances relativement courtes. De plus, avec la santé des bilans de plusieurs entreprises, nous surpondérons les obligations de sociétés. Aussi, certaines actions privilégiées sont intéressantes et offrent des rendements espérés après impôts avantageux.

En ce qui concerne la répartition d'actif, quand les politiques de placement nous le permettent, nous privilégions les actions au détriment des titres à revenu fixe.

Quel placement évitez-vous à tout prix?

Nous croyons que les investisseurs devraient éviter les titres spéculatifs, les fonds communs de placement à frais élevés et tous les produits qui manquent de transparence et dont la complexité est telle qu'ils ne peuvent les comprendre.

Pour nous, l'or est un exemple d'un véhicule d'investissement où il y a de la spéculation et c'est pourquoi nous évitons les titres aurifères. Nous jugeons également qu'il est trop risqué d'investir dans des entreprises non rentables, peu importe les promesses de croissance future.

Qu'est-ce que les marchés sous-estiment le plus?

On entend souvent parler des marchés, mais fondamentalement, les marchés, ce sont les investisseurs.

Les rendements courants des obligations suffisent à peine à équivaloir à l'inflation, le taux d'épargne est faible, la longévité s'accroît et, pourtant, en mettant l'accent sur la «tolérance au risque», plusieurs investisseurs ont souvent une trop forte allocation en titres à revenu fixe. Nous croyons qu'en tentant de minimiser le risque de recul à court terme, trop d'investisseurs ont des portefeuilles offrant des rendements à long terme insuffisants pour répondre à leurs besoins futurs. Ils sous-estiment donc le risque de vivre plus vieux que leur capital ou, du moins, d'avoir à revoir leur rythme de vie à la baisse pendant leur retraite.

***

Caroline Allard est vice-présidente et gestionnaire de portefeuille chez Allard, Allard & Associés. La firme est établie depuis 1995, gère près d'un demi-milliard d'actifs et investit selon le style «valeur».




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