Servier débarque aux États-Unis en rachetant l'activité oncologie de Shire

«Nous allons reprendre quelque 150 salariés de Shire, dont... (Photo Suzanne Plunkett, archives REUTERS)

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«Nous allons reprendre quelque 150 salariés de Shire, dont la moitié environ aux États-Unis» dans les affaires médicales, commerciales, réglementaires ou encore promotionnelles, a précisé Eric Falcand, vice-président de Servier chargé du développement de l'activité et des licences.

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Etienne BALMER, Patrice NOVOTNY
Agence France-Presse
Paris et Londres

Le groupe pharmaceutique français Servier a signé lundi la plus grande acquisition de son histoire, celle des activités en oncologie du laboratoire irlandais Shire pour 2,4 milliards de dollars, s'ouvrant ainsi les portes du marché américain.

Les actifs rachetés comprennent les droits mondiaux d'Oncaspar, un médicament indiqué contre la leucémie lymphoblastique aiguë, et les droits hors États-Unis d'Onivyde, un traitement contre le cancer du pancréas.

Oncaspar est déjà commercialisé aux États-Unis, dans l'Union européenne ainsi que dans d'autres pays d'Europe de l'Est et d'Amérique latine, tandis qu'Onivyde est en phase de lancement commercial en Europe, a précisé à l'AFP Eric Falcand, vice-président de Servier chargé du développement de l'activité et des licences.

Ces deux actifs ont généré l'an dernier 262 millions de dollars de ventes, a ajouté M. Falcand, les jugeant «complémentaires» avec les anticancéreux déjà commercialisés par Servier, comme Lonsurf dans le cancer colorectal métastatique et Pixuvri, indiqué pour traiter une forme de cancer du système lymphatique.

Onivyde appartient depuis l'an dernier à un autre laboratoire français, Ipsen, qui le commercialise aux États-Unis et qui avait hérité d'un accord de licence avec Shire sur ce même produit pour d'autres marchés. Servier devrait ainsi payer des redevances sur ce produit à Ipsen.

Reprise de 150 salariés de Shire

Quasiment absent jusqu'à présent de l'immense marché pharmaceutique américain, Servier est en train de bâtir une filiale commerciale aux États-Unis, où il a récemment ouvert un bureau à Boston, carrefour mondial des biotechnologies.

«Nous allons reprendre quelque 150 salariés de Shire, dont la moitié environ aux États-Unis» dans les affaires médicales, commerciales, réglementaires ou encore promotionnelles, a précisé M. Falcand.

Dans le cadre de cette transaction, Servier met aussi la main sur deux autres produits d'immuno-oncologie actuellement au stade de la recherche, l'un en collaboration avec le danois Symphogen et l'autre avec la biotech américaine Precision BioSciences.

L'oncologie est l'axe de développement prioritaire de Servier, qui compte y consacrer 50 % de ses investissements de recherche-développement d'ici deux ans, contre 37 % l'an dernier.

Il a par ailleurs déjà noué d'importants accords de codéveloppement et de licence dans l'immuno-oncologie avec le géant suisse Novartis ou la biotech française Cellectis, ainsi qu'avec des biotechs américaines comme Sorrento Therapeutics et Pieris.

Cette politique de partenariats va se poursuivre, y compris dans les autres axes stratégiques du groupe que sont le diabète et le cardiovasculaire, les maladies immuno-inflammatoires et neuropsychiatriques, a prévenu M. Falcand.

Servier ne prévoit pas pour l'instant de développer des activités commerciales aux États-Unis dans d'autres domaines thérapeutiques que l'oncologie, a-t-il encore précisé à l'AFP.

Hors contrats de licence, la dernière opération de croissance externe majeure du groupe français remontait à 1995, quand il avait pris 51 % des parts d'Egis, fabricant hongrois de génériques, avant de monter à 100 % de son capital en 2013 pour quelque 350 millions d'euros.

Une activité «pas essentielle» pour Shire

Laboratoire indépendant non coté en Bourse, Servier a réalisé un chiffre d'affaires de 4,15 milliards d'euros (+3,7 %) sur son exercice décalé 2016/2017 clos au 30 septembre dernier, pour un bénéfice net de 291 millions d'euros.

Ses ventes ont été tirées par l'international, qui représentait 78 % de son chiffre d'affaires total l'an passé. Le groupe est notamment solidement implanté en Europe orientale et en Russie, en Chine ou encore au Brésil.

Son objectif est d'atteindre un chiffre d'affaires de 5 milliards d'euros dès l'exercice 2020/2021.

La transaction avec Shire sera réalisée exclusivement en numéraire et devrait être bouclée dans les prochains mois, au troisième trimestre au plus tard.

«L'activité d'oncologie a connu une forte croissance et d'importants profits, mais nous avons conclu qu'elle n'était pas essentielle à la stratégie de long terme de Shire», a expliqué ce laboratoire spécialisé dans les traitements pour maladies rares.

Ce groupe basé à Dublin avait lancé en décembre dernier un processus de recherche d'un repreneur pour cette activité, prospectant divers acheteurs potentiels aux États-Unis, en Europe et au Japon.

Son conseil d'administration va étudier l'éventuel versement des recettes de cette vente à ses actionnaires sous la forme d'un plan de rachat d'actions, au moment où le groupe fait l'objet d'attentions de son concurrent japonais Takeda qui envisage une éventuelle acquisition géante à son égard.




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