Québecor: les marchés surveillent la Caisse, pas Juste pour rire

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Québecor a annoncé un bénéfice net de 65,6 millions de dollars ou 27 cents par action, comparativement à 123,3 millions ou 50 cents par action l'an dernier.

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(Montréal) Québecor a jusqu'à aujourd'hui pour acheter le Groupe Juste pour rire, seul ou avec le groupe américain ICM Partners. La possibilité d'une telle acquisition n'émeut toutefois pas les marchés boursiers, s'intéressant davantage à ses relations d'affaires avec la Caisse de dépôt et placement du Québec, qui détient toujours 18,47 % des actions de Québecor Média.

Dans une conférence téléphonique avec les dirigeants de Québecor, les analystes financiers qui suivent le titre de Québecor n'ont pas abordé le dossier de la vente du Groupe Juste pour rire. Selon nos informations, Québecor discutait au cours des derniers jours avec ICM Partners, qui a déposé une offre pour le Groupe Juste pour rire.

Les analystes financiers s'intéressent plutôt au rachat par Québecor des actions de la Caisse dans Québecor Média - un bloc d'actions de 18,47 % évalué à 1,67 milliard de dollars par Adam Shine, analyste financier à la Banque Nationale. Québecor doit racheter les actions de la Caisse avant le 1er janvier 2019, sinon la Caisse pourra les inscrire en Bourse.

Le président et chef de la direction de Québecor, Pierre Karl Péladeau, a répété hier que le rachat des actions de la Caisse était l'une des priorités de l'entreprise. Questionné par un analyste financier à savoir pourquoi une transaction n'avait pas lieu alors que Québecor avait beaucoup d'argent à sa disposition, M. Péladeau s'est fait rassurant. « Nous allons continuer dans cette direction [...] Une annonce aura lieu », a-t-il dit.

Québecor détient actuellement 2,23 milliards en liquidités accessibles (argent et marges de crédit), dont 841 millions en argent. Même s'il veut racheter la part de la Caisse, Québecor ne veut pas trop s'endetter. Son ratio d'endettement/profits est d'environ 2,5 et l'entreprise ne veut pas aller au-delà d'un ratio de 4,0.

L'analyste financier Adam Shine calcule qu'actuellement, Québecor peut racheter les actions de la Caisse au prix de 1,67 milliard tout en s'assurant un ratio d'endettement à 3,8.

Année difficile pour les quotidiens

Comme le reste de l'industrie des médias écrits, les journaux et magazines de Québecor ont connu une année financière difficile en 2017. Les revenus du Journal de Montréal, du Journal de Québec et du 24 Heures Montréal sont en baisse de 8,7 % (- 17,5 millions), tandis que les revenus des magazines ont diminué de 18,3 % (- 21,2 millions). Du côté des quotidiens, les revenus publicitaires ont diminué de 13,5 % et les revenus de tirage sont en baisse de 8,0 %. La hausse des revenus numériques des quotidiens est modeste, à 3,0 %. Les résultats financiers des journaux et magazines sont intégrés dans les résultats de la division Média, qui comprend aussi les chaînes de télé du Groupe TVA et le studio de services cinéma MELS. Les profits (bénéfice d'exploitation ajusté) de ce groupe ont été de 69,3 millions en 2017, une hausse annuelle de 28,6 % (+ 15,4 millions). Cette hausse est attribuable aux chaînes de télé (+ 19,5 millions ou + 87 %) et à MELS (+ 5,3 millions ou + 58 %). La contribution des journaux au bénéfice du groupe Média a diminué de 6,2 millions en 2017 (- 58 %), tandis que celle des magazines a diminué de 3,8 millions (- 27,5 %). Dans ses résultats financiers, Québecor ne dévoile pas précisément si ses journaux et ses magazines perdent de l'argent.

Après la Caisse, le dividende

Prochaine étape pour Québecor après le rachat des actions de la Caisse : hausser le dividende versé à ses actionnaires, « le plus bas de l'industrie », rappelle Pierre Karl Péladeau. Le ratio de dividende actuel de Québecor est de 0,46 %, derrière ses rivaux des télécoms comme Bell (5,26 %), Rogers (3,28 %), Telus (4,36 %) et Cogeco (2,20 %). « Après cette étape importante [le rachat des actions de la Caisse], l'une des choses que nous avons à l'agenda sera notre politique de dividende, et nous entendons travailler pour établir la bonne politique [de dividende] », a indiqué Pierre Karl Péladeau lors d'une conférence téléphonique avec des analystes financiers. Sur 15 analystes financiers répertoriés par Reuters, 14 recommandent d'acheter le titre de Québecor, qui s'est apprécié hier de 2,65 %, pour terminer la séance à 24,36 $ à la Bourse de Toronto.

96 %

Pourcentage des profits de Québecor qui sont attribuables à son entreprise de télécommunications Vidéotron. En 2017, Vidéotron a généré des profits de 1534 millions de dollars, soit 96 % des profits totaux de Québecor (1593,4 millions).

331 millions de dollars

Bénéfices réalisés par Québecor en 2017 en revendant ses fréquences de sans-fil au Canada anglais. Québecor a ainsi réalisé une marge de profit de 120 % pour des fréquences mises en vente et qui n'ont jamais été utilisées par Québecor. Ottawa tente sans succès d'intéresser une entreprise à devenir le quatrième fournisseur national de sans-fil, mais Québecor a préféré ne pas poursuivre dans cette voie et vendre ainsi ses licences à Shaw et Rogers. Québecor avait payé 180 millions des blocs de licences en 2014 et 2015, et 96,4 millions pour un autre bloc de licences en 2008.

- Avec la collaboration de Denis Lessard, La Presse




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