Résolu ferme une machine à papier journal aux États-Unis

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Richard Garneau, président et chef de la direction de Produits forestiers Résolu.

Photo Jeannot Lévesque, Archives Le Quotidien

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Julien Arsenault
La Presse Canadienne
MONTRÉAL

Après des années de déclin marqué, Produits forestiers Résolu constate finalement une stabilisation de la demande de papier journal, ce qui n'a toutefois pas empêché l'entreprise de fermer de façon permanente une de ses machines aux États-Unis.

L'entreprise québécoise a affirmé jeudi que sa machine de l'usine d'Augusta, en Géorgie, n'est plus assez concurrentielle en raison de la vigueur du dollar américain, ce qui entraînera la suppression d'une centaine d'emplois.

Résolu a annoncé cette décision jeudi en dévoilant des résultats du premier trimestre qui ont en partie répondu aux attentes, ce qui n'a pas empêché son action de glisser à la Bourse de Toronto.

À la suite de cette fermeture, la compagnie continuera d'exploiter trois machines à papier aux États-Unis et sept au Canada - dont cinq au Québec - qui, elles, profitent de la faiblesse du huard.

Au cours des dernières années, le recul annuel de la demande de papier journal a été en moyenne d'environ 10 %, selon Résolu, conséquence de la migration des lecteurs vers des plateformes telles que les téléphones intelligents ainsi que les tablettes.

Ce recul a toutefois été moins marqué au premier trimestre, à 5 %, ce qui offre une lueur d'espoir à la société.

«C'est encourageant de constater une décélération, a affirmé le président et chef de la direction de Résolu, Richard Garneau, au cours d'une conférence téléphonique avec les analystes. Nous croyons que ce niveau est près du plancher prévu il y a trois ans (à ce chapitre).»

La forestière a récemment annoncé des hausses de prix dans son secteur du papier journal aux États-Unis afin de compenser pour la baisse de la demande, tout en tirant profit d'une baisse généralisée de la capacité de production.

Le contexte est bien différent dans le bois d'oeuvre, où l'entreprise prévoit une reprise marquée en raison de la vigueur du marché immobilier.

Entre-temps, Résolu doit continuer à provisionner mensuellement près de 2 millions $ en raison d'un litige entourant l'imposition par les autorités américaines de taxes sur le papier surcalandré canadien.

Depuis la mi-octobre, ses usines de Kénogami et Dolbeau, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, où travaillent plus de 310 personnes, font face à une taxe de 17,87 % pour leurs exportations d'un certain type de papier glacé au sud de la frontière.

Au total, Résolu a déposé plus de 10 millions $ auprès du département américain du Trésor, un montant qu'elle pourrait récupérer si le Canada réussit à contester avec succès ce litige commercial qui concerne le chapitre 19 de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA).

«Nous avons déjà perdu cinq mois dans le processus puisque le comité (d'arbitrage) n'a toujours pas été formé», a déploré M. Garneau, qui laisse entendre que des responsables américains font preuve de mauvaise foi.

En plus des usines de Résolu, les usines de Port Hawkesbury (Nouvelle-Écosse), JC Irving (Nouveau-Brunswick) et Catalyst (Colombie-Britannique) sont visées par l'imposition de droits compensatoires.

Pour l'instant, M. Garneau n'envisage pas de scénario qui prévoit d'importants licenciements, mais a prévenu que l'entreprise ne pourrait pas indéfiniment continuer à mettre de côté 2 millions $ par mois.

Un trimestre moins rouge

Pour le premier trimestre terminé le 31 mars, Résolu a réduit sa perte nette à 8 millions $ US, ou 9 cents par action, comparativement à une perte de 33 millions $ US, ou 35 cents par action, à la même période l'an dernier.

Son chiffre d'affaires a toutefois fléchi de 5 % pour s'établir à 877 millions $ US.

Abstraction faite des éléments non récurrents, la perte ajustée de Résolu a été de 18 millions $, ou 20 cents par action, par rapport à 19 millions $ US, ou 20 cents par action, l'an dernier.

Les analystes sondés par Thomson Reuters tablaient sur une perte ajustée de 22 cents par action sur des recettes de 902 millions $ US.

Sur le parquet de Bay Street, l'action de Résolu se négociait à 6,35 $ jeudi après-midi, en recul de 7,84 %, ou 54 cents.




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