Les profits d'Airbus chutent de 50%

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«2016 se révèle être l'année difficile que nous avions anticipé», a déclaré le patron Tom Enders, qui table «sur une performance financière stable, mais les livraisons, la trésorerie et les bénéfices seront fortement chargés vers la fin de l'année».

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Agence France-Presse
Paris

Airbus Group se prépare à une année de «défis» liés à la montée en cadence de ses grands programmes A320 et A350, et rencontre de nouveaux problèmes sur son avion de transport militaire A400M pour lequel il n'exclut pas une nouvelle charge financière «significative».

Le constructeur aéronautique a annoncé jeudi dans un communiqué une chute de 50% de son bénéfice net au premier trimestre, à 399 millions d'euros (un euro = 1,43$ CAD), maintenant malgré tout ses prévisions annuelles, notamment la livraison de plus de 650 avions en 2016.

Le chiffre d'affaires est resté stable à 12,2 milliards d'euros.

«2016 se révèle être l'année difficile que nous avions anticipé», a déclaré le patron Tom Enders, qui table «sur une performance financière stable, mais les livraisons, la trésorerie et les bénéfices seront fortement chargés vers la fin de l'année».

Ce matin à la Bourse de Paris, le titre du groupe chutait de 6,04% à 54,93 euros, dans un marché en baisse de 0,99%.

Au premier trimestre, les commandes du géant de l'aéronautique ont chuté de deux tiers à 7,2 milliards d'euros et l'Ebit (bénéfice avant intérêts et impôts) hors éléments non récurrents a reculé de 23%, à 501 millions d'euros.

Airbus a enregistré 10 commandes nettes d'avions commerciaux de janvier à mars, contre 101 l'an dernier.

L'avionneur a dans le même temps livré moins d'appareils (125 contre 134 un an plus tôt), mais a profité de la robustesse du dollar.

La montée en cadence de l'A350, le long-courrier dernier-né de la gamme, fait l'objet d'une attention renforcée en raison de goulots d'étranglement dans la chaîne d'approvisionnement, souligne le géant aéronautique. «Ceci est de plus en plus difficile», a reconnu M. Enders.

La préparation de la montée en cadence de l'A320, son moyen-courrier, est également confrontée à des «défis temporaires» sur la chaîne d'approvisionnement, «qui devraient être rattrapés en fin d'année», a-t-il ajouté. Airbus avait déjà reconnu des problèmes de «jeunesse mineurs» sur l'appareil.

«Sérieux défi de production» sur l'A400M

Concernant l'A320neo, la version remotorisée du monocouloir, Airbus explique que la livraison par Pratt & Whitney de moteurs conformes aux performances annoncées devrait permettre d'effectuer cette montée en cadence au deuxième trimestre.

Le patron de United Technologies, maison mère du motoriste américain, a indiqué mardi que son groupe avait livré au premier trimestre 14 moteurs PW1100G pour l'A320neo, et maintenu son objectif de 200 livraisons d'ici à la fin de l'année.

Ces moteurs équipent une partie des A320neo, le reste étant équipé de moteurs Leap de CFM International, la coentreprise de General Electric et Safran.

«Nous avons livré 14 moteurs au cours du trimestre, nous sommes exactement en ligne avec Airbus en termes de montée en cadence», a déclaré Gregory Hayes lors de la conférence de résultat de son groupe.

Selon lui, toutes les solutions aux problèmes rencontrés par le PW1100G seront introduites en production d'ici juin et «les quelques moteurs que nous avons livré au premier trimestre seront 'retrofités' (rénovés, NDLR) d'ici à la fin de l'année». Il a assuré que «les moteurs ont des performances meilleures que prévu» à présent avec une disponibilité de plus de 99%.

Ces problèmes avaient conduit le patron de la compagnie aérienne Qatar Airways, Akbar Al Baker, à refuser de réceptionner le premier exemplaire de l'A320neo en décembre. C'est finalement Lufthansa qui a réceptionné le premier appareil à sa place.

Par ailleurs, l'avion de transport militaire A400M continue de rencontrer des difficultés, cette fois liées aux boîtes de vitesse de ses moteurs produites par l'italien Avio, ce qui pose un «sérieux défi de production et de livraisons aux clients», a reconnu M. Enders. Seuls deux A400M ont été livrés au premier trimestre.

Airbus Group n'exclut pas une charge financière liée à ce problème, en indiquant qu'elle pourrait être «significative», mais ne l'a pas chiffrée pour l'heure.

Le groupe espérait jusque-là livrer une vingtaine d'A400M cette année, contre onze en 2015.




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