Coca-Cola ne rassure pas des marchés

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«Coca-Cola est en train de devenir un groupe plus fort, concentré sur ses priorités et la maîtrise de ses coûts», a défendu M. Kent, lors d'une conférence téléphonique avec les analystes, tout en reconnaissant: «nous avons encore beaucoup de travail».

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Luc Olinga
Agence France-Presse
New York

Coca-Cola a dépassé les attentes au premier trimestre, mais a déçu les marchés qui espèrent une relance rapide du géant des boissons non alcoolisées affecté par une désaffection pour ses sodas et le dollar fort.

Le résultat net trimestriel a baissé de 4,8% sur un an à 1,48 milliard de dollars mais rapporté par action et hors éléments exceptionnels, référence en Amérique du Nord, le bénéfice est de 45 cents contre 44 cents espérés en moyenne par les analystes.

La marge opérationnelle a augmenté de 24,8% contre 23,4% il y a un an, tandis que le chiffre d'affaires de 10,28 milliards (-4%) est conforme aux attentes même si c'est la douzième fois qu'il diminue lors des treize derniers trimestres.

À Wall Street, le titre reculait de 4,76% à 44,38 dollars dans les premiers échanges.

«Ce n'est pas suffisant», estime William Marshall, analyste chez Barclays, expliquant que les investisseurs espéraient des retombées plus importantes du plan d'économies engagé par le PDG Muhtar Kent pour stimuler la consommation des sodas.

Les volumes de ventes de boissons ont augmenté de 2%, tirés par les thés, eaux et autres boissons (+7%) alors que la consommation des sodas a stagné.

«Coca-Cola est en train de devenir un groupe plus fort, concentré sur ses priorités et la maîtrise de ses coûts», a défendu M. Kent, lors d'une conférence téléphonique avec les analystes, tout en reconnaissant: «nous avons encore beaucoup de travail».

Confronté à des consommateurs associant les sodas à des maladies comme l'obésité et le diabète, Coca-Cola a diminué en Amérique du Nord la taille de ses bouteilles et propose davantage de petites cannettes.

Sur les autres marchés, les ménages ont vu déferler sur les étalages des boissons Coca-Cola avec des bouteilles personnalisées.

Le fabricant de Fanta, Coca Light ou Coca Zero va aussi lancer dans les prochains jours une nouvelle campagne publicitaire centrée sur la seule marque Coca-Cola dans le but de dissocier le groupe de la mauvaise image des édulcorants qui sont au centre de polémiques concernant leur impact sur la santé publique.

Le «nouveau Coca-Cola» met en avant la bouteille et sa couleur rouge, tandis que le slogan «taste the feeling» (savoure l'instant) est censé viser un public jeune.

Dans ses efforts pour améliorer la rentabilité, M. Kent est en train de céder les activités d'embouteillage en Chine et en Amérique du Nord dans le but d'économiser en tout 3 milliards de dollars d'ici 2020.

Le dirigeant veut recentrer les activités sur la seule vente lucrative des sirops aux entreprises qui produisent, embouteillent et écoulent les boissons.

Autre exemple de cette stratégie: Coca-Cola a cédé mercredi un site américain à quatre embouteilleurs locaux.

Pour l'agence de notation Standard & Poor's, ces efforts ne suffiront pas à réduire la colossale dette de 44 milliards de dollars de l'entreprise d'où le fait qu'elle a abaissé la note de solidité financière du groupe.

L'appréciation du dollar depuis près de deux ans demeure par ailleurs un casse-tête, car il rogne les ventes réalisées à l'étranger quand elles sont converties en billets verts.

Les revenus ont ainsi diminué de 12% en Amérique latine au premier trimestre, de 14% en Afrique et de 4% en Asie-Pacifique.

Même l'Europe, zone où Coca-Cola investit beaucoup actuellement pour profiter de l'Euro 2016 dont il est un des commanditaires, a accusé un recul de 1% de son chiffre d'affaires pâtissant des pressions déflationnistes.

À l'inverse de son grand rival PepsiCo, une grande majorité (62%) du chiffre d'affaires des boissons de Coca-Cola est réalisée hors de l'Amérique du Nord (États-Unis, Canada et Mexique).

Le dollar fort va par ailleurs amputer les revenus 2016 de 2 à 3 points et ce en dépit des couvertures prises par le groupe d'Atlanta (sud) pour se prémunir de la vigueur de la devise américaine.




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