Goldman Sachs prise dans la tourmente des marchés

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Luc Olinga
Agence France-Presse
New York

Goldman Sachs a accusé mardi un plongeon de ses bénéfices et revenus sur fond de ralentissement de l'économie chinoise et de chute des prix du pétrole, clôturant sur une mauvaise note un premier trimestre sombre pour les six grandes banques américaines.

Le bénéfice net trimestriel a été divisé par plus de deux à 1,2 milliard de dollars (-56,3% sur un an), soit un profit par action ajusté de 2,68 dollars contre 2,45 dollars attendus en moyenne par les analystes.

Le chiffre d'affaires a, lui, diminué de 40,3% à 6,34 milliards de dollars, contre 6,73 milliards escomptés.

«L'environnement opérationnel du trimestre passé a présenté des défis variés, résultant en des vents contraires pour chacune des activités», a reconnu le PDG, Lloyd Blankfein.

La prestigieuse banque d'affaires a vu ses revenus reculer dans toutes ses activités mais a beaucoup pâti d'un décrochage des recettes du courtage, sa force traditionnelle.

Le chiffre d'affaires de cette division - «Clients institutionnels» - a dévissé de 37% à 3,44 milliards de dollars.

Dans le détail, c'est surtout le courtage des obligations, taux, devises et matières premières (FICC, revenus fixes), vache à lait au lendemain de la crise, qui a vu ses recettes chuter le plus: -47% à 1,66 milliard de dollars.

Les commissions perçues pour avoir conseillé les entreprises lors de fusions-acquisitions ont diminué de 20%.

La rentabilité du titre a ainsi été divisée par plus de deux en un an, passant de 14,7% au premier trimestre 2015 à 6,4% à fin mars.

«Cela a été un rude trimestre», a commenté Stephen Alpher, analyste chez Seeking Alpha.

Le plongeon de plus de moitié des cours du pétrole, qui fait redouter une cascade de faillites d'entreprises de l'énergie et le ralentissement de la croissance en Chine, ont jeté un froid sur les marchés lors des trois premiers mois de l'année.

La forte volatilité qui en a résulté a forcé un grand nombre d'investisseurs à la prudence. Des projets de fusions-acquisitions, d'entrées en Bourse ou des émissions obligataires ont ainsi été reportés, portant un coup aux grandes banques telles Goldman Sachs, souvent très sollicitées pour conseiller les entreprises dans ces transactions.

Selon le cabinet Dealogic, seules neuf introductions en Bourse ont été recensées aux États-Unis lors des trois premiers mois de 2016 contre 36 à la même période en 2015.

Délocalisations

De JPMorgan Chase à Bank of America en passant par Citigroup, Wells Fargo et Morgan Stanley, les six fleurons de Wall Street ont connu de façon générale un trimestre difficile, même s'ils ont souvent dépassé des attentes très basses.

Pour le reste de l'année, M. Blankfein a promis mardi que Goldman Sachs allait s'atteler à une maîtrise de ses coûts.

La firme a baissé les rémunérations de ses courtiers et banquiers de plus de 40% au premier trimestre, tandis que les autres dépenses sont tombées à leur plus bas depuis près de sept ans.

Elle a également supprimé des emplois mais ne dit pas dans quelle ampleur. Une source proche du dossier avait évoqué auprès de l'AFP le chiffre de 5% en janvier.

La cure d'austérité pourrait se durcir et être une des plus sévères effectuées par Goldman Sachs depuis 2011, quand elle avait annoncé un plan d'économies d'un milliard de dollars passant par plus d'un millier de suppressions d'emplois, selon des analystes.

L'établissement new-yorkais, connu pour réussir à se sortir des crises sans grosse éraflure, a commencé à rogner sur les billets d'avion et s'appuie de plus en plus sur de jeunes banquiers et l'automatisation de certaines opérations.

En février, M. Blankfein avait indiqué que 25% des 36 800 salariés de la banque, soit 9200 personnes, étaient désormais délocalisés dans des villes «stratégiques» autrement dit pas chères. C'est trois fois plus comparé à 2012 où Goldman Sachs n'y dénombrait que 3000 employés.

Environ 5.700 salariés de la banque sont désormais à Bangalore, la Silicon Valley de l'Inde, 2200 à Salt Lake City et 730 à Dallas.

Les banques Morgan Stanley, UBS et Deutsche Bank ont ou sont en train de délocaliser également leurs personnels dans des villes «stratégiques» pour faire des économies.




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