SNC-Lavalin pense avoir touché le fond

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Sylvain Larocque
La Presse

Un peu plus de deux ans après la mise au jour de plusieurs scandales de corruption qui l'ont profondément ébranlée, SNC-Lavalin (T.SNC) est persuadée d'avoir touché le fond.

«L'année 2013 a été celle du grand ménage, 2014 sera celle de la reconstruction et 2015, celle du retour à des rendements financiers comparables à ceux de l'industrie», a déclaré hier le président et chef de la direction de la firme d'ingénierie, Bob Card, au cours de l'assemblée annuelle des actionnaires.

Le dirigeant américain, qui est en poste à Montréal depuis octobre 2012, s'est fixé un objectif ambitieux pour les cinq à sept prochaines années: faire doubler les revenus de SNC, qui ont atteint 7,9 milliards de dollars en 2013. La cible est encore plus élevée pour le bénéfice d'exploitation, qui s'est chiffré à 486 millions en 2013, un résultat «inacceptable», a tranché M. Card (un record de 844 millions avait été établi en 2010).

Une chose est sûre: l'action de l'entreprise montréalaise est déjà loin du creux de 35$ atteint à l'été 2012. Depuis cette date, le titre s'est apprécié de 48%, comparativement à 22% pour l'indice composé S&P/TSX. Hier, il a clôturé à 51,62$, en hausse de 3 cents. Des analystes voient l'action à plus de 60$ d'ici un an.

Pour l'heure, les investisseurs sont nombreux à conjecturer sur l'utilisation que fera SNC-Lavalin de la manne de 3,2 milliards qu'elle obtiendra à la fin de l'année de la vente de l'entreprise de transport d'électricité albertaine Altalink au conglomérat Berkshire Hathaway de Warren Buffett.

«Nous n'excluons aucune possibilité», y compris un dividende spécial, a indiqué Bob Card.

Dans le cadre de la transaction avec Berkshire, SNC a formé un partenariat avec une filiale du conglomérat, MidAmerican Transmission, qui pourrait se traduire par des contrats d'ingénierie et de construction. MidAmerican détient des intérêts dans des réseaux de transport d'électricité au Texas et au Kansas.

Dividende en vue

Pour SNC-Lavalin, c'est la première étape d'une offensive visant à accroître sa présence aux États-Unis, où elle n'a tiré que 5% de ses revenus en 2013. Dans une note récente, l'analyste Maxim Sytchev, de Dundee Capital Markets, soulignait que les prévisions d'investissements dans le secteur américain du transport d'électricité s'élevaient à 14 milliards US par an, et ce, jusqu'en 2030.

Les deux autres régions prioritaires de SNC sont le Moyen-Orient et l'Amérique latine. Dans l'optique de poursuivre sa «décentralisation», l'entreprise vient d'ailleurs d'ouvrir un bureau régional à Abou Dabi, aux Émirats arabes unis. Rappelons que l'importante division des ressources naturelles est dirigée à partie de Londres depuis l'an dernier.

À l'affût d'acquisitions

Pour retrouver le chemin de la croissance, SNC-Lavalin entend miser aussi sur les acquisitions. «Nous ne voulons pas simplement réaliser une transaction, nous voulons combler nos lacunes pour créer ce concurrent auquel personne n'osera réellement s'attaquer», a affirmé M. Card, faisant allusion au risque que l'entreprise soit l'objet d'une offre d'achat.

Idéalement, SNC souhaiterait réaliser au moins une acquisition dans chacun de ses trois secteurs de prédilection: les hydrocarbures, l'électricité et les infrastructures.

Au premier trimestre, qui a pris fin le 31 mars, le chiffre d'affaires de SNC-Lavalin a une fois de plus reculé, cette fois-ci de 9%, pour atteindre 1,7 milliard. Par contre, les profits nets ont crû pour la première fois depuis la fin de 2012. Ils ont bondi de 76% pour s'établir à 95 millions, ou 62 cents par action.

Au début de l'année, SNC-Lavalin a poursuivi sa coûteuse restructuration en Europe en vendant sa filiale espagnole Intecsa-Inarsa à des dirigeants locaux. Cela n'a toutefois pas empêché l'entreprise de décrocher, le mois dernier, le contrat de gestion d'un aéroport de la région de Valence.

Afin d'améliorer sa rentabilité, SNC continue de réduire ses dépenses administratives. Cette décision et la fin de certains projets importants ont eu pour conséquence de faire passer de 34 000 à 30 000 le nombre d'employés en 2013.




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