Possible levée de sanctions: Bombardier garde un oeil sur l'Iran

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Julien Arsenault
La Presse Canadienne
Montréal

Bombardier (T.BBD.B) garde un oeil attentif sur l'Iran, qui pourrait acheter jusqu'à 400 avions de passagers au cours des 10 prochaines années advenant la levée de sanctions internationales à son endroit.

Selon le chef l'aviation iranienne, la levée des sanctions - en vigueur depuis la révolution islamique de 1979 - dépendrait de la conclusion d'un accord définitif sur le programme nucléaire du pays avec les cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies ainsi que l'Allemagne.

Ali Reza Jahangirian a laissé entendre que les compagnies aériennes iraniennes pourraient acheter une quarantaine d'appareils par année, ce qui pourrait se traduire par des milliards de dollars en contrats.

«Notre rôle est de tenter de savoir quand les sanctions pourraient être levées et comment nous pourrions profiter de ce marché», a indiqué jeudi le président et chef de la direction de Bombardier, Pierre Beaudoin, en marge de l'assemblée annuelle de l'entreprise, à Montréal.

Questionné par les journalistes, il a souligné que la levée des sanctions en Iran pourrait profiter aux divisions aéronautique et transport de Bombardier.

D'après le chef de l'aviation iranienne, une centaine des 250 avions commerciaux du pays sont actuellement cloués au sol, faute de pièces de remplacement.

«Nous évaluons notre stratégie pour établir notre stratégie lorsque les sanctions seront levées pour ne pas être désavantagés (par rapport à nos concurrents)», a expliqué M. Beaudoin.

En plus de Bombardier, Embraer ainsi que les géants Airbus et Boeing devraient tenter de profiter de la levée éventuelle de certaines sanctions à l'endroit de l'Iran.

Commandes en hausse, profits en baisse

Bombardier a également dévoilé ses résultats du premier trimestre, où, en dépit d'une augmentation de son carnet de commandes, les profits de l'entreprise ont reculé de 22 %.

Les actionnaires ont mal accueilli ce résultat et ont fait chuter le titre de Bombardier de 26 cents, soit 5,6%, à 4,15 $ à la Bourse de Toronto.

Pour la période terminée le 31 mars dernier, le bénéfice net de la société montréalaise a été de 115 millions $ US, ou 6 cents US par action, par rapport à 148 millions $ US, ou 8 cents US par action, à la même période en 2013.

Le nombre de commandes d'avions a atteint 91 appareils, comparativement à 28 il y a un an, ce qui fait grimper le carnet de commandes de sa division aéronautique à un montant record, soit 38,5 milliards $ US.

Bombardier a livré 56 avions au cours du premier trimestre, soit trois de plus qu'au même moment l'an dernier.

En tentant compte de sa division ferroviaire, le carnet de commandes de l'entreprise québécoise s'élevait à 76,9 milliards $ US au 31 mars, soit en hausse de 7,2 milliards $ par rapport au 31 décembre dernier.

En excluant les éléments non récurrents, le bénéfice de l'entreprise a été de 151 millions $ US, ou 8 cents US par action, en recul par rapport à 156 millions $ US, ou 8 cents US par action, l'an dernier.

Les revenus de Bombardier ont atteint 4,4 milliards $ US, une faible progression comparativement à 4,3 milliards $ US au trimestre correspondant de 2013.

L'entreprise a atteint la cible des analystes de 8 cents US par action, sur une base ajustée, ratant toutefois celle de 4,58 milliards $ US en ce qui a trait aux revenus.

L'utilisation des flux de trésorerie a bondi, passant de 590 millions $ US au premier trimestre de 2013 à 915 millions $ US cette année, alors que les liquidités totales ont reculé à 3,9 milliards $ US, par rapport à 4,8 milliards $ US l'an dernier.

Walter Spracklin, de RBC Marchés des capitaux, ne s'attendait pas à une telle situation.

«Nous considérons ces résultats comme négatifs, surtout en raison du recours inattendu aux flux (de trésorerie) au cours du trimestre», a écrit l'analyste, dans un rapport.

Le PDG de Bombardier s'est de son côté montré rassurant, affirmant aux actionnaires que «la période d'investissement allait bientôt se transformer en période de revenus».

M. Beaudoin s'attend à ce que les dépenses des nouveaux programmes reculent jusqu'à 1 milliard en 2016, alors qu'elles devraient varier entre 1,6 milliard et 1,9 milliard cette année.

Il croit que d'ici cinq ans, l'entreprise sera en mesure de gonfler ses revenus dans une proportion oscillant entre 10 milliards $ US et 15 milliards $ US.

Quant aux revenus de la division aéronautique de Bombardier, ils ont fléchi de 8,7 % au premier trimestre, à 2,1 milliards $ US, comparativement à 2,3 milliards en 2013.

Sans fournir de données, Bombardier assure que le programme de sa CSeries répond à ses attentes et que le quatrième véhicule d'essais en vol - sur un total de sept - effectuera bientôt son vol inaugural.

«Nous avons commencé à confirmer certains éléments, a dit le président et chef de l'exploitation de Bombardier aéronautique, Guy Hachey. Les chiffres finaux (...) ça sera après l'évaluation complète de l'appareil numéro 4.»

L'entreprise promet que son CSeries, fait en partie de matériaux composites, consommera notamment jusqu'à 20 % moins de carburant que les appareils de grosseur semblable présentement utilisés.

L'avionneur a reçu jusqu'ici 447 commandes pour son CSeries - dont 203 fermes - de la part de 18 clients. Bombardier vise 300 commandes fermes avant les premières livraisons des CSeries, prévues en 2015.

«Nous demeurons confiants de voir l'entreprise profiter d'occasions (...), notamment de la part d'Air Canada», affirme l'analyste Benoît Poirier, de Valeurs mobilières Desjardins.

Par ailleurs, quelque 1430 licenciements sur les 1700 annoncés plus tôt en début d'année par Bombardier à ses installations québécoises ainsi qu'à Wichita, dans l'État américain du Kansas, ont été effectués.




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