Rona déçoit encore, à cause du Québec

Malgré la neige abondante et le froid, Rona (T.RON) n'a pas... (Photo : Édouard Plante-Fréchette, archives La Presse)

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Photo : Édouard Plante-Fréchette, archives La Presse

(Montréal) Malgré la neige abondante et le froid, Rona (T.RON) n'a pas réussi à vendre assez de pelles, de chaufferettes d'appoint et d'isolants pour atteindre les cibles fixées par le marché. Le détaillant a déclaré, hier, une baisse de son chiffre d'affaires plus prononcée que ce qui était anticipé et une perte nette de 1,1 million à son quatrième trimestre. Résultat, l'action a perdu plus de 6% de sa valeur.

À l'instar de ses confrères, l'analyste Derek Dley, de Canaccord Genuity, prévoyait une baisse des ventes comparables de 2%, «comme c'est presque toujours le cas depuis 5 ans». Rona a moins bien fait. La dégringolade a atteint 3,5%. Cette statistique est clé dans le secteur de la vente au détail, car elle élimine l'impact des fermetures et des ouvertures récentes de magasins.

Le détaillant a précisé qu'il y avait d'importantes disparités régionales, puisque les ventes ont augmenté en Ontario et dans l'Ouest canadien, et ce, tant au quatrième trimestre que dans l'ensemble de l'exercice. Mais Rona réalise la moitié de ses ventes au Québec, où l'on observe un recul des mises en chantier. Le président et chef de la direction, Robert Sawyer, n'a pas voulu promettre que les ventes comparables seraient en terrain positif d'ici la fin de l'année. «Je l'espère, mais je ne peux pas faire de prédiction. Je travaille fort là-dessus», a-t-il dit aux analystes au cours d'une téléconférence. Il n'a pas souhaité nous accorder d'entrevue.

Exercice à l'encre rouge

Rona subit aussi une baisse de profitabilité. Les analystes sondés par Bloomberg tablaient en moyenne sur un bénéfice ajusté par action de 0,10$. À la Banque Scotia, on était plus pessimiste. En raison de «l'environnement de détail exigeant et de la météo défavorable», son expert Anthony Zicha calculait que Rona dégagerait un bénéfice de 0,07$ par action.

La réalité a été plus sombre: le détaillant a déclaré un bénéfice ajusté par action de 0,04$. En faisant fi des éléments exceptionnels, le résultat est négatif (perte nette de 0,01$ par action).

Pour l'ensemble de l'exercice 2013, la perte frôle les 46 millions (0,38$ par action). Robert Sawyer a qualifié l'année de «transformationnelle», rappelant que les changements s'étaient effectués «dans un contexte de marché difficile pour l'industrie de la rénovation-construction». De plus, ils ont entraîné des charges importantes qui ont grevé les résultats.

«Bien que les résultats consolidés soient à la baisse, nous sommes satisfaits du progrès accompli [...] et nous sommes fiers d'avoir atteint notre objectif premier de réaliser une réduction de coûts de 110 millions de dollars sur une base annualisée», a déclaré le dirigeant, dans un communiqué. Une partie des économies réalisées a permis de réduire les prix en magasin.

«On a pris une approche régionale, marché par marché, a confié Dominique Boies, premier vice-président et chef de la direction financière, à La Presse Affaires. À Québec, on concurrence Canac, à Toronto, c'est plutôt Home Depot et Lowe's. Dans le passé, on a fait l'erreur de vouloir être à parité avec Home Depot partout.» En conséquence, certains prix étaient inutilement trop bas, alors qu'ailleurs, ils repoussaient les clients, tellement ils étaient élevés.

Marchands plus compétitifs

Pendant la prochaine année, Rona mettra l'essentiel de son énergie sur le «repositionnement» de Réno-Dépôt, dont le nouveau concept a été dévoilé en janvier, à Saint-Hubert. Les 16 magasins seront convertis d'ici la fin du mois de juin, ce qui coûtera 20 millions. L'impact sur les résultats consolidés de Rona ne sera toutefois pas majeur puisque le détaillant compte 530 magasins au pays.

Rona travaillera aussi à améliorer l'expérience client dans ses magasins et à «rendre ses marchands, surtout ceux qui vendent aux entrepreneurs en construction, plus compétitifs», a indiqué Dominique Boies. L'entreprise de Boucherville souhaite que ces commerces s'approvisionnent davantage chez elle. À l'heure actuelle, ils effectuent en moyenne 90% de leurs achats chez Rona, mais le potentiel demeure «énorme», notamment dans les matériaux de construction.

«Ils pensent qu'ils sont de fins négociateurs, relate Dominique Boies. Mais s'ils s'approvisionnent chez nous, on va pouvoir négocier de meilleurs prix auprès de nos fournisseurs. Ils deviendront plus compétitifs dans leurs soumissions dans les nouveaux projets de construction.»

D'ici un an, Rona prévoit ouvrir un magasin et en déménager deux. Aucune fermeture n'est au programme.

Le titre de Rona a terminé la journée à 11,58$, en baisse de 6,39%.

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RÉSULTATS FINANCIERS

Quatrième trimestre (terminé le 29 décembre) 

>Revenus: 941,1 millions (- 12,2%) 

>Ventes comparables: - 3,5% 

>Perte nette: 1,1 million 

>Perte nette par action: 0,01$ 

Exercice 2013 

>Revenus: 4192,2 millions (- 5,7%) 

>Ventes comparables: - 1,9% >Perte nette: 45,9 millions >Perte nette par action: 0,38$




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