Rolls-Royce annonce la fin de 10 ans de croissance

L'emblème de Rolls-Royce, le Spirit of Ecstasy.... (Photo Toby Melville, archives Reuters)

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L'emblème de Rolls-Royce, le Spirit of Ecstasy.

Photo Toby Melville, archives Reuters

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Julien Mivielle
Agence France-Presse
Londres

Le motoriste Rolls-Royce prévoit pour la première fois en dix ans une «pause» dans sa croissance cette année, en raison des coupes dans les budgets de défense, une annonce-choc qui a entraîné un plongeon de l'action à la Bourse de Londres.

«En 2014, nous attendons une pause dans la croissance de notre chiffre d'affaires et de nos bénéfices, qui reflète des vents contraires dans l'ensemble de notre activité», a déclaré jeudi John Rishton, le directeur général du groupe britannique.

La faute en revient surtout à une chute attendue de 15 à 20% des revenus dans la défense sous le poids des coupes drastiques dans les budgets militaires de ses principaux clients, alors que les États-Unis, mais aussi le Royaume-Uni taillent dans leurs dépenses. La fin de deux grands programmes d'exportation au Moyen-Orient et en Inde va aussi peser.

Ces sombres perspectives ont entraîné une véritable chute de l'action Rolls-Royce à la Bourse de Londres, où elle a terminé jeudi en baisse de 13,64% à 1045 pence. L'onde de choc s'est étendue à d'autres valeurs européennes de la défense, à l'image de BAE Systems, qui a perdu 3,12%.

«Pour résumer, l'activité défense fait un grand pas en arrière pour se retrouver là où elle en était en 2010», ont commenté les analystes de Jefferies.

«La perspective reste bonne à long terme, mais cette publication et la prévision annoncée aujourd'hui constituent une grosse déception et cela va peser sur le cours de l'action pour un moment», a ajouté Chris Dyett chez Investec.

Rolls-Royce, qui fabrique des moteurs équipant les avions de ligne d'Airbus ou Boeing, prévoit en revanche une croissance modeste de son chiffre d'affaires et une progression solide de ses bénéfices en 2014 dans l'aéronautique civile, sa principale activité.

«C'est une pause, pas un changement de direction et la croissance reprendra en 2015», a tenu à assurer John Rishton. «Notre carnet de commandes record soutient notre confiance en la croissance de long terme de notre entreprise», a-t-il souligné.

Le dirigeant a aussi annoncé vouloir encore réaliser des économies après avoir réduit les effectifs de 11% l'an dernier.

Même si le marché a surtout retenu les prévisions très mitigées pour cette année, le dirigeant a salué une année 2013 «au cours de laquelle notre carnet de commandes, nos revenus ajustés et notre bénéfice ajusté ont tous progressé».

Le bénéfice ajusté avant impôts a en effet bondi de 23% à 1,76 milliard de livres tandis que Rolls-Royce a également enregistré une forte hausse de 27,5% de son chiffre d'affaires à 15,513 milliards de livres grâce à l'acquisition - avec l'allemand Daimler - de Tognum, qui fabrique des moteurs diesel de forte puissance. Hors cette acquisition, le chiffre d'affaires a progressé de 6%.

Mais son bénéfice net a en revanche chuté de 41% à 1,367 milliard de livres, en raison d'une comparaison défavorable avec 2012, qui avait bénéficié d'une plus-value de cession.

Rolls-Royce, qui est soupçonné depuis 2012 de corruption en Indonésie et en Chine, indique par ailleurs qu'il ne lui est pas possible d'estimer à ce stade les amendes et sanctions potentielles qui pourraient lui être infligées.

Mercredi, l'office britannique de lutte contre la grande délinquance financière (SFO), qui a ouvert une enquête contre le motoriste, a arrêté deux hommes dans ce dossier.

«Les récentes amendes du SFO orientent vers des chiffres dans la fourchette de 10 à 50 millions de livres, tandis que le Département de la Justice (américain) peut imposer des sommes plus élevées. De telles amendes, si elles se matérialisent, devraient toutefois être gérables», relativisait Christophe Menard, analyste de Kepler Cheuvreux, dans une note récente.

L'autre dossier sur lequel Rolls-Royce est attendu est celui des acquisitions. Le groupe a tenté récemment, mais sans succès, de racheter l'industriel finlandais Wärtsilä, qui fabrique moteurs de bateaux et centrales électriques.




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