Bell Helicopter: les Philippines confirment l'annulation du contrat

Les 16 hélicoptères Bell 412 EPI devaient être fabriqués à l'usine... (PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, ARCHIVES LA PRESSE)

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Les 16 hélicoptères Bell 412 EPI devaient être fabriqués à l'usine de Bell Helicopter à Mirabel.

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(Ottawa) Le gouvernement des Philippines a confirmé mardi l'annulation du contrat de 16 hélicoptères qui devaient être fabriqués à l'usine de Mirabel de Bell Helicopter. Le controversé régime de Rodrigo Duterte entend plutôt se tourner vers la Russie, la Chine, la Corée du Sud ou la Turquie pour se procurer ces appareils.

Le président philippin n'a jamais digéré l'intervention du gouvernement de Justin Trudeau, qui a annoncé la semaine dernière une révision du contrat de 233 millions US, négocié par l'entremise de la Corporation commerciale canadienne (CCC). 

Roberto Duterte a annoncé vendredi intention d'annuler l'entente, et les documents officiels ont été envoyés lundi à Bell Helicopter et à la CCC, une agence gouvernementale canadienne qui avait facilité le contrat. Une source au sein de Bell Helicopter a confirmé que la lettre avait bel et bien été reçue lundi, au grand désarroi de l'entreprise.

Lettre officielle

Selon le journal Philippine Star, la lettre officielle de cessation a été signée par le secrétaire à la Défense Delfin Lorenzana. 

«Ceci est en conformité avec la directive du président Rodrigo Roa Duterte, et en accord avec la Loi sur les approvisionnements gouvernementaux, qui autorise la cessation d'un contrat à la convenance du gouvernement», a déclaré le secrétaire Lorenzana au Philippine Star.

Craintes canadiennes

Le gouvernement de Justin Trudeau a dit vouloir réexaminer le contrat entre Manille et Bell Helicopter à la suite de commentaires formulés par un haut gradé de l'armée philippine, le major général Restituto Padilla. 

Celui-ci a déclaré que les appareils Bell 412 EPI serviraient notamment à des «opérations militaires de sécurité interne», alors qu'Ottawa avait compris qu'ils seraient utilisés pour des opérations de sauvetage des troupes ou de rapatriement de soldats.

Ottawa s'est inquiété de l'utilisation que pourrait en faire le régime Duterte, considérant les nombreuses exactions dont le président est accusé. Celui-ci s'est notamment vanté d'avoir déjà jeté un homme d'un hélicoptère en plein vol - et affirmé qu'il n'hésiterait pas à le refaire.

Dans un discours télévisé à la fin de la semaine dernière, Rodrigo Duterte a fermement dénoncé l'attitude du Canada, qualifiant de «cinglée» la proposition selon laquelle les hélicoptères serviraient seulement à des activités de sauvetage.

300 millions

Selon nos informations, les dirigeants de Bell Helicopter, qui exploitent une importante usine à Mirabel au nord de Montréal, estiment que le gouvernement fédéral n'en a pas fait assez pour tenter de rescaper ce contrat de près de 300 millions de dollars canadiens.

Le ministre du Commerce international, François-Philippe Champagne, a confirmé mardi après-midi l'annulation du contrat avec Bell Helicopter.

«Aujourd'hui, on a reçu une notification formelle que le gouvernement des Philippines a décidé d'annuler le contrat pour les hélicoptères, a-t-il déclaré dans le foyer du Parlement. Comme vous le savez, au cours des derniers jours, il y a eu plusieurs déclarations troublantes sur l'utilisation finale de ces hélicoptères-là.»

«Les droits humains, les droits de la personne, font partie intégrante de notre politique étrangère et de notre politique commerciale et c'est pour ça que lancer un examen, c'était la bonne chose à faire», a poursuivi le ministre.

M. Champagne a confirmé avoir nommé lundi un nouveau président du conseil d'administration de la CCC, une nomination qui était, affirme-t-il, déjà prévue. Ce dernier aura comme mandat de «diversifier notre portfolio et d'avoir moins d'impact au niveau du secteur de la défense».

Le ministre a souligné que des rencontres auront lieu dans les prochains avec les dirigeants de Bell Helicopter pour mieux comprendre les impacts de l'annulation de ce contrat majeur sur l'entreprise et les travailleurs de Mirabel.




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