Bombardier à Toronto: La Pocatière à la rescousse

Bombardier ne pourra pas livrer plus de 16 tramways... (PHOTO David Boily, archives La Presse)

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Bombardier ne pourra pas livrer plus de 16 tramways à Toronto cette année, ce qui est considérablement en retard sur l'échéancier initial et met en colère le maire de Toronto, John Tory.

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Sylvain Larocque
La Presse

Les malheurs de Bombardier Transport à Toronto pourraient faire le bonheur des salariés de l'usine du constructeur à La Pocatière.

L'usine de Bombardier à La Pocatière emploie actuellement... (PHOTO Jacques Boissinot, Archives La Presse CAnadienne) - image 1.0

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L'usine de Bombardier à La Pocatière emploie actuellement 319 personnes.

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Voici de à quoi pourrait ressembler les voitures... (Image fournie par Brio Innovation) - image 1.1

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Voici de à quoi pourrait ressembler les voitures du tramway rapide Metrolinx à Toronto.

Image fournie par Brio Innovation

Aux prises avec d'importants retards dans la livraison des nouveaux tramways commandés par la Toronto Transit Commission (TTC), l'entreprise a indiqué hier qu'elle allait confier à ses installations du Bas-Saint-Laurent la production de sous-ensembles (planchers des voitures) et de loges de conducteurs pour ce projet de plus de 1 milliard. À l'heure actuelle, ces composants sont fabriqués dans une usine mexicaine de Bombardier qui a connu divers problèmes.

Bombardier n'a pas pu dire, hier, si cette nouvelle charge de travail allait entraîner des embauches à La Pocatière, où travaillent actuellement 319 personnes. Marc Laforge, porte-parole de l'entreprise, a assuré qu'il n'y aurait pas de conséquences sur les livraisons des nouvelles voitures du métro de Montréal, qui sont assemblées à La Pocatière et qui connaissent elles aussi des retards. 

« Cette usine est capable de prendre plus de travail, ce n'est pas un enjeu. » - Marc Laforge, porte-parole de Bombardier

L'usine québécoise pourrait bénéficier encore davantage des problèmes de Bombardier en Ontario. D'ici deux ou trois semaines, l'entreprise annoncera la création d'une deuxième chaîne de montage dans le but de soulager son usine de Thunder Bay, qui est débordée malgré ses 1157 salariés. En plus du projet des tramways de Toronto, celui du train léger de Waterloo et celui des voitures du futur réseau Metrolinx connaissent également des retards. La deuxième chaîne de montage pourrait être installée à La Pocatière ou à l'extérieur du pays, a précisé M. Laforge.

TORY FURIEUX

« Les mesures qu'on met en place, ce sont les plus robustes possible pour en arriver à accélérer la cadence, presque la doubler en fait », a affirmé le porte-parole. Mais, a-t-il reconnu, comme il faudra attendre plusieurs mois avant que la deuxième chaîne de montage ne soit mise en place, Bombardier ne pourra pas livrer plus de 16 tramways à Toronto cette année. L'évaluation précédente, déjà revue à la baisse par rapport à l'échéancier initial, faisait état de 54 livraisons d'ici la fin de décembre.

Le maire de Toronto, John Tory, n'a pas été impressionné par le plan de Bombardier, bien au contraire. Il s'est dit « complètement consterné » par les retards répétés. « Ce n'est pas une façon de faire des affaires », a-t-il tonné hier. La TTC a déjà engagé une poursuite de 51 millions contre Bombardier et évalue la possibilité d'intenter d'autres recours.

« Ça ne règle pas leur problème à court terme et c'est vrai », a admis Marc Laforge. Dans une déclaration publiée hier, le nouveau président de Bombardier Transport Amériques, Benoit Brossoit, a martelé que le projet des tramways de Toronto figurait parmi ses « priorités ».

Jusqu'ici, à peine 17 des 204 tramways commandés par la TTC en 2009 ont été livrés. Bombardier promet que la totalité des voitures sera en service d'ici la fin de 2019.

Bombardier ne croit pas que la colère des Torontois dans ce dossier nuira à ses efforts visant à obtenir une aide financière de la part du gouvernement fédéral pour sa gamme d'avions de la C Series. « On mélange beaucoup de dossiers, a déclaré M. Laforge. Comme beaucoup de manufacturiers, Bombardier peut connaître des enjeux sur certains projets, mais ce qui va faire la différence, c'est que nous allons soutenir notre client jusqu'à la toute fin des livraisons, peu importe ce que ça prendra. »

Ce contrat pourra-t-il être rentable pour Bombardier ? « On regardera ça à la fin », a répondu M. Laforge.

L'action de Bombardier a gagné plus de 5 %, hier, pour clôturer à 1,80 $ à la Bourse de Toronto.

BOMBARDIER AÉRONAUTIQUE

Couillard fait pression sur Trudeau

Le premier ministre Philippe Couillard a profité de son passage au Forum Innovation d'Aéro Montréal, hier, pour enjoindre à son homologue fédéral, Justin Trudeau, d'accorder sans délai une aide financière à Bombardier. « Je suis tellement fier de la C Series. C'est le génie québécois qui s'envole », a-t-il lancé devant les centaines de membres de l'industrie réunis au Palais des congrès de Montréal. M. Couillard a soutenu que le développement de la nouvelle gamme d'avions de 110 à 150 places était « le plus grand projet d'innovation au Canada ». S'adressant directement à M. Trudeau, il a rappelé que l'industrie aéronautique était aussi importante pour le Québec « que l'industrie automobile pour l'Ontario ».

Bombardier a par ailleurs annoncé hier avoir décroché une commande pour quatre jets régionaux CRJ900 de la part de Trident Jet, qui les louera au transporteur européen CityJet dans le cadre d'un contrat de service conclu avec la compagnie aérienne scandinave SAS. Au prix courant, cette conversion d'options a une valeur de 184 millions US. Trident Jet avait commandé huit CRJ900 en octobre.




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