Aéro Montréal minimise les turbulences chez Bombardier

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Un moteur Pratt & Whitney utilisé sur le CS100.

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La Presse Canadienne
Julien Arsenault

La direction d'Aéro Montréal ne croit pas que les turbulences rencontrées par Bombardier se traduiront par de mauvaises nouvelles pour l'industrie aérospatiale québécoise.

En marge de l'assemblée annuelle, lundi à Montréal, la direction d'Aéro Montréal a rappelé que l'avionneur québécois n'avait pas été le seul à rencontrer des obstacles au cours de son histoire.

«À un certain moment, on rencontre tous des défis», a souligné la présidente du conseil d'administration d'Aéro Montréal et vice-présidence principale aux ventes et marketing chez Pratt & Whitney Canada, Maria Della Posta.

En plus des retards dans le programme de son avion commercial CSeries, Bombardier (T.BBD.B) a entièrement remanié sa haute direction et fait l'objet de rumeurs quant à ses intentions à l'égard de sa division transport - pouvant même aller jusqu'à une vente.

«Des changements, il y a en a partout. Chez tous les grands joueurs du secteur il y a eu des changements au cours des dernières années», a ajouté Mme Della Posta, aux côtés de la présidente-directrice générale d'Aéro Montréal, Suzanne Benoît.

Même si les premières livraisons de la CSeries ne se feront qu'en 2016, Mme Della Posta ne croit pas que cela aura une incidence négative aux installations longueuilloises de Pratt & Whitney, où se fait l'assemblage du moteur de l'avion commercial.

Bombardier joue un rôle de premier plan dans le secteur aéronautique au Québec, puisque l'avionneur fait affaire avec de nombreux fournisseurs et sous-traitants en plus de posséder de nombreuses installations au Québec.

En dépit des problèmes rencontrés par l'entreprise, le secteur aérospatial québécois compte actuellement 44 000 emplois, par rapport à 36 000 pendant la crise financière de 2008.

S'il ne semblait pas inquiet pour le secteur aéronautique québécois, l'analyste en aérospatiale et défense Mario Longpré, de PricewaterhouseCoopers, a reconnu que les yeux étaient rivés sur Bombardier.

«La plupart des compagnies qui étaient ici aujourd'hui font affaire d'une façon ou d'une autre avec Bombardier», a-t-il dit, après avoir présenté les conclusions d'une étude lors de l'assemblée annuelle.

«Sans être nerveuses, les compagnies observent comment elles peuvent réorganiser certaines choses pour s'adapter», a-t-il ajouté.

Selon M. Longpré, le Québec n'est pas le seul endroit dans le monde où une entreprise comme Bombardier a énormément d'influence sur son secteur d'activités. Il souligne que la situation est similaire là où se trouvent d'importantes installations des géants Boeing et Airbus.

Perspectives positives

Aéro Montréal a par ailleurs profité de son assemblée pour dévoiler une étude réalisée par PricewaterhouseCoopers dans laquelle les perspectives de croissance s'annoncent vigoureuses pour les petites et moyennes entreprises (PME) du secteur.

L'enquête a été commandée par la Caisse de dépôt et placement du Québec ainsi que la Banque de développement du Canada.

Parmi les entreprises sondées, près de la moitié s'attendent à connaître un taux de croissance oscillant entre 10 et 20 % au cours des prochaines années. De plus, on estime à 4,5 % le taux de croissance annuel de l'industrie aéronautique civile d'ici 2018.

Toutefois, 76 % des dirigeants sondés ont indiqué qu'ils n'envisageaient pas une revente de leur entreprise à un certain moment, ce qui a soulevé certaines préoccupations du côté de la direction d'Aéro Montréal.

«Nous devons travailler davantage avec les institutions universitaires et les gouvernements pour attirer les jeunes vers notre industrie», a souligné Mme Della Posta.

Mme Benoît croit cependant que les diverses mesures destinées à stimuler la relève entrepreneuriale dans le dernier budget du ministre des Finances Carlos Leitao devraient aider à progressivement inverser cette tendance.

L'étude révèle également que c'est du côté de l'Ontario qu'il y a eu une plus grande consolidation de l'industrie au cours des 10 dernières années, avec 41 transactions, par rapport à 20 pour le Québec.




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