Bombardier: il n'y aura pas de vente précipitée, dit Alain Bellemare

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Julien Arsenault
La Presse Canadienne
MONTRÉAL

Même si Bombardier (T.BBD.B) fait face à des défis financiers, son nouveau président et chef de la direction, Alain Bellemare, assure qu'il n'a pas l'intention de procéder à une vente précipitée visant à se départir de certains actifs.

En marge d'une assemblée extraordinaire visant à autoriser une émission d'actions, vendredi à Montréal, M. Bellemare a martelé qu'il n'était pas «sous pression pour faire quoi que ce soit».

«On regarde toutes les options qui s'offrent à nous, a-t-il dit aux journalistes. On ne veut pas spéculer. Nous voulons le faire de façon intelligente. C'est un processus à long terme.»

Depuis un certain temps, des observateurs suggèrent que la société pourrait être tentée de vendre des actifs afin d'accumuler des liquidités, alors que les coûts du programme de son nouvel avion CSeries atteignent maintenant 5,4 milliards $ US.

Des analystes ont notamment évalué que le prix de la division d'avion d'affaires Learjet pourrait atteindre 750 millions $ US. En début d'année, l'entreprise avait suspendu indéfiniment le développement de son nouveau Learjet 85 en raison d'un manque d'intérêt des clients.

«La première phase était de compléter le plan de financement, a observé M. Bellemare. C'était un travail important. On a mis beaucoup d'efforts pour se donner la capacité financière de mener à terme nos projets et nous l'avons.»

Questionné par les journalistes, M. Bellemare s'est contenté d'indiquer que la société allait regarder «toutes les options stratégiques», autant du côté de la division ferroviaire que de l'aéronautique, ajoutant qu'il n'y avait pas d'actifs considérés comme des «vaches sacrées».

Il n'a toutefois pas voulu spéculer davantage.

«Cela peut varier d'une simple alliance, (la création d'une) coentreprise à une vente d'actifs, a dit M. Bellemare. Il y a des secteurs qui sont (le noyau) pour l'entreprise et sur lesquels nous allons continuer à bâtir et d'autres sur lesquels on doit se pencher un peu plus.»

Sans surprise, la CSeries en 2016

Après avoir ouvert la porte à cette possibilité le 27 février dernier - lors du vol inaugural du CS300 - M. Bellemare a indiqué vendredi que les premières livraisons du nouvel avion commercial de Bombardier, le CSeries, se feraient finalement en 2016.

«La certification du programme est planifiée pour la fin de l'année, a-t-il rappelé. Cela ne permet pas de faire des livraisons d'avions avant le début de l'année suivante.»

Cette déclaration de M. Bellemare n'a pas semblé effrayer les investisseurs, puisque le titre de Bombardier a clôturé la semaine à 2,50 $ à la Bourse de Toronto, en recul d'un cent, ou 0,4 %.

Initialement prévue pour 2013, l'entrée en service de la CSeries a été reportée à plusieurs reprises. En septembre dernier, un communiqué de Bombardier signalait que les premières livraisons devaient se faire avant la fin de 2015.

«On a un horaire d'entrée en service avec les clients qui est prévu en 2016, a affirmé M. Bellemare. Avant mon arrivée (en février), c'était planifié comme cela. L'avion performe vraiment bien. Quand on fait un avion qui va être en service pendant 25 et 30 ans, c'est le point important.»

Les propos du patron de Bombardier n'ont pas été interprétés négativement par Walter Spracklin, de RBC Marchés des capitaux, qui affirme que cette fenêtre de livraison était «largement anticipée», ajoutant que cela n'était pas une «surprise».

«Si la certification est obtenue en 2015, les livraisons devraient se faire au premier trimestre de 2016, écrit l'analyste dans une note. Cela ne devrait pas faire grimper les coûts du programme (de la CSeries).»

Bombardier cumule des commandes et engagements touchant 603 avions de ligne CSeries, dont 243 en commandes fermes. Son objectif est d'obtenir 300 commandes fermes avant les premières livraisons de son nouvel avion.

Par ailleurs, près de 95 % des actionnaires de Bombardier ont voté en faveur de la proposition visant à faire passer le nombre d'actions de catégories A et B de 1,89 milliard à 2,74 milliards, une mesure qui s'inscrit dans le cadre du plan de financement de l'avionneur.

L'émission d'actions permettra à la société - qui a contracté environ 2,25 milliards $ US de nouvelle dette - de récolter 1,1 milliard.




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