Pourquoi le prix des billets d'avion ne baisse pas

Les transporteurs aériens canadiens invoquent le taux de... (PHOTO RÉMI LEMÉE, ARCHIVES LA PRESSE)

Agrandir

Les transporteurs aériens canadiens invoquent le taux de change, entre autres, pour expliquer que le prix des billets ne baisse pas malgré la chute du prix du carburant.

PHOTO RÉMI LEMÉE, ARCHIVES LA PRESSE

Même si le prix du carburant pique du nez, les transporteurs aériens ne sont pas pressés de réduire le prix des billets.

Les passagers devront attendre un petit moment avant de bénéficier de la situation.

Une des raisons est liée au fait que les transporteurs canadiens achètent le carburant avec des devises américaines.

«L'effet favorable du coût du carburant est annulé en bonne partie par la chute du dollar canadien, a expliqué la responsable des communications chez Transat, Debbie Cabana. D'autre part, nous utilisons des instruments de couverture qui font en sorte que nous ne profitons pas pleinement des baisses.»

Elle a affirmé que globalement, pour la saison d'hiver, en combinant l'effet devise, les coûts de carburant seront supérieurs à ceux de l'année précédente.

Pour Transat, la surcharge carburant/devise représente une part importante du prix du billet. Ainsi, la surcharge atteint 235$ pour un billet de 644$ pour Cuba. Pour Paris, la surcharge s'élève à 476$ sur un billet de 980$.

«Au final, pour le consommateur, c'est le prix total qui compte, a observé Mme Cabana. Les voyages demeurent très, très abordables.»

De son côté, Air Canada n'inclut pas de surcharge distincte pour le carburant dans sa structure de prix en Amérique du Nord, mais de telles surcharges existent toujours à l'international.

Autres facteurs

«Air Canada surveille de près le prix du carburant. Celui-ci représente notre plus grande dépense, et nous envisageons constamment d'apporter des modifications à la tarification et à la capacité, a fait savoir la responsable des relations avec les médias chez Air Canada, Isabelle Arthur. De nombreux autres facteurs ont une incidence sur la tarification, notamment les modifications liées aux devises, les conditions de marché, la concurrence, l'offre et la demande. Nous les examinons continuellement afin d'en tenir compte pour ajuster les tarifs à la hausse et à la baisse.»

Du côté de Porter Airlines, la structure de prix ne compte plus de surcharge pour le carburant depuis quelques années.

«Cela fait relativement peu de temps, moins d'un mois, que les prix du carburant diminuent, a indiqué le responsable des communications chez Porter, Brad Cicero. Je ne sais pas si ça s'est déjà reflété sur les prix que nous payons.»

Il a rappelé que le secteur du transport aérien était très compétitif en ce qui a trait aux tarifs. «Nous allons continuer à être compétitifs à ce niveau», a-t-il affirmé.

L'Association internationale du transport aérien (AITA) estime que les transporteurs aériens finiront par transmettre les économies aux passagers.

Meilleure rentabilité

L'AITA prévoit une amélioration de la rentabilité de l'industrie du transport aérien dans le monde. En juin dernier, l'Association disait s'attendre à des profits de 18 milliards US pour l'ensemble de l'industrie en 2014. Elle a révisé ses prévisions depuis et s'attend maintenant à des profits de 19,9 milliards US. En 2015, ces profits devraient grimper à 25 milliards US.

L'AITA attribue cette amélioration à la baisse des prix du carburant et à une croissance plus robuste de l'économie mondiale.

Elle prévoit une diminution des tarifs de 5,1% en 2015, excluant les taxes et les surcharges.

Selon l'Association, ce sont les transporteurs nord-américains qui enregistreront la meilleure performance financière.

«Cette amélioration est liée à la consolidation dans l'industrie, qui contribue à une augmentation du taux d'occupation, à la baisse des prix du carburant et aux revenus accessoires», a-t-elle soutenu.

Au Canada, en 2015, les passagers devraient bénéficier des luttes que se livreront les transporteurs aériens sur certaines routes, comme la liaison Montréal-Paris. L'analyste Cameron Doerksen, de la Financière Banque Nationale, note qu'Air Canada offrira un deuxième vol quotidien entre Montréal et Paris, ce qui fera passer le nombre de vols quotidiens de sept à huit pour l'ensemble des transporteurs. «Air Canada semble cibler principalement Air France, mais nous pensons que cette liaison est une importante source de profits pour Transat, écrit M. Doerksen dans un rapport. Une plus grande capacité et une pression à la baisse sur les prix de la part des autres joueurs devraient avoir un impact sur la rentabilité de Transat. Les tarifs, actuellement sous la barre des 1000$, suggèrent que la tarification sera un défi pour les transporteurs en 2015.»




À découvrir sur LaPresse.ca

Les plus populaires : Affaires

Tous les plus populaires de la section Affaires
sur Lapresse.ca
»

Autres contenus populaires

la boite:219:box
image title
Fermer