Guichets en région: Desjardins «n'est pas un service public»

Environ 90 % des transactions chez Desjardins sont effectuées... (PHOTO IVANOH DEMERS, ARCHIVES LA PRESSE)

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Environ 90 % des transactions chez Desjardins sont effectuées sur ordinateur, téléphone ou tablette. Les transactions au guichet ne représentent que 7 % du volume et celles au comptoir, 2 %.

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(QUÉBEC) N'en déplaise à ceux qui critiquent la fermeture de points de service en région, Desjardins « n'est pas un service public », a affirmé son président, Guy Cormier, lundi.

Le grand patron de la coopérative était attendu de pied ferme à l'Assemblée nationale, où une commission parlementaire s'est penchée sur l'accès aux services financiers de proximité à l'extérieur des grands centres.

Desjardins se trouve au coeur de cet enjeu : l'entreprise est critiquée depuis plusieurs mois parce qu'elle multiplie la fermeture de comptoirs et de guichets automatiques dans des communautés rurales.

M. Cormier a défendu bec et ongles la stratégie de l'entreprise.

« On ne peut pas faire porter à Desjardins tout le poids des services financiers dans l'ensemble du Québec, sur l'ensemble du territoire, a déclaré M. Cormier. On est une coopérative qui dessert 4,3 millions de membres et qui est là pour gérer la coopérative. Ce n'est pas un service public, Desjardins. »

Une raison simple

La raison pour laquelle Desjardins ferme des guichets automatiques en région est simple, a expliqué M. Cormier au terme de son témoignage.

« Les gens ne les utilisent plus. C'est juste ça », a-t-il résumé.

Environ 90 % des transactions chez Desjardins sont effectuées sur ordinateur, téléphone ou tablette. Les transactions au guichet ne représentent que 7 % du volume et celles au comptoir, 2 %.

Il faut donc s'attendre à ce que les fermetures se poursuivent, a convenu M. Cormier.

« On va s'adapter à la façon dont les gens consomment les services financiers, a-t-il dit. [...] Aujourd'hui, à 90 % du temps, les gens nous disent qu'ils ne veulent pas aller à un guichet, ni à un point de service. »

Du reste, a-t-il plaidé, Desjardins reste beaucoup plus présent en région que toute autre institution financière. L'entreprise compte 957 points de service et 1961 guichets automatiques au Québec. En guise de comparaison, les sept banques exploitent au total 1062 points de service et 3295 guichets automatiques.

Les élus qui ont questionné M. Cormier ont salué l'empreinte de Desjardins dans les régions. Mais ils lui ont également témoigné du grand mécontentement de leurs commettants en lien avec la fermeture de points de services et de guichets.

« Pour les gens de chez nous, pour les gens de ces municipalités, c'est eux qui vous ont construit à la sueur de leur front et à la sueur de leurs bras, a déploré le député libéral Marc H. Plante, qui représente Maskinongé, en Mauricie. [...] C'est très difficile parce que la fermeture du point de service va suivre la fermeture de l'église à côté, du salon funéraire et du dépanneur. »

« Historiquement, la création de Desjardins s'est faite dans les régions du Québec, s'est faite partout sur le territoire, a renchéri le député péquiste Sylvain Gaudreault. C'était aussi pour démocratiser l'accès à des services financiers que les banques ne feraient pas. Alors il faut interpeller Desjardins sur ces valeurs qui sont à la base. »




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