Equifax: première inculpation d'un dirigeant pour délit d'initié

Jun Ying, qui était directeur informatique d'une des... (REUTERS)

Agrandir

Jun Ying, qui était directeur informatique d'une des activités américaines d'Equifax, a exercé ses options d'achat d'actions et liquidé ces titres bien avant l'annonce du piratage informatique, affirme la SEC, le gendarme de la Bourse, dans un communiqué.

REUTERS

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Agence France-Presse
New York

Un dirigeant d'Equifax, qui a vendu ses actions avant que l'agence de crédit n'officialise la cyberattaque massive dont elle a été victime en 2017, a été inculpé mercredi pour délit d'initié, une première dans cette affaire.

Jun Ying, qui était directeur informatique d'une des activités américaines d'Equifax, a exercé ses options d'achat d'actions et liquidé ces titres bien avant l'annonce du piratage informatique, affirme la SEC, le gendarme de la Bourse, dans un communiqué.

Il a ainsi pu collecter un million de dollars au lieu d'enregistrer une perte de 117 000 dollars s'il avait eu à céder ses actions après l'officialisation de la cyberattaque, dont l'annonce avait entraîné un décrochage du titre Equifax à la Bourse.

M. Ying est le premier dirigeant d'Equifax mis en examen et poursuivi dans cette affaire. Le Procureur fédéral de Géorgie (sud-est) a annoncé des poursuites pénales en son encontre.

«Comme indiqué dans notre plainte, Ying a utilisé des informations confidentielles concluant que son entreprise avait été affectée par un vol massif de données et a liquidé ses titres avant que la nouvelle ne soit rendue publique», fustige Richard Best, un des responsables de la SEC basé à Atlanta (sud-est). «Les dirigeants d'entreprises au courant des informations confidentielles incluant des intrusions informatiques ne peuvent les utiliser à leur seul avantage financier».

Equifax, qui récolte et analyse les données personnelles de clients qui sollicitent un crédit, avait révélé début septembre une intrusion de mi-mai à fin juillet dans ses bases de données. Les informations personnelles (noms, numéros de sécurité sociale, dates de naissance...) de plus de 147 millions de clients aux États-Unis principalement, mais aussi dans d'autres pays comme le Canada et le Royaume-Uni, avaient été dérobées.

Des enquêtes et des recours juridiques en nom collectif (class action) ont été ouverts.

Outre le piratage lui-même, les enquêteurs s'interrogent aussi sur la vente d'actions par certains cadres dirigeants dans les jours ayant suivi la découverte de l'attaque fin juillet 2017.

Le PDG du groupe Richard Smith a démissionné fin septembre, après deux responsables de la sécurité.

Le piratage pourrait coûter plus de 150 millions de dollars à l'entreprise, avait évalué en novembre Equifax, qui a connu une désaffection de ses clients.




Les plus populaires : Affaires

Tous les plus populaires de la section Affaires
sur Lapresse.ca
»

Autres contenus populaires

la boite:219:box
image title
Fermer