Desjardins n'est pas «là juste pour les riches», dit le nouveau président

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Questionné par La Presse, Guy Cormier ne s'est pas engagé à mettre fin à ces fermetures de points de service pendant son mandat de quatre ans.

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Le Mouvement Desjardins n'est pas « là juste pour les riches », a martelé hier le nouveau président Guy Cormier, en réponse aux durs propos tenus par l'ex-PDG Claude Béland, le mois dernier, contre la coopérative. Le jeune dirigeant, entré officiellement en fonction samedi en assemblée générale, promet que Desjardins va redevenir « premier dans le coeur des gens » pendant son mandat.

Sous la gouverne de sa prédecesseure Monique Leroux, plus de 200 caisses et points de service ont fermé leurs portes depuis 2010, dont trois cette semaine en Haute-Côte-Nord. Ces fermetures en série ont provoqué la colère de bien des membres de la coopérative dans les régions du Québec. Une colère dont a fait écho Claude Béland dans une rare sortie publique à Radio-Canada où il avait dénoncé la « culture bancaire » de Desjardins.

« Je comprends la réaction des gens. J'ai travaillé 17 ans dans une caisse. Ce n'est jamais, jamais, jamais une décision plaisante pour nos membres de conseil d'administration de prendre cette décision pour transformer l'évolution d'un point de service », s'est défendu Guy Cormier, lors d'une conférence de presse tenue à la fin de l'assemblée générale à laquelle 2000 membres ont pris part au Palais des congrès de Montréal.

Questionné par La Presse, Guy Cormier ne s'est pas engagé à mettre fin aux fermetures de points de service. « Il est clair que sous mon mandat le Mouvement Desjardins va continuer d'évoluer, il va continuer d'évoluer en fonction de l'utilisation que les membres font de leur coopérative », a-t-il déclaré, sans jamais prononcer le mot « fermeture ». Selon le nouveau PDG, le développement régional ne passe pas « seulement par la présence de caisses en région », mais par des initiatives comme le soutien des entrepreneurs et des jeunes, une des priorités de son mandat.

Guy Cormier a rappelé que 30 % des points de service de Desjardins se trouvaient dans des villages de moins de 5000 habitants, contrairement aux banques. « Dans une banque, la finalité, c'est le rendement des actionnaires. Et l'un des moyens qu'ils ont trouvés, c'est de servir des clients. Chez Desjardins, la finalité, c'est de servir les membres. L'un des moyens que l'on a trouvés, c'est de faire de l'argent, de générer des excédents. Ça, c'est une différence fondamentale » a souligné Guy Cormier, qui a été élu par les délégués le 19 mars dernier.

Les sommes remises aux membres en ristourne ont plongé de moitié depuis trois ans chez Desjardins, notamment pour renforcer la capitalisation de la coopérative. L'an dernier, 154 millions avaient été distribués aux membres, contre 305 millions en 2012. L'avenir des ristournes a d'ailleurs été le sujet central d'un congrès d'orientation de Desjardins en septembre dernier.

Guy Cormier est resté très prudent sur ce sujet « tellement important », précisant que ce n'était pas à lui de décider de l'avenir des ristournes. « Ce n'est pas Guy Cormier tout seul qui va arriver au conseil d'administration et qui va dire : moi ce matin, j'ai décidé qu'il n'y avait pas de ristourne. On est un mouvement démocratique, coopératif », a-t-il affirmé.

Le nouveau président du Mouvement Desjardins a dit partager la vision des délégués du dernier congrès sur la question des ristournes. « Quand je regarde le vote que les gens ont pris en septembre dernier, on n'était pas dans une finalité de mettre fin à nos ristournes, on était dans une finalité de la faire évoluer et en faire bénéficier encore plus de membres », a-t-il ajouté.

Pour sa dernière allocution en tant que présidente, Monique Leroux a souligné les grandes réalisations de ses huit années à la tête du Mouvement Desjardins. Arrivée en pleine tempête financière, en 2008, Monique Leroux a rappelé qu'elle avait été obligée de faire « des choix » en établissant notamment un « meilleur équilibre dans le partage de nos excédents ».

 « Grâce à tous nos efforts, le Mouvement Desjardins repose aujourd'hui sur des fondations encore plus solides. Des fondations qui permettront de résister aux tempêtes, petites ou grandes, qui pourraient frapper à nouveau», a-t-elle affirmé devant une salle bondée.




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