Le PDG de la Laurentienne sort de l'ombre

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Le PDG François Desjardins va présenter aujourd'hui les résultats de fin d'exercice et les perspectives de la Banque Laurentienne pour la prochaine année.

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Richard Dufour

Le nouveau PDG de la Banque Laurentienne (T.LB) se fait entendre aujourd'hui pour la première fois depuis qu'il est devenu, cet automne, le grand patron de l'institution financière québécoise.

Même si la banque n'a pas la faveur des analystes, les investisseurs ont bien appuyé le nouveau patron dans les derniers mois, et certains experts s'attendent à ce que François Desjardins fasse preuve de mordant lorsqu'il expliquera sa stratégie aujourd'hui.

Il présentera les résultats de fin d'exercice, les perspectives de la Laurentienne pour la prochaine année et devrait notamment annoncer que le dividende trimestriel est bonifié de 4%, à 58 cents par action. «Je m'attends à ce qu'il dévoile un plan stratégique de croissance plus agressif», dit l'analyste Meny Grauman, de la firme Cormark Securities.

Équipe renouvelée

Les observateurs ont pu avoir un avant-goût du plan stratégique de François Desjardins cet automne. Sa première grande décision est tombée au début d'octobre, un mois avant son entrée formelle au poste de PDG. Une quinzaine de hauts dirigeants, dont des membres du comité de direction, ont quitté la banque. Le premier morceau du plan était de changer la structure autour du nouveau PDG et dans les unités d'affaires. La taille du comité de direction a ainsi été ramenée de neuf à six personnes.

Au comité exécutif, le nouveau patron, qui a eu 45 ans le week-end dernier, est maintenant entouré d'une équipe presque entièrement renouvelée. Tous les membres du comité de direction, sauf un, occupent des nouvelles fonctions depuis l'été.

François Desjardins est qualifié d'«agent de changement et d'opérateur avec une vision» par un ex-dirigeant de banque qui le connaît bien, mais qui demande à ne pas être identifié. «Il a fait tous les échelons et connaît très bien la banque. Surveillez-le, il va se passer quelque chose à la Laurentienne.»

En toute discrétion

Même si l'annonce de sa nomination date de l'hiver et qu'il a officiellement succédé à Réjean Robitaille le mois dernier, François Desjardins s'est fait plutôt discret et a jusqu'ici décliné les demandes d'entrevue de La Presse.

En septembre, il avait brièvement pris la parole lors de la conférence téléphonique avec les analystes qui servait à faire le point sur les résultats du troisième trimestre. Il disait alors avoir bien hâte de s'attaquer au défi de «bâtir la prochaine grande banque canadienne».

Poussée boursière

Le cours boursier pourrait indiquer que les investisseurs ont de grandes attentes envers François Desjardins. L'action de la Laurentienne a touché un nouveau sommet la semaine dernière et présente, de loin, la meilleure performance boursière cette année parmi les banques au pays, avec une progression de près de 10%.

À titre de comparaison, le sous-indice bancaire canadien montre un repli d'environ 8% en 2015.

La récente poussée boursière de la Laurentienne s'est effectuée à l'image de son nouveau PDG, c'est-à-dire dans une relative discrétion. L'action s'est appréciée sans l'aide de Bay Street. De la mi-août jusqu'au 20 novembre, aucun analyste n'a recommandé l'achat de l'action, alors que le titre a bondi de 20%. Deux des 10 analystes suggèrent de vendre le titre. La première recommandation d'achat, et c'est encore la seule en date d'aujourd'hui, n'est arrivée qu'il y a trois semaines.

Chez Barclays, John Aiken, qui recommande la vente de l'action de la Laurentienne depuis le mois de janvier, associe la belle performance boursière du titre à son aspect «défensif», notamment en raison du fait que le portefeuille de prêts de la Laurentienne n'a aucune exposition au secteur gazier et pétrolier.

Diplômé de HEC Montréal, François Desjardins a occupé plusieurs postes à la Banque Laurentienne depuis son embauche il y a 25 ans.

Son premier emploi à la banque était comme caissier dans le réseau de succursales en 1991, alors qu'il était encore étudiant. Il a rapidement gravi les échelons par la suite et occupé plusieurs postes de gestion.

Il a obtenu un titre de vice-président avant d'avoir 30 ans et il est devenu patron de B2B Banque, une filiale de la Laurentienne pour les conseillers financiers et les courtiers canadiens, à l'âge de 33 ans.

Un an plus tard, il décrochait le titre de vice-président exécutif de la Banque Laurentienne et accédait au comité de direction, qui définit les orientations stratégiques de toute l'institution financière.




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