Dur lendemain de veille pour la Banque Nationale

La déprime du secteur de l'énergie a un... (Photo Graham Hughes, archives La Presse Canadienne)

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La déprime du secteur de l'énergie a un impact sur le secteur bancaire en général, et en particulier sur la Banque Nationale.

Photo Graham Hughes, archives La Presse Canadienne

Richard Dufour

La Banque Nationale a traversé sa plus douloureuse séance boursière de l'année hier après avoir annoncé en fin de journée jeudi une importante émission d'actions et l'abolition de «quelques centaines» d'emplois.

Les marchés ont réagi avec vigueur et l'action de l'institution financière québécoise a perdu un peu plus de 5% de sa valeur boursière hier pour clôturer à 40,89$, un peu plus près de son plancher des 52 dernières semaines. Le rendement de son dividende a été poussé à plus de 5%. La séance d'hier a vu le plus fort volume de transactions enregistré jusqu'ici cette année sur le titre de la Nationale.

Avant hier, le plus important recul boursier enregistré par le titre de la Nationale cette année avait été un plongeon de 4,9% le 5 janvier, dans la foulée de la déroute du prix du baril de pétrole sur les marchés.

La déprime du secteur de l'énergie a un impact sur le secteur bancaire en général, et en particulier sur la Banque Nationale. Cette dernière est la plus concernée des grandes banques au pays avec une exposition directe au secteur de l'énergie qui se chiffre à plus de 3 milliards de dollars.

Hier, les actionnaires ont semblé peu apprécier la dilution qui sera causée par l'émission d'un peu plus de 7 millions d'actions à un prix 3% inférieur au cours de clôture affiché jeudi. L'émission d'actions augmentera de 2% le nombre de titres en circulation.

Pour refléter l'impact de l'opération, Kevin Choquette, du Credit Suisse, réduit ses prévisions de profits par action pour les exercices 2016 et 2017 à 4,90$ et 5,15$, alors qu'elles étaient respectivement de 5$ et 5,25$.

L'émission d'actions fera passer le ratio de capitaux propres de la banque à 9,8%. Le ratio s'élevait précédemment à 9,5%, ce qui était le plus faible parmi les grandes banques canadiennes et restera inférieur à la moyenne du groupe de 10,2%.

D'autres facteurs ont aussi contribué au repli de 6% observé au cours de la dernière séance de la semaine.

«La mise à jour du marché américain de l'emploi publiée hier matin et le ton général adopté par le marché ont eu un impact sur les titres bancaires de façon générale hier», observe un analyste qui demande à ne pas être identifié.

Cet expert mentionne par ailleurs que les investisseurs commencent à se demander si d'autres institutions financières canadiennes pourraient devoir procéder à une émission d'actions comme la Banque Nationale vient de le faire.

Enfin, dans l'éventualité où la participation de 25% de la Banque Nationale dans la firme Maple Financial Group devait être radiée entièrement, l'impact serait d'environ 13 points de base sur le ratio de fonds propres de la Nationale.

Kevin Choquette fait remarquer que c'est l'équivalent de 50 cents par action dans les résultats de la Banque Nationale.

Le mois dernier, les autorités allemandes ont effectué une perquisition dans des locaux liés à Maple Bank dans le cadre d'une enquête pour évasion fiscale et blanchiment d'argent. Avant cette nouvelle, la Banque Nationale évaluait son investissement dans Maple à 165 millions de dollars.

Cette radiation potentielle du placement dans Maple est un des facteurs qui poussent Kevin Choquette à abaisser son cours cible de 8%.

Il est difficile de savoir ce que pensent les analystes des récents développements entourant la Banque Nationale. Ils sont plusieurs à ne pas avoir le droit de se prononcer, ni pour leurs clients, ni pour les médias, tant que l'émission d'actions n'est pas terminée puisque les firmes pour lesquelles ils travaillent participent à l'opération.




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