BNP Paribas licencie de quatre à sept courtiers aux É.-U.

La banque française, qui a fait de l'Amérique... (Photo Charles Platiau, Archives Reuters)

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La banque française, qui a fait de l'Amérique du Nord sa priorité, a écopé d'une amende de près de neuf milliards de dollars fin juin aux États-Unis pour avoir violé des embargos américains contre l'Iran, le Soudan et Cuba.

Photo Charles Platiau, Archives Reuters

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Agence France-Presse
NEW YORK

La banque française BNP Paribas va se séparer de quatre à sept courtiers aux États-Unis dans le cadre d'une réorganisation de ses activités de financement des entreprises et de courtage, a-t-on appris jeudi de sources proches du dossier.

Ces courtiers font partie de l'activité de courtage des obligations risquées ou «Junk-bond» émises par des entreprises, un créneau sur lequel BNP Paribas s'est beaucoup développée après la crise financière, selon ces sources qui ont requis l'anonymat.

La banque ne se désengage pas pour autant de cette activité qui se porte bien en raison d'un excès de liquidités sur les marchés et de taux d'intérêt bas qui rendent le coût de la dette dérisoire.

Parmi les courtiers qui quittent la banque se trouve Michael Dowdell, qui dirigeait ce service, selon ces sources.

Contactée par l'AFP, BNP Paribas, qui cherche à redorer son image aux États-Unis depuis plusieurs mois avec notamment des campagnes de pub dans les médias, s'est refusée à tout commentaire.

Les départs sont liés à des doublons constatés dans le cadre de la mise en place d'une gouvernance unique pour l'ensemble des activités de marchés annoncée jeudi par BNP Paribas, selon les sources.

Outre les activités de marché, BNP Paribas a réorganisé toute sa banque de financement et d'investissement. Celle-ci sera désormais baptisée division «clients entreprises et clients institutionnels» (fonds spéculatifs, assureurs, fonds d'investissements, États...), selon un communiqué.

BNP Paribas a conforté certains dirigeants, mais surtout promu un haut banquier, Yann Gérardin, qui devient le nouvel homme fort des marchés. M. Gérardin, 52 ans, diplômé de HEC, est un spécialiste des produits dérivés qui a rejoint BNP Paribas en 1987.

Il remplace Frédéric Janbon, qui dirigeait les très lucratives activités de «Revenus fixes» (courtage des obligations, des changes et des matières premières) et récupère aussi le courtage des actions.

Malgré la nouvelle réorganisation, M. Gérardin garde également les fonctions de patron de la banque de financement et d'investissement qu'il occupait depuis septembre. Il avait remplacé Alain Papiasse, nommé directeur général délégué du groupe.

Quant à M. Janbon, il devient «chargé de mission» auprès de la direction, selon le communiqué.

«L'industrie bancaire est en pleine évolution, et pas uniquement en matière de réglementation», déclare M. Gérardin, ajoutant que la nouvelle organisation allait permettre à BNP Paribas de «simplifier» sa structure et de «renforcer notre capacité à atteindre les objectifs de nos plans de développement annoncés plus tôt cette année».

Ce plan stratégique 2014-2016 prévoit une hausse d'au moins 10% du chiffre d'affaires et de la rentabilité financière (ROE) ainsi que des économies de 2,8 milliards d'euros.

La banque française, qui a fait de l'Amérique du Nord sa priorité, a écopé d'une amende de près de neuf milliards de dollars fin juin aux États-Unis pour avoir violé des embargos américains contre l'Iran, le Soudan et Cuba.

Dans cette affaire, une douzaine de banquiers dont son directeur général délégué, Georges Chodron de Courcel, ont été nommément mis en cause par le régulateur des services financiers (DSF) de New York, Benjamin Lawsky. Ils ont quitté la banque depuis.




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