Les caisses populaires prennent de plus en plus de place sur la scène bancaire canadienne et pourraient éventuellement représenter une menace pour les grandes banques, prévient une étude rendue publique mardi par l'agence américaine Moody's.

Les caisses populaires rassemblent actuellement 16% des dépôts canadiens et 19% des hypothèques résidentielles, deux chiffres qui seraient susceptibles d'augmenter au fil des années.

L'agence de notation ajoute que la croissance des caisses populaires dépendra aussi de leur capacité à gérer le risque, au fur et à mesure que leurs modèles d'affaires deviendront de plus en plus complexe.

L'auteur du rapport, l'analyste Ali Mozaffari, rappelle que les caisses populaires offrent les mêmes services et produits que les grandes banques, mais qu'en plus elles versent des dividendes en cas de profit, ce qui les rend attrayantes aux yeux des consommateurs.

Le secteur des caisses populaires est aussi en pleine centralisation, en raison des besoins de financement des caisses individuelles et de la demande des consommateurs pour davantage de services.

En mars 2010, rappelle l'étude, le gouvernement canadien a dévoilé son intention de présenter une loi permettant aux caisses populaires de s'incorporer en tant qu'entités fédérales, ce qui leur permettra de créer des réseaux nationaux. Moody's croit que cela stimulera leur développement, puisque les caisses ne peuvent actuellement s'incorporer qu'en tant qu'entités provinciales.

M. Mozaffari explique que les banques peuvent offrir à leurs clients des services à travers le pays, et que la nouvelle loi pourrait permettre aux caisses populaires d'acquérir une présence nationale.

Ultimement, conclut-il, un nombre plus petit de caisses populaires centralisées pourrait représenter un défi stratégique à long terme pour les banques canadiennes.

Moody's croit que si les caisses populaires se regroupent, simplifient leurs opérations, mettent sur pied des réseaux nationaux et augmentent leur offre de produits et services, elles pourraient accroître leur part du marché canadien des services financiers.