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Microsoft déménage ses 200 employés dans le Mile-Ex

La Presse a appris que Microsoft s'est entendue... (photo Pichi Chuang, archives reuters)

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La Presse a appris que Microsoft s'est entendue sur un bail de 32 000 pieds carrés dans la rue Waverly, à l'angle de l'avenue Beaumont.

photo Pichi Chuang, archives reuters

André Dubuc
André Dubuc
La Presse

Microsoft s'en va dans le Mile-Ex. Le géant de l'informatique, qui exploite un laboratoire de recherche en intelligence artificielle à Montréal, rejoint ainsi Element AI et l'Institut des algorithmes d'apprentissage de Montréal (MILA) dans le quartier par excellence de l'intelligence artificielle à Montréal.

La Presse a appris que Microsoft s'est entendue sur un bail de 32 000 pieds carrés dans la rue Waverly, à l'angle de l'avenue Beaumont. Le contrat de location est d'une durée de sept ans avec des options pour ajouter six années additionnelles au bail. Les travailleurs occuperont les 3e et 4e étages du 6830, rue Waverly, selon le document que La Presse a consulté.

La société fondée par Bill Gates emploie actuellement 200 personnes à Montréal, lesquelles occupent trois étages au 2000, avenue McGill College, au centre-ville.

REFAIT À NEUF

Tout porte à croire que les propriétaires de l'immeuble de la rue Waverly, Canderel et son partenaire financier Claridge, construiront un immeuble flambant neuf ou qu'ils le rénoveront de bout en bout pour la multinationale. Ils ont acheté la bâtisse délabrée en mars dernier pour 4,55 millions et, depuis, le promoteur a contracté deux hypothèques pour un montant total de 52,5 millions, selon les actes enregistrés au registre foncier.

Le déménagement est prévu le 1er juillet 2019 ou le 1er janvier 2020.

Nos appels chez Canderel et Microsoft n'ont pas permis d'obtenir plus d'informations.

La présence de Microsoft à Montréal a pris du tonus en janvier 2017 quand elle a acheté Maluuba, un laboratoire en apprentissage profond, la branche la plus en vue de l'intelligence artificielle (IA). Celui-ci comptait alors une cinquantaine d'ingénieurs dans ses bureaux de Montréal et de Waterloo, en Ontario.

Rapidement, Microsoft promettait de doubler la taille du laboratoire montréalais tout en s'engageant à verser une subvention de 5 millions à l'Université de Montréal et de 1 million à l'Université McGill.

Microsoft a embauché Yoshua Bengio, directeur du MILA, comme conseiller pour l'équipe IA de Microsoft. Le chercheur accomplissait la même chose pour Maluuba.

En juillet 2017, la société américaine fermait le bureau de Waterloo, là où Maluuba a vu le jour en 2011. Tous ses chercheurs, sauf exception, sont déménagés à Montréal.

En janvier 2018, Microsoft annonçait la nomination de Geoffrey Gordon comme directeur de la recherche du laboratoire. M. Gordon arrive de l'Université Carnegie Mellon, à Pittsburgh, où il était professeur en apprentissage artificiel.

À TROIS MINUTES À PIED DU MILA ET DE L'IVADO

Avec son nouvel emplacement, les chercheurs de Microsoft se trouveront à trois minutes de marche du 6666, Saint-Urbain, appelé l'O Mile-Ex, plus grand « hub » d'entreprises en intelligence artificielle du pays et probablement la plus grande concentration de chercheurs dans ce secteur au monde, selon son propriétaire TGTA. On y retrouve notamment le MILA, l'IVADO, Element AI, Thales et Borealis AI de la Banque Royale.

Le partenaire financier de Canderel dans le projet de Microsoft, Claridge, n'en est pas à ses premiers liens avec le secteur de l'intelligence artificielle. Le PDG de Claridge, Pierre Boivin, agit comme coprésident du comité d'orientation pour la création de la grappe québécoise en IA.

D'ailleurs, le 21 juin dernier, le comité d'orientation a présenté sa stratégie pour l'essor de l'écosystème québécois en intelligence artificielle en présence de la ministre de l'Économie, Dominique Anglade. Il y est question du Complexe O Mile-Ex comme catalyseur de l'essor en IA. Le comité souhaite y établir dans son voisinage immédiat une concentration de ressources en IA, qui « favorisera la création d'un écosystème d'innovation en IA dynamique, en suscitant la collaboration, et en stimulant l'innovation et le transfert technologique ».

« Depuis un an et demi, l'intelligence artificielle est devenue le meilleur argument de vente pour attirer des entreprises étrangères à Montréal », dit Stéphane Paquet, vice-président aux investissements étrangers de Montréal International (MI), que La Presse a contacté pour avoir une idée de l'effervescence que connaît le domaine. Environ le tiers des investisseurs potentiels en 2018 s'inscrivent dans cette filière, indique-t-il. En 2017, 11 des 48 dossiers conclus auxquels a collaboré MI touchaient à l'intelligence artificielle.




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