Dur hiver pour les stations de ski

Du côté des Laurentides aussi, la saison s'est... (Photo Martin Chamberland, archives La Presse)

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Du côté des Laurentides aussi, la saison s'est jouée en mars et en avril.

Photo Martin Chamberland, archives La Presse

André Dubuc
André Dubuc
La Presse

Une semaine de Noël à l'eau et un mois de février glacial ont nui à l'achalandage des 74 stations de ski du Québec. Cependant, la relâche scolaire et un printemps offrant des conditions de glisse exceptionnelles ont sauvé l'hiver, selon le bilan préliminaire qu'a pu dresser La Presse Affaires.

«Tout nous indique que la saison sera en dessous de la moyenne des 10 dernières saisons», prévoit Josée Cusson, de l'Association des stations de ski du Québec (ASSQ).

«Le coeur de la saison, janvier et février, représente 40% de l'achalandage de la saison. Or, ce coeur de la saison a souffert de grands froids soutenus», ajoute-t-elle.

2015 a connu le mois de février le plus froid en 115 ans.

«Ce facteur [le froid polaire], à lui seul, a causé un préjudice à la saison, croit Roger Laroche, chroniqueur ski et titulaire du site web carnetdeski.com. La fin de saison fut la période de ski la plus agréable de l'hiver, mais beaucoup de skieurs avaient déjà décroché», note l'ex-journaliste de Radio-Canada.

On dénombre en moyenne 6 474 000 jours-ski par an au Québec. Les résultats officiels de la saison 2014-2015 seront dévoilés au congrès de l'ASSQ au début de juin. Tour d'horizon des principales stations.

Saison satisfaisante à Bromont

La station qui fête ses 50 ans connaît un achalandage semblable à la moyenne des cinq dernières années, soit 650 000 jours-ski au terme d'une saison de 150 jours qui se conclura le 19 avril. «Un bilan satisfaisant, dit Carole-Anne Ménard, directrice du marketing à Ski Bromont, grâce à une fin d'année qui se termine sur une note positive.»

L'offensive marketing du côté ontarien a donné ses premiers fruits avec 300 abonnés quatre saisons et la vente de 1200 billets de ski. «La stratégie est d'aller chercher un nouveau marché qui permettra éventuellement des investissements supplémentaires dans la montagne et de faire en sorte que Bromont devienne une destination.»

On a évité le pire à Saint-Bruno

«On a eu chaud, c'est toujours mauvais quand on perd le début de saison», dit Michel Couture, PDG de Ski Saint-Bruno.

À partir de la semaine de relâche, les conditions ont été exceptionnelles, ce qui a permis à M. Couture de faire le plein d'abonnements pour l'an prochain. Le centre a fermé le 5 avril, ce qui a donné une saison de 132 jours et de 300 000 jours-ski. La station injectera un demi-million de dollars en améliorations du domaine skiable avec comme objectif d'ajouter 2000 élèves à son école de glisse.

Au Québec, l'achalandage a crû de 10 à 15% pendant les trois semaines de relâche scolaire (États-Unis, Québec et Ontario) par rapport à l'an passé, d'indiquer Mme Cusson.

Du côté des Laurentides, aussi, la saison s'est jouée en mars et en avril. «Les familles à la relâche étaient au rendez-vous», dit Pierre-Alexandre Legault, conseiller communications et relations publiques de Station Tremblant. Le centre tient son dernier week-end de ski les 18 et 19 avril.

Dans Charlevoix, la neige a été moins abondante que d'habitude, tandis que le froid a été aussi mordant qu'ailleurs. Là aussi, la saison a pris son envol avec la relâche, explique Katherine Laflamme, attachée de presse du Massif de Charlevoix.

Les centres Stoneham, Mont-Saint-Anne et le Massif se sont unis pour offrir les billets multistations Sommets du Saint-Laurent. Le billet permet à son détenteur de skier à l'une ou l'autre des montagnes. L'initiative a obtenu une très bonne réponse, déclare Mme Laflamme.

Le Massif a conclu une entente semblable avec le Mont Grand-Fonds. En janvier 2016, les abonnés pourront skier, de façon illimitée, sur les deux montagnes. Mont Grand-Fonds a connu l'une de ses belles saisons avec plus de 40 000 jours-ski, une hausse de 10% de l'achalandage en un an. Le domaine skiable passera de 14 à 21 pistes l'hiver prochain.

Un équipement qui prend de l'âge

La saison 2015 a aussi été marquée par une série d'incidents impliquant les remonte-pentes. «On parle d'une huitaine d'événements qui n'ont pas eu de conséquences malheureuses, dit M. Laroche. C'est quand même symptomatique d'un parc de remontées mécaniques qui est vieillissant.»

Mont-Sainte-Anne a connu trois incidents avec ses remontées mécaniques, durant l'hiver. Ceux-ci ne semblent pas avoir eu d'effet sur l'achalandage, la station connaissant un hiver semblable au précédent. «On est très satisfaits, car février a été froid», dit Lisa Marie Lacasse, chef du service des communications de Mont-Sainte-Anne. Son centre de ski de fond, le plus vaste en Amérique du Nord, a connu sa meilleure année depuis 2009 avec une hausse de l'achalandage de 7%.

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L'INDUSTRIE DU SKI AU QUÉBEC

> 74 stations de ski

> 6 474 000 jours-ski (moyenne annuelle de 10 ans)

> 1,4 million de skieurs

Source: ASSQ




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