Trois PME dans le radar pour 2015

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Trois personnalités d'affaires de Montréal signalent des PME qui, tout en étant à différentes étapes de leur évolution, ont de beaux moments devant eux en 2015.

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Andrei Ugla

PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE

SmartReno: des «courtiers» en construction

(Jean-François Codère) - À première vue, ce n'est pas difficile de trouver un entrepreneur pour un projet de rénovation à domicile. Les Pages jaunes en sont pleines. Mais justement, lequel choisir, particulièrement dans un milieu pas nécessairement réputé pour sa probité sans faille? C'est là qu'intervient SmartReno, anciennement connue sous l'appellation TrouveMoiUnPro.com.

Les projets de rénovation soumis par les visiteurs du site sont analysés par des employés, qui les renvoient vers une banque d'entrepreneurs qu'elle construit avec soin. Trois d'entre eux seront autorisés à entrer en contact avec le client pour amorcer un processus de soumission.

Environ 20 000 projets lui ont ainsi été soumis cette année, pour une valeur cumulative de 75 millions. C'est pratiquement le double des chiffres de 2013.

Lancée en avril 2012, l'entreprise a consacré l'année 2014 à amorcer son internationalisation, après avoir changé son nom à l'automne 2013 justement dans cet objectif.

Ainsi, on a lancé une version allemande en milieu d'année, avec l'embauche d'un employé à Munich.

«Nous voulions tester l'Europe, où il n'y a pas beaucoup de compétition et où le marché est encore plus grand que les États-Unis», explique le président de SmartReno, Andrei Uglar.

«Nous réussissons très bien à attirer l'attention jusqu'à présent.»

La force du concept de SmartReno est justement d'être universel, juge M. Uglar.

«C'est la même chose partout avec la rénovation, on ne sait jamais par où commencer, donc on ne fait souvent rien. En plus, les prix sont très opaques. Quand on achète un ordinateur portable, le prix est clair. Quand on veut faire finir le sous-sol, on peut avoir des soumissions à 5000$, 10 000$ et 12 000$ et ça laisse beaucoup de questions. Est-ce que celui à 5000$ est assuré? Est-ce qu'il va être en retard? Ce n'est pas toujours un monde fiable et c'est vrai autant à Montréal qu'à Toronto, au Minnesota ou en Allemagne.»

En 2015, SmartReno veut y aller de façon plus énergique dans son exportation vers les grandes villes canadiennes.

«Nous y avons déposé les fondations en 2014, là nous allons accélérer. Une grande partie de notre modèle d'affaires, c'est d'optimiser notre réseau d'entrepreneurs. Trouver 30 couvreurs à Montréal, ce n'est pas difficile. C'est d'en trouver 30 bons. Nous passons beaucoup de temps à filtrer. Notre proposition de valeur, c'est de suggérer des entrepreneurs de confiance; 2015, c'est l'année où notre service va prendre toute sa valeur dans ces villes canadiennes, parce qu'on aura un réseau de qualité.»

Les projets ne manquent pas. La France, l'Angleterre, la Suède, la Finlande, le Danemark et la Norvège pourraient être abordés durant l'année.

Avec tous ces projets, SmartReno veut encore doubler, voire tripler ses revenus en 2015.

SmartReno

Fondation:  2012

Chiffre d'affaires: n.d.

Mission : Un site pour trouver des entrepreneurs en construction prêts à réaliser nos projets à la maison.

Effectif: Andrei Uglar et sept employés

«SmartReno est en croissance rapide. Elle est à surveiller parce que ce modèle a déjà beaucoup de succès aux États-Unis et c'est une question de temps avant que les Canadiens utilisent ce genre d'outil pour planifier leurs travaux de rénovation.»

- Daniel Robichaud, entrepreneur en série et fondateur de PasswordBox et investisseur dans SmartReno

Guillermo Alonso Junior, président d'Alta Précision.... (Photo André Tremblay, La Presse) - image 3.0

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Guillermo Alonso Junior, président d'Alta Précision.

Photo André Tremblay, La Presse

Alta précision: des décisions d'impact

(Marie Tison) - C'était au milieu des années 2000. En rencontrant le responsable des achats chez le fabricant de trains d'atterrissage Goodrich, à Cleveland, Guillermo Alonso Junior espérait décrocher des contrats pour sa petite entreprise d'usinage, Alta Précision.

Il a plutôt subi une douche froide.

«Des ateliers d'usinage, il y en a à la pelle, lui a lancé Robert Krowiak. D'accord, vous pouvez fabriquer de grosses pièces. D'accord, vous faites de la qualité. D'accord, vos prix sont bons. Mais qu'est-ce qui vous distingue des autres?»

M. Alonso est revenu à Montréal avec la ferme intention de trouver un moyen de se démarquer. L'occasion s'est présentée avec l'acquisition de 50% de Tekalia, une petite entreprise montréalaise de traitement de surface.

Cette participation confère plusieurs avantages à Alta Précision, comme un «passage efficace» dans le système et un support technique, notamment lors de la conception des pièces.

Guillermo Alonso est retourné à Cleveland.

«Et là, les portes se sont ouvertes», se rappelle le président d'Alta Précision.

Au cours des années, la petite entreprise a pris une série de décisions stratégiques qui lui ont permis de se faire une place au sein de l'industrie aéronautique.

L'entreprise d'Anjou a décidé de se concentrer dans le secteur des trains d'atterrissage, ce qui implique notamment l'usinage de grosses pièces.

«Il y a une complexité additionnelle, des coûts additionnels, ça élimine beaucoup de compétition.»

Alta Précision a également décidé de prendre un virage international.

M. Alonso avoue qu'il a parfois douté. Faire du développement à l'étranger, ça coûte cher.

«Au Québec, on a cette sécurité d'avoir de gros donneurs d'ordre locaux, note-t-il. Chez Alta, pendant 20-25 ans, ils ont été une source de revenus quasiment garantis.»

Or, Alta avait vu venir une nouvelle tendance: le fait pour les donneurs d'ordre de confier d'importants mandats à des intégrateurs, et donc de cesser de faire affaire directement avec les petits fournisseurs.

«Nous nous sommes dit qu'il fallait se faire des contacts avec ces intégrateurs, sinon, nous risquions de nous retrouver les culottes baissées.»

Alta Précision compte maintenant une dizaine de clients et participe à plusieurs programmes importants, comme le Boeing 787, le Boeing 777, l'Airbus A350, la CSeries et l'Embraer E2.

Elle doit quand même faire face à une série de défis, à commencer par le financement. Elle s'est associée avec Desjardins Capital de risque. Pas question d'un premier appel public à l'épargne.

«Nous sommes trop petits!»

L'automatisation constitue un autre défi.

«Notre chiffre d'affaires devrait doubler d'ici cinq ans mais notre personnel ne va pas doubler, affirme M. Alonso. Il devrait augmenter de 20 à 25%. Nous allons automatiser de plus en plus les procédés.»

Le recrutement de machinistes demeure également un gros défi. Le travail d'usine n'a pas la cote.

«On pense que les ateliers d'usinage, c'est sale, c'est noir, lance-t-il. Mais ici, c'est clair, c'est climatisé, c'est propre. Revenez ici dans six mois, les gens vont travailler en sarrau blanc.»

Alta Précision

Fondation: 1979

Chiffre d'affaires: entre 20 et 30 millions

Proportion du secteur militaire: 25%

Proportion du secteur civil: 75%

Effectif: 105 employés

«Ce sont des gens qui ont réfléchi à leurs affaires. Ils sont bien alignés sur l'exportation, sur le fait de sortir du Québec, d'aller ailleurs. J'ai toujours dit aux PME d'arrêter de viser uniquement Bombardier et Pratt&Whitney Canada. Il faut sortir de la province, prendre ses valises et aller cogner aux portes.»

- Gilles Labbé

Marie-Claude Bienvenue, directrice principale du Québec, au centre... (PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE) - image 4.0

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Marie-Claude Bienvenue, directrice principale du Québec, au centre de distribution. 

PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE

Club des petits déjeuners: un OSBL en pleine expansion

(Martin Vallières) - Les défis de gestion de PME qui aspirent à croître et à valoriser leurs activités ne se retrouvent pas que dans le milieu des affaires.

Dans l'important secteur de l'économie sociale, nombre d'entreprises à but non lucratif prennent de l'envergure et font face à des défis de gestion.

Un exemple: le Club des petits déjeuners, une PME sociale de Boucherville.

Fondé à Montréal en 1994, le Club fournit maintenant des repas matinaux de qualité et gratuits à 152 000 écoliers dans 1328 établissements en milieu défavorisé, partout au Canada.

Et comme toute PME qui arrive à un carrefour de son développement, c'est par une importante mise à niveau de son plan d'affaires et de ses moyens de gestion que le Club vient de souligner son 20e anniversaire.

Mais pour son président fondateur, Daniel Germain, il s'agissait surtout de poursuivre l'expansion du Club des petits déjeuners vers d'autres milieux scolaires défavorisés.

«Dans les écoles où nous sommes impliqués, nous travaillons presque toujours avec des gens qui ont été victimes de promesses non tenues dans leur vie sociale ou personnelle. On n'a donc pas le droit d'être une autre promesse non tenue pour ces gens. Et surtout pas en raison de certaines difficultés de gestion ou de logistique que nous aurions omis de reconnaître et de corriger auparavant», explique Daniel Germain, joint par téléphone à Calgary au bureau régional du Breakfast Club, la division canadienne-anglaise du Club des petits déjeuners.

Poursuivre son expansion au Canada est d'ailleurs l'une des priorités du Club.

«Nous avons des demandes de dizaines d'écoles partout au Canada, notamment dans les communautés autochtones, où les besoins sont énormes et où nous sommes encore trop peu présents. Mais nous ne pouvons pas débarquer en improvisant», explique Marie-Claude Bienvenue, directrice générale du Club des petits déjeuners, lors d'une visite du siège social récemment réaménagé dans un immeuble commercial à Boucherville.

«Nous fournissons un service social gratuit qui, pour bien fonctionner et être le plus utile possible, dépend de l'action de milliers de bénévoles dans les écoles et d'une bonne logistique de distribution des dons en argent, en aliments et en services divers que nous obtenons de dizaines de partenaires. Grâce à la récente mise à niveau de notre gestion et de notre plan d'affaires, nous pouvons donner suite plus rapidement aux demandes des écoles, et de façon plus appropriée à chaque situation locale.»

Par ailleurs, avec une administration mieux outillée, le Club des petits déjeuners envisage de diversifier ses sources de financement, qui proviennent encore à 95% du milieu des affaires.

«Nous avons acquis un savoir-faire assez unique dans le milieu caritatif au Canada pour établir et gérer un réseau d'entreprises partenaires très fidèles. Des gens des Nations unies sont même venus voir comment nous fonctionnons sans fonds gouvernementaux, explique Daniel Germain.

«Auprès du public, cependant, nous avons encore peu de contacts autrement que par la vente d'articles promotionnels dans les entreprises qui nous commanditent. Nous souhaitons rehausser notre présence auprès du public, mais avec une approche différenciée parce que nous savons que ce public est déjà très sollicité par une variété de bonnes causes.»

Club des petits déjeuners

Fondation: 1994

Siège social: Boucherville

Bureaux régionaux: Toronto, Calgary, Vancouver, Halifax 

Budget annuel: 14 millions en dons pécuniaires, plus 2,7 millions en biens et services

Effectif: 92 employés et environ 11 000 bénévoles

«Comme entrepreneur social, l'une des forces de Daniel Germain, le président fondateur du Club des petits déjeuners, est d'avoir toujours su bien s'entourer de partenaires d'affaires et de gestion. À la Banque Nationale, le Club est devenu depuis 12 ans l'une des plus fidèles parmi la centaine de causes sociales auxquelles nous contribuons en argent et en services.»

- Lise-Anne Amyot, vice-présidente, image de marque et expérience client de la Banque Nationale, et membre du conseil d'administration du Club des petits déjeuners




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