Route de la Baie-James: Hydro-Québec sabre le budget d'entretien

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La route asphaltée longue de 620 kilomètres verra son budget annuel d'entretien amputé de 40% à partir de 2015, à la suite d'une décision unilatérale d'Hydro-Québec.

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André Dubuc
André Dubuc
La Presse

Les automobilistes qui emprunteront la route de la Baie-James l'hiver le feront à leurs risques et périls, car l'organisme qui est en charge de son entretien reconnaît qu'il ne dispose pas d'assez d'argent pour acheter et épandre les abrasifs et le sel.

Au moment où le gouvernement relance le Plan Nord, la route asphaltée longue de 620 kilomètres verra son budget annuel d'entretien amputé de 40% à partir de 2015, à la suite d'une décision unilatérale d'Hydro-Québec.

Le monopole d'État allouera 2,7 millions de dollars à cette fin en 2015, comparativement à 4,8 millions en 2014, nous apprend le rapport annuel de la Société de développement de la Baie-James (SDBJ), organisme gouvernemental qui a pour mission de favoriser le développement économique du territoire de la Baie-James. Les frais d'entretien de la route sont payés par Hydro. Elle en confie l'entretien à la SDBJ.

«Au cours de ces années, Hydro-Québec a suggéré plusieurs fois à la SDBJ de solliciter les autres utilisateurs afin que le partage des coûts reflète la juste part de l'utilisation de la route (principe de l'utilisateur-payeur)», écrit dans un courriel Patrice Lavoie, du service des affaires publiques et médias d'Hydro-Québec.

«Les discussions se poursuivent avec la SDBJ, mais HQ lui a signifié qu'elle souhaitait réduire sa contribution en 2015 au niveau représentant le tiers du budget annuel d'entretien que la SDBJ souhaite accroître à 8,2 millions de dollars», ajoute M. Lavoie.

L'état de la voie laisse à désirer à un point tel que certains chasseurs et touristes préfèrent rester dans le Sud plutôt que de se risquer à monter dans le Nord. La réduction de son budget d'entretien n'augure rien de bon quant à son aspect sécuritaire.

«À 2,7 millions, je n'ai pas d'argent pour acheter les abrasifs et le sel», dit au téléphone le président-directeur général de la SDBJ, Raymond Thibault.

La route, construite au début des années 70, avait été conçue pour une circulation à 100 km/h. Faute d'entretien, certains tronçons sont maintenant limités à 70 km/h, et même à 50 km/h. Outre les barrages du complexe La Grande, elle donne accès à la mine d'or en construction Eleonore, à des pourvoiries, à des exploitations forestières et aux villages cris.

En mai 2013, un incident a démontré sa vulnérabilité. La crue des eaux printanière a occasionné des bris majeurs à quatre ponceaux, dont l'effondrement de la chaussée au kilomètre 212.

Le précédent gouvernement a annoncé sa réfection en octobre 2013 au coût de 100 millions. Ces travaux seront financés à 85% par le Fonds de développement nordique et à 15% par Hydro-Québec.

Dans le budget libéral de juin dernier, le gouvernement a annoncé 63 millions en 2014-2015 pour un certain nombre de projets d'infrastructures dans le Nord, dont celui de la réfection de la route de la Baie-James. M. Thibault ignore pour le moment la part qui lui sera destinée.

Route de la Baie-James

> Construite dans les années 70

> Longue de 620 kilomètres, de Matagami à Radisson

> Utilisée par 55 000 véhicules par année (2011)

> Dessert une population de 11 000 personnes




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