La Caisse se porte au secours de Dessau

Dessau n'a pas encore fini de mettre en... (Photo Patrick Sanfaçon, Archives La Presse)

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Dessau n'a pas encore fini de mettre en place les changements de gouvernance réclamés par l'Autorité des marchés financiers.

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Sylvain Larocque
La Presse

Dessau ne changera pas de mains, du moins pour l'instant. La firme de génie-conseil québécoise a récemment annoncé la vente de l'une de ses principales filiales, LVM, ce qui lui permettra de se renflouer dans la foulée du départ de ses deux plus importants actionnaires, Jean-Pierre et Rosaire Sauriol.

«C'est une étape importante qu'on a franchie dans le processus de recapitalisation qui permet en fait de solutionner les enjeux de capital de Groupe Dessau», a déclaré à La Presse Affaires la porte-parole de l'entreprise, Rébecka Fortin.

Vente de LVM

LVM, qui se présente comme un «chef de file canadien en ingénierie des sols», sera rachetée par le fonds ONCAP, propriété du conglomérat torontois Onex, et la Caisse de dépôt et placement du Québec. La valeur de la transaction, qui doit être conclue cette semaine, n'a pas été divulguée.

«Par cet investissement, la Caisse participe à la création d'un important leader québécois dans son secteur», a affirmé Normand Prévost, premier vice-président aux placements privés de l'institution, dans un communiqué publié le mois dernier.

ONCAP fusionnera LVM à la firme de réhabilitation des sols EnGlobe, de Québec, qu'il a acquise en 2011 dans le cadre d'une transaction de 42 millions de dollars. Le fonds deviendra le principal actionnaire de l'entité regroupée, a indiqué Georges Szaraz, vice-président principal d'EnGlobe, au cours d'un entretien téléphonique. Les autres actionnaires seront la Caisse ainsi que des dirigeants d'EnGlobe et de LVM.

À la fin de l'an dernier, les deux firmes s'étaient disputé le contrat de décontamination de la «zone rouge» de Lac-Mégantic. C'est finalement LVM qui l'a emporté avec une soumission de 29 millions, alors qu'EnGlobe demandait 31 millions.

Le produit de la vente de LVM permet à Dessau de repousser les offres d'achat venant d'entreprises de l'extérieur. L'automne dernier, le Journal de Montréal avait rapporté que les firmes Stantec, d'Edmonton, et Amec, de Londres, étaient sur les rangs pour mettre la main sur Dessau.

Rien pour les Sauriol

Mme Fortin a assuré que les sommes que récoltera Dessau de la cession de LVM n'aboutiront pas dans les poches des frères Sauriol. Ceux-ci ont quitté l'entreprise dans la controverse il y a un an après avoir été nommés à plusieurs reprises devant la commission Charbonneau. Plusieurs autres associés de Dessau ont dû partir après que des enquêtes internes aient conclu qu'ils avaient commis des irrégularités.

On ne sait pas encore si les Sauriol retrouveront la valeur des actions dont ils ont dû se départir l'an dernier. «La convention d'actionnaires prévoit qu'au moment d'un départ, il y a un mécanisme de rachat des parts qui s'enclenche sur une période assez longue», avait indiqué l'an dernier Isabelle Jodoin, PDG de Dessau Ingénierie, au journal Les Affaires. Entre-temps, Jean-Pierre et Rosaire Sauriol «deviennent comme des créanciers, si on veut», avait précisé Mme Jodoin.

Changements de gouvernance

Par ailleurs, Dessau n'a pas encore fini de mettre en place les changements de gouvernance réclamés par l'Autorité des marchés financiers (AMF). L'été dernier, l'AMF avait interdit à Dessau de soumissionner pour des contrats publics. L'organisme a retiré l'entreprise de sa liste noire en novembre en lui imposant toutefois plusieurs conditions, dont l'ajout de trois membres indépendants à son conseil d'administration.

Jusqu'ici, deux administrateurs indépendants ont été nommés au conseil. François Roy, un ancien de la Banque Scotia et de Québecor qui siège au conseil de la Caisse de dépôt et placement, y est depuis janvier, alors que l'ex-banquier d'affaires François Gervais, qui siège au conseil de Gaz Métro, vient tout juste de s'y joindre. Les six autres membres du conseil de Dessau sont des hauts dirigeants de l'entreprise.

Le troisième administrateur indépendant sera choisi au cours des prochains mois, a indiqué la porte-parole de Dessau.

En excluant les 1400 salariés de LVM répartis dans 41 bureaux au Canada, Dessau compte quelque 3000 employés. L'an dernier, l'entreprise avait dû remercier environ 350 personnes dans la foulée de son bannissement par l'AMF. En raison des départs, le nombre d'actionnaires de Dessau est passé de 428 il y a un an à environ 350 aujourd'hui.

Quant à EnGlobe, elle compte près de 400 salariés au Canada, en France, au Royaume-Uni et en Israël. En 2010, l'entreprise a enregistré des revenus de 131 millions.




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