Une journée (presque) comme les autres chez Québecor

Depuis hier, Pierre Karl Péladeau ne peut plus... (Photo Robert Skinner, La Presse)

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Depuis hier, Pierre Karl Péladeau ne peut plus parler d'enjeux d'affaires avec la direction de Québecor.

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C'était un dimanche (presque) comme les autres chez Québecor. À quelques détails près: l'actionnaire de contrôle du plus important conglomérat de journaux du Canada, Pierre Karl Péladeau, se déclare souverainiste, se lance en politique et placera ses actions avec une fiducie sans droit de regard s'il est élu député du Parti québécois le 7 avril.

«Ça ne change absolument rien pour Québecor. C'est une surprise, mais c'est une décision personnelle [de Pierre Karl Péladeau] qui n'a rien à voir avec l'entreprise», a dit Robert Dépatie, PDG de Québecor, en entrevue à La Presse.

M. Dépatie estime que les convictions politiques de son actionnaire de contrôle n'auront aucune influence sur le cours des affaires de Québecor, le plus important propriétaire de journaux du Canada anglais (journaux Sun). «Je pense qu'il n'y a pas de conséquences si les choses sont bien faites. Et elles sont bien faites dans ce cas-ci [avec la fiducie sans droit de regard]», dit M. Dépatie, qui a succédé à M. Péladeau à titre de président et chef de la direction de Québecor en mai 2013.

M. Péladeau a démissionné hier de tous ses postes dans les divers conseils d'administration de Québecor, et s'est engagé à mettre ses actions de Québecor (73,32% des droits de vote) dans une fiducie sans droit de regard s'il est élu député. Le fiduciaire aura toutefois comme directive de ne pas vendre les actions de Québecor, que M. Péladeau pourra ainsi récupérer après sa carrière politique.

Mulroney rassurant

Au Canada anglais, Québecor a dépêché hier l'un des membres de son conseil d'administration, l'ancien premier ministre du pays Brian Mulroney, pour rassurer les médias. «Ils sont un peu surpris, dit Robert Dépatie. Mais la position des journaux Sun, c'est d'avoir un Canada uni. Leur indépendance journalistique va continuer.»

Au Québec, la direction de Québecor a tenu à réitérer l'indépendance de ses salles de nouvelles. Québecor n'adoptera toutefois pas de nouvelles mesures devant cette situation plutôt extraordinaire dans le paysage politico-médiatique québécois. «Les salles de nouvelles sont déjà indépendantes, mais nous allons le répéter, dit Robert Dépatie, qui a appris la décision de M. Péladeau de se lancer en politique il y a quelques jours. Ça va être très clair que nos salles de nouvelles doivent être indépendantes et impartiales. Nous n'accepterons rien d'autre que l'impartialité. Sinon, les gens seront punis. Et connaissant Pierre Karl, ça me surprendrait énormément qu'il se mette à nous appeler et à demander des changements.»

À compter d'hier, Pierre Karl Péladeau ne peut donc plus parler d'enjeux d'affaires avec la direction de Québecor, une entreprise qu'il a dirigée durant 13 ans. «Pierre Karl Péladeau n'aura plus un mot à dire sur quoi que ce soit, dit Robert Dépatie. Il ne pourra plus discuter de la stratégie de l'entreprise [comme il le faisait quelques fois par mois depuis mai dernier]. Mais s'il y a une chose que Pierre Karl a particulièrement bien faite, c'est de s'entourer d'une équipe solide.»

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Pierre Karl Péladeau et Québecor

Au 8 mars 2014- Vice-président du conseil d'administration de Québecor

- Président des conseils d'administration de Québecor Média et du Groupe TVA

- Actionnaire de contrôle de Québecor

- Détenteur de 28% des actions de l'entreprise, dont 89,23% des actions A avec droits de vote multiples

> Détenteur de 73,32% des droits de vote des actionnaires de Québecor

Au 9 mars 2014

- Il a démissionné de tous ses postes au conseil d'administration de Québecor, Québecor Média et Groupe TVA.

- Il détient toujours ses actions de Québecor lui donnant droit à 73,32% des droits de vote, mais il a indiqué qu'il les placerait dans une fiducie sans droit de regard s'il est élu député le 7 avril. Il donnera toutefois comme instruction aux mandataires de ne pas vendre ses actions de Québecor. Le mandataire de la fiducie pourra exercer les droits de vote. M. Péladeau pourra ainsi récupérer ses actions de Québecor après sa carrière politique.

- Dès qu'il aura placé ses actions dans une fiducie sans droit de regard, il ne pourra plus discuter des enjeux et des dossiers de l'entreprise avec la direction de Québecor.




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