La Presse deviendra propriété d'un OBNL

Le président de La Presse, Pierre-Elliott Levasseur.... (Photo Hugo-Sébastien Aubert, La Presse)

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Le président de La Presse, Pierre-Elliott Levasseur.

Photo Hugo-Sébastien Aubert, La Presse

Une page d'histoire se tourne. Cinquante et un ans après son achat par l'homme d'affaires Paul Desmarais, La Presse changera de main et deviendra propriété d'un organisme à but non lucratif (OBNL).

L'annonce a été faite, ce matin, par Pierre-Elliott Levasseur, président de La Presse.

Une fois la transaction approuvée, le quotidien de la rue Saint-Jacques, fondé en 1884, sera géré par une fiducie appuyée, notamment, par Power Corporation.

«Pour lancer la fiducie, Power Corporation injectera 50 millions», a annoncé M. Levasseur.

De plus, a-t-il ajouté, un mécanisme sera mis en place pour permettre à Power de conserver sous sa charge le régime de retraite des employés du quotidien. Aucune mise à pied n'est annoncée.

Pionnière du virage numérique dans son secteur, La Presse s'engagera dans le modèle d'une «fiducie d'utilité sociale» pour contrer la crise vécue par les médias écrits dans tout le pays.

En plus des entreprises, d'autres contributeurs, incluant de grands donateurs, des fondations et des citoyens, pourront également y participer.

Cette transformation s'inscrira également dans l'ouverture manifestée par Ottawa, en février dernier.

«Le gouvernement étudiera de nouveaux modèles qui autoriseront les dons privés et le soutien philanthropique pour des nouvelles locales et un journalisme fiable, professionnel et à but non lucratif», pouvait-on lire dans son budget.

Dans ce cas, précisait-on, il «pourrait s'agir de nouveaux moyens, pour les journaux canadiens, d'innover et d'obtenir le statut d'organisme de bienfaisance en tant que fournisseurs de journalisme à but non lucratif compte tenu de leurs services dans l'intérêt du public».

Son président Pierre-Elliott Levasseur et son éditeur et vice-président du conseil Guy Crevier resteront en poste. Mais un nouveau conseil d'administration sera formé.

André Desmarais, président du conseil d'administration de La Presse et président... (Photo Hugo-Sébastien Aubert, La Presse) - image 2.0

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André Desmarais, président du conseil d'administration de La Presse et président délégué du conseil, président et co-chef de la direction de Power Corporation.

Photo Hugo-Sébastien Aubert, La Presse

«La décision de modifier la structure de propriété La Presse n'a pas été facile, mais c'est celle qui assurera sa pérennité», a dit André Desmarais, président du conseil d'administration de La Presse et président délégué du conseil, président et co-chef de la direction de Power Corporation.

En conférence de presse, le président Pierre-Elliott Levasseur a précisé que le montant de 50 millions de Power Corporation avait été bien réfléchi.

«Il permet de mettre en place un plan ordonné», a-t-il dit.

Ce montant s'ajoutera aux millions du gouvernement du Québec et à la contribution à venir d'Ottawa.

«Rien n'est encore déterminé, mais les discussions avancent rapidement avec le fédéral et elles vont dans le bon sens.»

À cela, il pense qu'il serait possible d'obtenir l'équivalent de 3 millions supplémentaires par an de différents donateurs.

M. Levasseur a fermé la porte à un modèle où les lecteurs devraient payer pour l'information.

L'éditeur Guy Crevier a, pour sa part, précisé les prochaines étapes avant la mise en place de la fiducie.

Tout d'abord, l'Assemblée nationale devra abroger une loi privée, mise en place en 1967 lors de l'achat de La Presse, pour lui permettre de devenir un organisme à but non lucratif.

M. Crevier ne s'attend pas à un blocage de la part des députés québécois.

«Je ne vois pas l'intérêt de s'opposer à une structure qui permet d'assurer la pérennité d'un média de qualité et d'une presse indépendante.»

Ensuite, il y aura des rencontres avec les syndicats pour mettre en place un mécanisme pour assurer à Power la prise en charge des obligations passées pour la caisse de retraite.

Une fois la chose faite, quelques semaines plus tard, la fiducie serait mise en place.




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