La BCE agacée par le manque de réformes politiques en Europe

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Les membres de la BCE n'envisagent pas de nouvelles mesures de politique monétaire dans l'immédiat et ont estimé que «la priorité des prochains mois est la mise en place des dernières décisions».

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Agence France-Presse
Francfort

La Banque centrale européenne a laissé transparaître jeudi sa frustration à l'égard des différents gouvernements de la zone euro qui rechignent à réformer leurs pays pour soutenir la croissance, dans le compte-rendu de sa dernière réunion de politique monétaire.

Les membres du conseil des gouverneurs de la BCE ont, lors de leur rencontre les 20 et 21 avril, «fortement rappelé la nécessité que les autres domaines politiques agissent de manière bien plus décisive, à la fois au niveau national et européen, afin de récolter pleinement les fruits des mesures de politique monétaire de la BCE», lit-on dans les fameuses «minutes» qui tiennent lieu de compte-rendu.

Mario Draghi, le président de l'institution, avait déjà estimé fin avril que la BCE était «la seule à soutenir la croissance», et reproché aux gouvernements de ne pas avoir lancé les réformes structurelles indispensables à une croissance de long terme.

Les coulisses des débats publiées jeudi détaillent cet agacement croissant.

Les gouverneurs ont reconnu qu'il est difficile pour une institution européenne comme la BCE d'indiquer à des gouvernements élus le chemin réformateur à emprunter.

«Donner des recommandations de réformes structurelles pourrait s'avérer difficile, car les besoins de réformes diffèrent grandement entre les pays de la zone euro», rapporte le document.

Les gouverneurs ont aussi tenu à «réaffirmer collectivement l'indépendance de la BCE pour remplir son mandat», qui lui fixe l'objectif d'une inflation proche de 2%, après les «récentes critiques» venues d'un «État membre» de la zone euro.

Une réplique aux protestations venues d'Allemagne, selon lesquelles la BCE est en train d'exproprier les épargnants et retraités du pays avec ses taux toujours plus bas. Les gardiens de l'euro ont même été accusés de nourrir le mécontentement et la montée de la droite populiste dans le pays.

La BCE a décidé en mars de tirer une nouvelle salve de son bazooka monétaire, en étendant son vaste programme d'achats de dettes aux obligations d'entreprises, en accordant de nouveaux prêts géants aux banques et en abaissant encore une fois ses taux d'intérêt.

Ces mesures doivent aider à faire remonter l'inflation, alors que les prix ont reculé de 0,2% en avril en zone euro, et à terme relancer la croissance. Mais sans contribution des gouvernements européens pour réformer leurs marchés du travail, leurs politiques fiscales ou leurs investissements, de nombreux économistes prédisent que les efforts de la BCE resteront vains.

D'autant que le Fonds monétaire international (FMI) a récemment abaissé ses prévisions économiques pour la zone euro.

Les membres de la BCE ont toutefois jugé «pessimiste» l'analyse de cette institution basée aux États-Unis. Ils n'envisagent pas de nouvelles mesures de politique monétaire dans l'immédiat et ont estimé que «la priorité des prochains mois est la mise en place des dernières décisions», selon le compte-rendu.




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