L'immobilier, le grand défi du nouveau maire de Londres

Une rue résidentielle du très tendance quartier de... (PHOTO TOBY MELVILLE, ARCHIVES REUTERS)

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Une rue résidentielle du très tendance quartier de Notting Hill, dans le centre de Londres, où le prix des propriétés est ridiculement élevé par rapport au salaire moyen des Britanniques.

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Richard Dupaul

Avec le 1er juillet déjà en vue, beaucoup de gens cherchent un logement à Montréal ces jours-ci. Et bon nombre d'entre eux déplorent que les loyers soient toujours trop chers dans la métropole québécoise.

Or, pour se consoler, ces locataires exaspérés peuvent jeter un coup d'oeil sur les sites web locatifs de Londres ce matin. Mais attention, les chiffres donnent le tournis.

Les variations sont certes marquées d'un quartier à l'autre. Mais, en moyenne, le loyer pour un logement typique (de deux chambres à coucher) dans la capitale britannique atteint 2083 livres sterling, ou 3900 $CAN par mois, selon une nouvelle étude d'un consultant international en immobilier.

Dans les quartiers les plus courus, comme Kensington et Chelsea, le tarif grimpe à 3405 livres - soit 6370 $CAN par mois, précise la firme CBRE.

De sorte que le travailleur ordinaire - avec un salaire moyen en apparence convenable de 51 000 $CAN par an (28 000 livres sterling) - doit consacrer 90% de ses revenus au paiement de son loyer pour un appartement convenable.

Ce qui vous laisse bien peu d'argent pour de petits «luxes» comme la nourriture, l'habillement ou l'impôt...

Il y a d'ailleurs une règle que communiquent cyniquement les Londoniens sur le web: si vous devez demander le prix d'un logement convoité, vous ne pouvez probablement pas habiter là.

Pour CBRE, une firme établie à Los Angeles ayant des bureaux dans plusieurs pays, Londres est devenue la ville où les loyers sont les plus élevés du monde.

Un «référendum» sur le logement

Chef du Parti travailliste et maire fraîchement élu de Londres après les élections de jeudi dernier, Sadiq Khan l'a écrit sur son site internet : la dernière élection à la mairie a été «un référendum sur le logement».

Les prix astronomiques de l'immobilier londonien constituent une des principales préoccupations des habitants, confirme un sondage Ipsos: 28% de la population du centre de Londres et 37% des habitants de la périphérie considèrent le logement comme un problème prioritaire.

Face aux tarifs locatifs démesurés, les démunis se tournent vers les logements sociaux qui, cependant, manquent cruellement. En début d'année, on dénombrait 340 000 personnes sur des listes d'attente, ce qui explique pourquoi des milliers de gens ont participé à une «marche pour les logements» dans la capitale cet hiver.

Pour les acheteurs de maisons, le marché n'est pas plus abordable.

Le prix moyen d'un petit logement d'une chambre à coucher au centre de Londres a atteint 678 000 livres (1,27 million $CAN) récemment, et 1,04 million de livres (1,88 million $CAN) pour un deux chambres, affirme le site londonpropertywatch.co.uk.

En un an, le prix moyen d'une propriété londonienne a bondi de 65 191 livres (+ 122 000 $CAN), ajoute le Greater London Authority, l'organisme chargé de la gestion du Grand Londres.

Si le prix de la nourriture avait augmenté à ce rythme depuis les années 70, il faudrait débourser 104 $CAN (55 livres) pour acheter un poulet dans une épicerie de la ville, calcule Shelter, un organisme voué au logement abordable.

80 000 logements par an

Dans son manifeste électoral, Sadiq Khan, un musulman issu des milieux ouvriers, déplore le manque d'effort du maire sortant (Boris Johnson) pour contrer la flambée des coûts du logement.

«Notre capitale a besoin de plus de 50 000 nouveaux logements par an, le maire [sortant] en a construit à peine la moitié.» Aussi, M. Khan a de grandes ambitions pour ramener le marché immobilier sur terre.

Il veut mettre 50% du parc immobilier à la portée des premiers acheteurs et des travailleurs moyens. Pour cela, il devra débloquer 400 millions de livres pour la construction de 80 000 logements par an. Il espère aussi créer une agence immobilière à but non lucratif pour concurrencer les agences traditionnelles.

Durant la campagne, M. Khan soulignait ainsi le déséquilibre du marché immobilier: «Vivre dans un hôtel quatre étoiles revient moins cher que louer un appartement à Londres», clamait-il.

Heureusement, pour les Montréalais qui cherchent un logement, ce n'est pas encore le cas sur le Plateau Mont-Royal.




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