Grèce: course contre la montre pour décrocher un accord

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Le premier ministre de gauche, Alexis Tsipras, juge « possible » un accord d'ici à la Pâque orthodoxe, le 1er mai.

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Catherine BOITARD
Agence France-Presse
ATHÈNES

La Grèce va tenter cette semaine de se mettre d'accord avec ses créanciers UE-FMI pour rester sous perfusion financière et obtenir un allègement de sa dette, mais l'épilogue reste hypothéqué par l'ampleur des sacrifices réclamés à ce pays.

Après une pause pour la réunion de printemps du FMI à Washington, le quartet représentant les bailleurs de fonds devait retourner lundi à Athènes, les premiers rendez-vous n'étant pas prévus pour avant mardi, a déclaré le ministère des Finances.

L'objectif, selon une source gouvernementale grecque, est de conclure un « accord technique » qui serait soumis à la réunion vendredi à Amsterdam des grands argentiers de la zone euro.

Le premier ministre de gauche, Alexis Tsipras, a quant à lui jugé « possible » un accord d'ici à la Pâque orthodoxe, le 1er mai.

Les créanciers ont toutefois soufflé le chaud et froid, entre l'optimisme affiché samedi à Washington par les gouvernements français et allemand et le bémol apporté par le commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici, qui a souligné qu'il « reste du travail à faire ».

« Nous avons fait des progrès et l'élan doit être maintenu », a synthétisé lundi le porte-parole de la Commission européenne, Margaritas Schinas.

Les discussions, qui ont déjà pris des mois de retard, achoppent encore sur les modalités de mise en oeuvre des réformes des retraites et fiscale que le gouvernement s'est engagé à faire pour permettre à la Grèce d'économiser comme convenu quelque 5,4 milliards d'euros.

Un compromis sur ces mesures doit permettre la poursuite du versement à ce pays des nouveaux prêts de 86 milliards d'euros convenus en juillet, et ouvrir à une discussion sur l'aménagement de la dette publique grecque, qui caracole à près de 180 % du PIB.

L'échéance financière est encore assez lointaine, les prochains grands remboursements dont la Grèce doit s'acquitter étant pour juillet. Mais le gouvernement grec met en garde contre sa possible déstabilisation si les choses devaient encore traîner, d'autant qu'il doit aussi faire face en première ligne à la crise migratoire.

Vers de nouvelles demandes UE-FMI

Côté européen, la perspective d'une crise majeure en cas de vote britannique pour une sortie de l'UE pourrait aussi peser.

À Washington, les créanciers européens ont de fait planché avec le FMI pour aplanir leurs différences dans l'évaluation des capacités de l'économie grecque à s'assainir et rebondir, qui avaient encore compliqué la partie ces dernières semaines.

Il s'agirait de « demander des mesures supplémentaires à Athènes au cas où le pays ne parviendrait pas à dégager un excédent budgétaire primaire [avant paiement des intérêts de la dette] de 3,5 % du PIB en 2018 » comme prévu, a dit une source proche des créanciers.

De quoi permettre au FMI, pour lequel cet objectif est irréaliste au vu des réformes et des mesures jusque-là envisagées, de rester en lice, comme l'exige Berlin. L'option, qui « permettrait de sortir de la ''dispute'' avec le FMI », n'a toutefois pas encore été avalisée par tous les membres de la zone euro, a souligné la même source.

Le gouvernement grec a pour sa part déclaré avoir été saisi d'une telle proposition et l'examiner. Mais je « ne pense pas que cela soit acceptable », a commenté le ministre grec de l'Énergie, Panos Skourletis, s'exprimant lundi sur les ondes de la radio ERT.

Pour Kostas Melas, professeur en finance internationale à l'université Panteion d'Athènes, M. Tsipras est toutefois prêt à faire un maximum de concessions pour éviter la répétition du psychodrame de l'été dernier, quand son pays avait été menacé d'une sortie de l'euro.

Il le déplore: au niveau économique, prévoir des mesures supplémentaires « va encore retarder le retour à la normalité pourtant affiché comme objectif par les créanciers eux-mêmes, et au niveau social, cela pourrait être explosif », a-t-il expliqué à l'AFP.

Après un pic de grogne l'hiver dernier à l'annonce des premiers projets de réforme de retraite, les syndicats n'ont de fait pas désarmé, prêts à déclencher de nouvelles grèves générales. L'opposition de droite est pour sa part désormais créditée par les sondages d'avoir ravi la première place à la gauche gouvernementale.




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