«Vues divergentes» à la BCE sur la baisse des taux

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«Globalement, les membres sont tombés d'accord sur le besoin d'une action de grande envergure», selon les minutes de la BCE, mais «des vues divergentes ont été exprimées sur les composantes du paquet proposé».

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Agence France-Presse
Berlin

La nouvelle baisse des taux directeurs et le gonflement de ses rachats d'actifs par la Banque centrale européenne (BCE) ont fait grincer des dents certains membres du conseil des gouverneurs, selon le protocole de la réunion de mars publié jeudi.

«Globalement, les membres sont tombés d'accord sur le besoin d'une action de grande envergure», selon ces «minutes», mais «des vues divergentes ont été exprimées sur les composantes du paquet proposé».

Les 25 membres du conseil des gouverneurs, qui prennent les décisions de politique monétaire pour les 19 pays de la zone euro, se sont retrouvés les 9 et 10 mars à Francfort.

Au vu d'une inflation atone, dont le protocole révèle à quel point elle inquiète les banquiers centraux, le conseil a décidé une nouvelle batterie de mesures. Les taux d'intérêt directeurs ont été abaissés, le taux central passant à zéro; les rachats de dettes effectués sur les marchés par la BCE passent de 60 à 80 milliards d'euros par mois; et les banques vont pouvoir contracter de nouveaux prêts de long terme à taux très avantageux auprès de la BCE.

Ces prêts appelés TLTRO ont fait l'objet d'un «accord très large» parmi les membres du conseil, selon le protocole, qui rend compte des discussions de manière synthétique, au style indirect et de façon anonyme.

La baisse des taux d'intérêt s'est manifestement avérée plus polémique. «Des vues divergentes ont été exprimées sur les coûts et les avantages de s'enfoncer davantage en territoire négatif», selon le document. Le taux de dépôt, qui s'applique aux liquidités déposées par les banques d'un jour à l'autre auprès de la BCE, était déjà à -0,30%, il a été abaissé à -0,40%.

«Des inquiétudes ont été soulevées sur les effets indésirables que pourrait entraîner le fait d'aller plus loin en territoire négatif», notamment «la pression accrue sur la profitabilité des banques, qui pourrait avoir des effets négatifs sur la stabilité du secteur financier», poursuit le document.

Le conseil a discuté de possibles mesures d'exemption aux taux négatifs, apprend-on, mais a reculé devant «la complexité d'un tel système». Un correctif - par exemple sous forme d'un seuil de dépôts au-deçà duquel le taux négatif ne s'appliquerait pas - n'a finalement «pas été jugé utile à ce stade».

Sur les rachats de dettes - «QE» en jargon des banques centrales -, «un petit nombre de membres ont redit leurs réserves quant aux rachats d'obligations du secteur public, et exprimé leurs inquiétudes, comme déjà par le passé» sur «les défis et les effets secondaires» associés à cette mesure.

Le président de la Bundesbank allemande Jens Weidmann devrait avoir été de ceux-là: il s'est dit «pas convaincu» par les mesures adoptées par le conseil quelques jours après la réunion.




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