Le géant chinois du courtage Citic sous enquête

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La firme Citic a expliqué avoir été prévenue par la Commission de régulation des marchés financiers (CSRC) de l'ouverture d'une enquête à son encontre, en raison de «violations présumées des règlements sur la supervision et la gestion des activités de courtage», selon un communiqué transmis à la Bourse de Shanghai.

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Agence France-Presse
Pékin

Citic Securities, la plus grosse maison de courtage chinoise, a annoncé jeudi faire l'objet d'une enquête de la part des régulateurs des marchés financiers, pour des «infractions réglementaires» présumées, alors que plusieurs de ses dirigeants sont déjà visés par des procédures.

La firme a expliqué avoir été prévenue par la Commission de régulation des marchés financiers (CSRC) de l'ouverture d'une enquête à son encontre, en raison de «violations présumées des règlements sur la supervision et la gestion des activités de courtage», selon un communiqué transmis à la Bourse de Shanghai.

«Citic Securities va collaborer activement à l'enquête (...) L'entreprise continue d'opérer normalement», a-t-elle ajouté.

Plusieurs hauts responsables de Citic Securities, dont son directeur général Cheng Boming, avaient déjà été placés sous enquête en septembre, soupçonnés de délits d'initiés et d'avoir fait fuité des informations sensibles, d'après l'agence Chine nouvelle.

L'annonce de cette procédure épinglant le géant du courtage intervient dans le cadre d'une vaste offensive des autorités contre le secteur financier, à la suite du spectaculaire effondrement des Bourses chinoises cet été.

La place de Shanghai, après s'être envolée de 150% en un an, avait dégringolé d'environ 40% en trois semaines à partir de mi-juin, dans un climat de panique générale.

Et ce en dépit de vigoureuses mesures de soutien adoptées par le gouvernement, dont des achats massifs d'actions par des organismes publics et via des courtiers tels que Citic, enrôlé dans ce qui était surnommé «l'équipe nationale» de sauvetage.

Ces interventions forcenées et maladroites de l'État avaient été vivement critiquées, et son impuissance à stabiliser les Bourses avait renforcé les doutes grandissants sur l'efficacité de sa politique économique.

Sous pression, Pékin avait réagi en lançant tous azimuts des enquêtes policières très médiatisées sur des transactions supposément illégales... avec l'espoir de rassurer ainsi une opinion publique désemparée.

«Les autorités discutent désormais de la nécessité de sanctionner Citic Securities pour son rôle dans la débâcle boursière», avait déclaré la semaine dernière à l'agence Bloomberg News une personne proche du dossier.

De son côté, l'autorité chinoise anticorruption --la puissante Commission d'inspection disciplinaire du Parti communiste-- avait averti fin octobre qu'elle étendrait ses investigations au secteur financier, ciblant notamment régulateurs, opérateurs boursiers et maisons de courtage.

Nul ne semble épargné: les médias officiels ont fait état mi-novembre du placement sous enquête de Yao Gang, vice-président de la CSRC. L'emblématique gérant d'un éminent fonds spéculatif a par ailleurs été arrêté.

Citic Securities avait également été montré du doigt cette semaine par une fédération officielle du secteur financier, qui l'a accusé d'avoir exagéré de quelque 1000 milliards de yuans (147 milliards d'euros) les chiffres publiés de son volume d'«equity swaps» (produits dérivés portant sur des échanges d'actions) durant la période avril-septembre. Citic a fait valoir une mauvaise mise à jour de son système informatique.




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