Taux directeur: la Banque d'Angleterre ne devrait pas bouger

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Alice DORE
Agence France-Presse

La Banque d'Angleterre devrait annoncer jeudi un nouveau statu quo monétaire, préférant rester prudente face au ralentissement économique en Chine et aux inquiétudes sur la vigueur de la reprise américaine.

La réunion du Comité de politique monétaire (CPM) de la banque centrale britannique devrait déboucher sur un maintien du taux directeur de l'institution à 0,50%, niveau historiquement bas auquel il est fixé depuis mars 2009.

Les neuf membres du CPM devraient également opter pour un maintien à 375 milliards de livres (environ 507 milliards d'euros) du montant total de son programme de rachats d'actifs, dit d'«assouplissement quantitatif», lancé en mars 2009 et épuisé depuis novembre 2012.

«Il n'y a que peu voire pas de doute que la Banque d'Angleterre va laisser son taux directeur inchangé à 0,50% à l'issue de la réunion d'octobre du CPM», a prévenu Howard Archer, économiste chez IHS Global Insight.

De plus, «nous pensons que les récents signes de ramollissement de l'économie britannique, le fait que l'inflation a été nulle en août, et les incertitudes actuelles notables sur les perspectives de l'économie mondiale se combinent pour dissuader tout autre membre du CPM de rejoindre Ian McCafferty dans son appel à une hausse des taux», a poursuivi M. Archer.

Pour le deuxième mois consécutif, M. McCafferty avait voté en septembre pour une hausse à 0,75% du taux directeur de l'institution. L'année dernière déjà, il s'était prononcé entre août et décembre pour une hausse de 25 points de base du taux, accompagné à l'époque par Martin Weale.

D'ailleurs, pour Vicky Redwood, économiste chez Capital Economics, ce dernier est à inclure dans une liste, certes restreinte, de membres du Comité vus comme plutôt haussiers, avec également Kristin Forbes.

Ainsi, Mme Redwood estime pour sa part que si un ou deux membres venaient à rejoindre M. McCafferty ce mois-ci ou le suivant, cela ne serait «pas une surprise» du fait notamment d'un certain apaisement sur les marchés financiers ces dernières semaines.

«Cependant, avec une inflation sur le point de repasser en territoire négatif et la reprise économique britannique qui se tasse un peu, il est peu probable que les taux montent rapidement même en 2016», a prévenu Mme Redwood.

Les prix à la consommation au Royaume-Uni étaient redevenus stables en août sur un an (0,0%) comme en juin et après n'avoir que très légèrement augmenté en juillet (+0,1%). Les prix à la consommation avaient déjà baissé en avril, de 0,1%.

En outre, si un certain apaisement s'observe sur les marchés financiers ces dernières semaines par rapport à cet été, «le ralentissement de la croissance en Chine et dans de nombreuses économies émergentes, couplé à la récente hausse de la volatilité sur les marchés ont jeté une ombre sur les perspectives de la Banque d'Angleterre» et devraient pousser l'institution à rester prudente, a noté Jane Foley, analyste chez Rabobank, qui voit désormais une hausse de taux n'intervenir qu'en août 2016 et non plus en mai 2016.

Les observateurs décortiqueront jeudi les minutes de la réunion du CPM, publiées depuis août en même temps que la décision, en quête d'indices leur permettant d'affiner leurs prévisions pour la première hausse de taux depuis 2007.




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