Chômage en France: le patronat propose une thérapie de choc

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Agence France-Presse
Paris

Suppression de jours fériés, assouplissement du salaire minimum et de la législation sur le temps de travail: le patronat français a proposé mercredi une thérapie de choc controversée pour lutter contre le chômage record dans un pays souvent taxé d'«immobilisme».

«Le temps de l'hésitation, de la tergiversation et des demi-mesures n'a plus lieu d'être», a averti dans un document d'une centaine de pages le Mouvement des entreprises de France (Medef), la plus importante organisation d'entrepreneurs du pays.

D'inspiration libérale, les mesures proposées, dont certaines ont fait l'objet de fuites dans la presse, avaient fait scandale dès la semaine passée. Elles ont été mises sur la table le jour de la publication des chiffres du chômage.

Après une série noire de neuf mois de hausse, le nombre de chômeurs frisait fin juillet la barre des 3,5 millions, sur fond d'activité économique en panne depuis janvier, qui a amené le gouvernement à réduire de plus de moitié sa prévision de croissance pour l'année à 0,4%.

Pressé par le gouvernement socialiste d'offrir des contreparties à ses mesures de soutien aux entreprises, le Medef se targue de pouvoir favoriser avec son plan un million d'embauches nettes sur cinq ans, dont 100 000 via la suppression de deux jours fériés.

La France compte 11 jours fériés annuels, un chiffre dans la moyenne européenne qui, s'il était ramené à 9, mettrait le pays au même niveau que l'Allemagne, première économie de la zone euro souvent érigée en modèle à Paris.

Mais la proposition patronale fait sourire certains économistes qui font valoir que le calcul avancé par le Medef d'un point de croissance supplémentaire permis par une telle mesure ne tient pas compte de réalités économiques, comme l'accélération des cadences des entreprises qui gomment l'effet du congé ou la richesse générée par le secteur du tourisme et des loisirs, très développé en France.

Pour lutter contre le fléau du chômage de longue durée, le patronat s'est défendu mercredi de «remettre en cause» le salaire minimum, mais son organisation réclame l'introduction de contrats aidés, permettant aux entreprises de recruter à un coût inférieur.

Même son de cloche sur le temps de travail: le Medef appelle à revoir le principe de la «durée légale (35 heures hebdomadaires, NDLR) imposée à toutes les entreprises» pour ouvrir la possibilité d'allongements négociés au sein de chaque entreprise.




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