Acheter avant le vote écossais

Depuis que le camp du Oui est en... (PHOTO RUSSELL CHEYNE, REUTERS)

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Depuis que le camp du Oui est en avance dans les sondages sur le référendum écossais du 18 septembre, les actions britanniques et la livre sterling ont reculé, mais la tendance pourrait rapidement se renverser si le Non l'emportait, comme ç'a été le cas au Québec en 1995, affirme Charles St-Arnaud, économiste et stratège de la firme Nomura à Londres, dans une lettre à ses clients.

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Bloomberg

Si l'on s'inspire de l'histoire du Québec, les investisseurs devraient acheter des valeurs britanniques avant le vote de l'Écosse sur son indépendance, selon Nomura Securities International.

Depuis que le camp du Oui est en avance dans les sondages sur le référendum du 18 septembre, les actions britanniques et la livre sterling ont reculé, mais la tendance pourrait rapidement se renverser si le Non l'emportait, comme ç'a été le cas au Québec en 1995, affirme Charles St-Arnaud, économiste et stratège de la firme Nomura à Londres, dans une lettre à ses clients.

«Le plus probable, c'est que le Non l'emportera par une très faible marge; comme les valeurs ont beaucoup baissé, c'est une bonne idée d'en acheter maintenant. La plupart des valeurs ont connu un recul, et dans le cas d'une victoire du Non, on va assister à une remontée», a affirmé M. St-Arnaud dans une entrevue téléphonique.

Les valeurs affectées

Le Québec, qui avait rejeté l'option souverainiste en 1980, a tenu un deuxième référendum le 30 octobre 1995. Le camp du Oui s'est retrouvé en avance dans les sondages environ deux semaines avant le vote, comme c'est le cas en Écosse en ce moment.

La menace de l'accession à la souveraineté du Québec a affecté les valeurs canadiennes. Le dollar a perdu environ 1,6% face au dollar américain dans le mois qui a précédé le vote, et les actions de la Bourse de Toronto ont chuté d'environ 3,3%. Le taux des obligations du gouvernement canadien sur 10 ans a bondi de 42 points de base dans les deux semaines précédant le référendum.

Ces tendances se sont rapidement inversées quand, après un grand suspense, le Non l'a finalement remporté avec 50,6% du vote, la plupart des indécis ayant fini par opter pour le statu quo, avance M. St-Arnaud, 37 ans, qui était à l'époque élève du secondaire au Québec.

La clé chez les indécis

Les valeurs britanniques semblent suivre la même voie. La livre sterling a perdu 1,4% face au dollar américain depuis le sondage YouGov plc publié dans le Sunday Times le 6 septembre dernier qui donne le Oui en avance pour la première fois, avec 51%, et le Non à 49% (ces résultats ne tiennent pas compte des indécis).

Pendant ce temps, le taux des obligations du gouvernement britannique sur 10 ans a grimpé d'environ 15 points de base depuis la mi-août, pendant que l'indice boursier FTSE 100 (UKX) a été plus confiant, ne perdant que 0,7% au cours des trois derniers jours.

«Comme les sondages sont très serrés, le résultat va dépendre du vote des indécis, qui sont habituellement réfractaires au risque et plus portés à choisir le statu quo», a écrit M. St-Arnaud dans sa lettre.

Toujours selon M. St-Arnaud, la livre, qui était cotée à 1,61$US à New York, pourrait très bien remonter à 1,65$US ou même plus.

Toutefois, il existe de grandes différences entre la situation en Écosse et celle au Québec en 1995, continue-t-il. Une des plus importantes est le fait que le Québec représentait 22% de l'économie canadienne en 1995, alors que l'Écosse ne représente qu'environ 7% de l'économie britannique.

En outre, la Banque du Canada avait soutenu très activement sa devise en 1995.




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