Construction au Royaume-Uni: les ex-prisonniers en renfort

Les anciens détenus qui ont reçu une formation... (Photo Leon Neil, Archives AFP)

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Les anciens détenus qui ont reçu une formation en prison sont les bienvenus sur les nombreux chantiers de construction de Londres.

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Lorenzo Dorsett, ancien joueur de soccer de l'équipe jeunesse de l'Arsenal Football Club, a passé plus de trois années en prison pour possession de drogues. Dorénavant, il travaille comme peintre et décorateur à Londres, alors que l'expansion de la construction crée des emplois qui ne profitent pas qu'à l'économie.

«Je travaille régulièrement depuis que j'ai terminé une formation destinée aux détenus actuels et aux anciens détenus, a affirmé Dorsett, 34 ans. Avant la prison, ma seule option était une carrière dans le domaine du soccer. Mais quand tout s'est arrêté, je ne savais plus quoi faire», a-t-il affirmé.

Des ingénieurs, des briqueteurs et des peintres comme Dorsett se retrouvent devant des employeurs avides, à Londres, alors que la construction d'immeubles de bureaux et résidentiels atteint des niveaux inégalés depuis l'éclatement de la crise financière. Cela facilite la vie des travailleurs dont le CV est entaché, dont les ex-détenus qui tentent de remplacer l'uniforme de prison par les bleus de travail.

Dans l'industrie de la construction, en Grande-Bretagne, l'emploi a augmenté pendant le 12e mois de suite en mai. Il s'agit de la plus longue séquence en six ans. À Londres, les dépenses en rénovation résidentielle ont augmenté de plus de 20% au cours du premier trimestre, par rapport à l'année dernière, selon l'Office national des statistiques (ONS).

À Londres, le livret des commandes a atteint des chiffres records, a affirmé Mark Lawrence, PDG de TClarke plc, fournisseur de services liés au bâtiment, en entrevue téléphonique. «Les clients semblent très occupés. Ça va être complètement fou ici.»

Ingénieurs recherchés

Lawrence, qui est entré chez TClarke alors qu'il était apprenti électricien, à 16 ans, a affirmé que l'entreprise avait embauché cinq ingénieurs à Londres, cette année, faisant passer le nombre d'ingénieurs à 85 dans la ville. On prévoit en ajouter plus. À son avis, les salaires risquent d'augmenter.

Dorsett dit avoir travaillé aussi bien à réaménager des logements gouvernementaux vacants qu'à plâtrer l'extérieur d'immeubles à appartements. Il a appris le travail de peintre et de décorateur par l'entremise de la Bounce Back Foundation, organisme de charité fondé il y a trois ans, qui s'est donné pour mission de former et embaucher d'anciens prisonniers.

Il y a une pénurie de compétences dans l'industrie de la construction, affirmait Francesca Findlater, fondatrice de Bounce Back, lors de l'ouverture du centre de formation de la maison d'arrêt de Brixton, dans le sud de Londres, le 5 juin dernier.

«Il y a beaucoup de demandes dans le cadre de projets de régénération. Le climat ne pourrait être meilleur.»

Bounce Back obtient des contrats de peinture et de décoration, puis l'organisme embauche d'anciens détenus comme Dorsett, à titre de travailleurs autonomes, pour effectuer le travail. Environ 10% des personnes formées par l'entremise de l'organisme ont récidivé, selon la fondation.

Construire des maisons

Au Royaume-Uni, la reprise économique entraîne une croissance du côté des emplois, et une augmentation record du prix des maisons. À Londres, la valeur des constructions de maisons neuves a plus que doublé pour atteindre 1,8 milliard CAN au premier trimestre, par rapport à l'année précédente.

Dans la ville, les valeurs résidentielles ont augmenté de 19% au cours de l'année jusqu'en avril, atteignant une moyenne de 485 000 livres, selon l'ONS.




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