La Banque d'Angleterre tente de calmer le marché immobilier

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Le gouverneur de la Banque d'Angleterre, Mark Carney

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Agence France-Presse
LONDRES

La Banque d'Angleterre (BoE) a annoncé jeudi des mesures pour limiter la flambée du marché immobilier britannique, avec une limite sur les emprunts des ménages, dont la solvabilité sera également évaluée plus strictement.

«Les risques les plus importants (pour la stabilité financière) concernent le marché immobilier», a déclaré le gouverneur de la banque centrale britannique, Mark Carney, lors d'une conférence de presse.

Le prix des logements a en effet fortement augmenté avec la reprise économique, surtout à Londres et dans ses environs, tandis que les ménages ont eu tendance à s'endetter à des niveaux élevés par rapport à leurs revenus. La BoE s'inquiète du fait que des Britanniques trop endettés pourraient limiter leur consommation et ainsi ralentir l'économie.

Concrètement, la BoE a annoncé deux nouvelles mesures dans le cadre de son rapport sur la stabilité financière. Les banques ou sociétés de crédit devront d'une part évaluer la solvabilité de l'emprunteur dans l'hypothèse où les taux d'intérêt viendraient à augmenter de 3 points de pourcentage.

Et, d'autre part, seuls 15% des crédits immobiliers accordés pourront atteindre ou dépasser un ratio de 4,5 fois le revenu brut annuel de l'emprunteur - un critère couramment utilisé au Royaume-Uni.

Le gouvernement a de son côté annoncé qu'il allait imposer ce ratio pour tous les emprunts dans le cadre de son programme d'aide à l'accès à la propriété «Help to Buy».

Le ministre des Finances George Osborne avait préparé le terrain en annonçant de nouveaux pouvoirs pour la BoE lors de son traditionnel discours de Mansion House devant la communauté financière à la mi-juin. Le gouvernement s'inquiète en effet de la flambée des prix immobiliers, considérée par le Fonds monétaire international (FMI) comme le talon d'Achille de la reprise britannique.

La Banque d'Angleterre a toutefois insisté sur le fait qu'il s'agissait de mesures préventives qui devraient normalement avoir un impact limité si le marché évolue conformément à ses prévisions. Ces actions ne devraient se faire sentir qu'en cas de surchauffe du marché accompagnée d'une augmentation des prêts risqués, a souligné Mark Carney.

Les mesures sont «une police d'assurance contre une surchauffe plutôt qu'un extincteur pour éteindre les flammes», a commenté Alan Clarke, de la Banque Scotia.

«En réalité, les nouvelles mesures de la Banque d'Angleterre portent sur des pratiques déjà mises en oeuvre par de nombreuses banques», a souligné Howard Archer, économiste chez IHS Global Insight, qui cite notamment des ratios restrictifs chez Lloyds Banking Group et Royal Bank of Scotland.

«Alors que la reprise de l'économie du Royaume-Uni s'étend et s'accélère ces derniers mois, la Banque d'Angleterre concentre son action pour que cette reprise se transforme en expansion durable», a expliqué Mark Carney.

Le pays connaît en effet une véritable embellie économique, avec une croissance qui s'est accélérée à 0,8% au premier trimestre et un taux de chômage qui s'est installé sous les 7%.




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