L'économie du Brésil avance à pas de fourmi malgré le Mondial

«En 2010, le monde était hyper excité, il... (PHOTO YASUYOSHI CHIBA, ARCHIVES AFP)

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«En 2010, le monde était hyper excité, il semblait que le Brésil allait croître au rythme chinois. Mais il y a eu beaucoup d'attentes et peu de résultats», a déclaré à l'AFP l'analyste économique Felipe Queiroz, à Sao Paulo.

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Laura BONILLA CAL
Agence France-Presse
RIO DE JANEIRO

L'économie du Brésil, septième du monde, progresse à pas de fourmi malgré les investissements engagés pour le Mondial de football qui commence dans 13 jours: le PIB a augmenté d'à peine 0,2% au premier trimestre et, pour 2014, les marchés tablent sur 1,63%.

Après le «boom» de 2010 où la principale économie d'Amérique latine avait enregistré une croissance de 7,5%, les pays industrialisés - enlisés dans la crise des «subprime» de 2008/2009 - avaient placé leurs espoirs dans ce grand pays émergent de 200 millions d'habitants.

Mais les attentes se sont avérées exagérées et le Brésil a connu trois années consécutives de croissance médiocre: 2,7% en 2011, 1% en 2012 et 2,5% en 2013 (chiffre revu à la hausse vendredi contre 2,3% avant).

Cette année, où auront lieu des élections générales en octobre, tout indique que la conjoncture ne changera pas: le gouvernement table sur une croissance entre 2,3 et 2,5% mais les marchés, moins optimistes, misent sur 1,63% seulement.

«En 2010, le monde était hyper excité, il semblait que le Brésil allait croître au rythme chinois. Mais il y a eu beaucoup d'attentes et peu de résultats», a déclaré à l'AFP l'analyste économique Felipe Queiroz, à Sao Paulo.

Alors que 40 millions de Brésiliens ont accédé à la classe moyenne au cours des 10 dernières années, grâce aux programmes sociaux, le gouvernement a mis en place il y a quatre ans une série de mesures pour encourager la consommation et le crédit.

Onze milliards pour le Mondial 

«Ces mesures ont des limites et leur effet est moindre aujourd'hui que dans le passé. La classe moyenne a déjà changé de frigidaire, de cuisine et s'est pas mal endettée. Et il n'y a pas eu de changements structurels ni suffisamment d'investissements en infrastructures qui favorisent une croissance solide», a estimé M. Queiroz.

Le gouvernement a investi 11 milliards de dollars dans l'organisation du Mondial - ce qui a déclenché une fronde sociale sans précédent il y a un an, qui perdure mais de moindre intensité - mais tout n'a pas été investi dans les délais prévus, selon l'économiste.

Pour certains experts les effets des investissements porteront leurs fruits à long terme. D'ici à 2019, l'économie pourrait avancer de 4 points de pourcentage grâce au Mondial et aux Jeux olympiques de 2016 (à Rio), selon le consultant Ernst & Young.

Mais l'agence de notation Moody's estime que le Mondial aura un impact insignifiant sur l'économie, étant donné la piètre croissance du pays depuis 2011.

Brasilia est face au défi aujourd'hui de réduire l'inflation - qui s'est établie à 6,2% sur les 12 derniers mois, frôlant le maximum toléré de 6,5% - en augmentant les taux d'intérêt qui freinent la croissance. Cette semaine, la Banque centrale a choisi de maintenir son taux d'intérêt à 11% l'an, au grand dam des industriels.

La croissance du PIB a ralenti de janvier à mars 2014 par rapport au dernier trimestre de 2013 quand elle avait atteint 0,4% (chiffre revu à la baisse vendredi, contre 0,7% auparavant), selon l'Institut brésilien de géographie et statistiques.

Ce chiffre est conforme aux attentes du marché.

Le secteur de l'agroalimentaire est celui qui a le plus progressé au premier trimestre, de 3,6% alors que l'industrie a reculé de 0,8%.




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