Croissance stable en zone euro

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Agence France-Presse
Bruxelles

La croissance de l'activité privée a très légèrement ralenti en mai en zone euro dans un environnement marqué par des pressions déflationnistes, a indiqué jeudi le cabinet Markit, ce qui devrait mettre la pression pour que la Banque centrale européenne (BCE) agisse rapidement.

Le PMI composite de la zone euro s'est établi à 53,9 selon une première estimation, après avoir atteint 54,0 le mois précédent, soit son plus haut niveau en presque trois ans.

Lorsqu'il dépasse les 50 points, cela signifie que l'activité progresse, tandis qu'elle se replie s'il est inférieur à ce seuil.

«Si la croissance ralentit légèrement en mai, la conjoncture reste favorable dans la zone euro, la région traversant actuellement sa plus forte période d'expansion depuis trois ans, et le renforcement du taux d'expansion des nouvelles affaires laissant présager une nouvelle accélération de la croissance en juin», commente Chris Williamson du cabinet Markit. Pour l'économiste, la zone euro pourrait enregistrer une croissance de 0,5% au 2e trimestre après 0,2% en début d'année.

Qui plus est, la conjoncture a continué de s'améliorer en mai aussi bien dans le secteur manufacturier (PMI à 52,5 points) que dans le secteur des services (PMI à 53,5 points).

Ombre au tableau: la France a vu son activité privée se contracter en mai, à 49,3 points, selon une première estimation, ce qui semble justifier «son appellation d'homme malade de l'Europe» pour les analystes de Markit, tandis que l'Allemagne affiche une forte croissance (PMI à 56,1 points).

En France, l'activité du secteur des services a reculé pour la première fois depuis trois mois, tandis que les fabricants ont signalé la première contraction (bien que marginale) de la production depuis janvier.

Par ailleurs, dans ce pays, les deux secteurs enregistrent une baisse du volume des nouvelles commandes, souligne Markit, ce qui amène les entreprises à faire état «de la plus forte réduction d'effectifs depuis trois mois et de la plus forte baisse de leurs prix de vente depuis dix mois».

De manière générale, malgré la bonne tenue de la croissance, les chiffres publiés jeudi témoignent de la fragilité de la reprise au sein de la zone euro, d'autant plus que les pressions déflationnistes restent «un problème majeur», souligne M. Williamson, pour qui la BCE se doit d'agir.

Même sentiment pour Martin Van Vliet de la banque ING. Au minimum, l'institut monétaire devrait, selon lui, abaisser de 10 points de base son taux de refinancement et son taux de dépôts, pour relancer le crédit auprès des petites et moyennes entreprises (PME).

«Pour s'assurer que l'effet escompté soit maximal, cela pourrait aller de pair avec l'annonce à venir d'un programme d'achat de titres adossés à des actifs (ABS) ciblant des portefeuilles de prêts aux PME ou d'un nouveau prêt à très long terme aux banques (LTRO)», poursuit l'économiste.

Plusieurs dirigeants de la BCE ont laissé entendre que l'institut de Francfort n'allait pas rester les bras croisés face au niveau peu élevé de l'inflation en zone euro, qui pèse sur la reprise.

La possibilité de voir la BCE agir début juin «a considérablement augmenté», a déclaré lundi l'un de ses directeurs, Yves Mersch, emboitant le pas du chef économiste de l'institution, Peter Praet, qui avait déclaré la semaine précédente que la BCE ne pouvait pas laisser l'inflation trop basse trop longtemps.

L'inflation s'est établie à +0,7% sur un an en avril, soit bien en deçà de l'objectif de la BCE qui est de la maintenir proche de 2%, mais sous ce niveau.




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