La Chine se prépare à autoriser des banques à capitaux privés

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Les géants de l'Internet Tencent et Alibaba ont été choisis par les autorités chinoises pour être parmi les investisseurs du projet de sociétés privées qui créeront leur propre établissement bancaire.

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Agence France-Presse
Pékin

La Chine va tester la possibilité que des sociétés privées créent leur propre établissement bancaire, a indiqué mardi le régulateur du secteur, projet auquel se préparent notamment les géants de l'Internet Tencent et Alibaba.

Pékin avait annoncé en novembre son intention d'ouvrir aux investisseurs privés un secteur bancaire encore étroitement contrôlé par l'État, une réforme clef destinée à y accroître la concurrence et à encourager les prêts aux petites entreprises.

«Nous avons sélectionné une poignée (d'investisseurs) à capitaux privés pour participer de concert à un programme d'essai visant à créer cinq banques, dans un premier temps», a annoncé mardi Shang Fulin, président de l'Autorité chinoise de régulation bancaire.

Chacun de ces nouveaux établissements devra être fondé par au moins deux acteurs différents, a ajouté M. Shang, à l'occasion d'une conférence de presse organisée en marge de la séance annuelle de l'Assemblée nationale populaire (ANP), chambre d'enregistrement législative du régime.

Alibaba, numéro un du commerce en ligne en Chine, le groupe Tencent, connu pour ses réseaux sociaux et services de messagerie instantanée, le conglomérat Fosun, mais aussi l'équipementier automobile Wangxiang et six autres entreprises privées ont été choisis par les autorités pour être les investisseurs dans le cadre de ce projet, a par ailleurs précisé Shang Fulin, dans des propos rapportés par le Quotidien du Peuple, un journal officiel.

Ces banques d'un type inédit opéreront «de façon indépendante» et seront responsables des risques et des pertes comme des bénéfices, a averti M. Shang lors de la conférence de presse.

Les grandes banques publiques chinoises tendent à réserver leurs prêts aux entreprises d'État, souvent sous l'injonction de gouvernements locaux --quitte à financer des projets non rentables et à générer des créances douteuses.

À l'inverse, les nouvelles banques seront censées «se concentrer sur les services (financiers) aux petites et micro-entreprises», a insisté Shang Fulin.

Une annonce saluée par les analystes: «Un gros problème de la finance chinoise, c'est que les banques d'État réservent la plus grosse partie de leurs prêts... à des groupes d'État. C'est vraiment très difficile pour de petites entreprises privées d'obtenir un prêt», rappelle Shen Jianguang, de Mizuho Securities.

«Il n'y avait pas de solution adéquate à ce problème, mais maintenant ils essaient d'ouvrir le secteur, et ça va doper la concurrence dans un secteur longtemps critiqué pour être un monopole (d'État)», a-t-il indiqué à l'AFP.

Aucun calendrier n'a cependant été fourni pour la création des nouveaux établissements.

«Nous allons procéder au lancement des cinq banques de façon prudente, ne donnant de feu vert à chacune que lorsque tout est prêt (...) Cela dépend principalement (des investisseurs) eux-mêmes», a expliqué M. Shang.

Parmi les autres réformes clefs que le gouvernement chinois a indiqué avoir l'intention d'entreprendre figure la libéralisation des taux d'intérêt pour les dépôts bancaires --après avoir déjà entériné en juillet dernier la levée des contrôles sur les taux d'emprunt.

«La libéralisation des taux (d'intérêt) sur les dépôts fait absolument partie de nos projets. Je pense personnellement que cela se concrétisera d'ici un ou deux ans», a indiqué mardi à la presse le gouverneur de la banque centrale chinoise (PBOC), Zhou Xiaochuan.




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