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Technopôle Angus: le projet passe à 265 millions

Une esquisse d'une cour intérieure du projet immobilier... (SDA/PROVENCHER ROY ASSOCIÉS ARCHITECTES INC.)

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Une esquisse d'une cour intérieure du projet immobilier de 250 millions dans le quartier Angus.

SDA/PROVENCHER ROY ASSOCIÉS ARCHITECTES INC.

Le projet de mise en valeur des derniers terrains du Technopôle Angus s'élève maintenant à 265 millions de dollars et il pourrait même totaliser 350 millions avec toutes les sommes qui seront investies par les futurs locataires, a appris La Presse Affaires.

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Selon les plans déposés peu avant Noël à l'arrondissement de Rosemont-La Petite-Patrie (RPP), ce mégaprojet prévoit 6 immeubles résidentiels, 11 bâtiments commerciaux, de vastes espaces publics ainsi qu'une érablière urbaine. Le futur quartier écologique devrait en outre générer sa propre énergie, revaloriser tous ses déchets et gérer lui-même le ramassage de sa neige.

«Notre objectif est d'amener 1500 emplois supplémentaires dans le quartier», a résumé Christian Yaccarini, président et chef de la direction de la Société de développement Angus (SDA), pendant une longue rencontre avec ses partenaires.

La mise en valeur des anciennes «Shops Angus» est entamée depuis une vingtaine d'années. Alors que des constructeurs érigeaient des centaines de condos et maisons de ville tout autour, la SDA a bâti un parc d'entreprises qui emploie aujourd'hui 2300 personnes. L'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec, par exemple, vient tout juste d'y déménager son siège social.

La dernière phase du Technopôle Angus vise à développer un terrain en friche de 750 000 pieds carrés, situé à la lisière entre RPP et le Plateau-Mont-Royal. Le projet avait été évalué à 200 millions par la SDA à l'automne 2013, mais la plus récente mouture atteint maintenant 264,7 millions. Une centaine de millions en «améliorations locatives» devraient aussi être investis par les entreprises locataires.

«Manque d'enthousiasme»

Pour mener son projet à bien, la SDA devra obtenir diverses dérogations au chapitre des hauteurs et densités permises, ainsi qu'un changement de zonage. À l'heure actuelle, la réglementation permet seulement un usage commercial et industriel sur ce lot.

Le changement de zonage est primordial, fait valoir Céline C. Merthénat, spécialiste en développement durable de la firme d'architectes Provencher Roy, qui a élaboré le concept du Technopôle avec la SDA. «C'est sur la mixité que repose la faisabilité financière du projet.»

Christian Yaccarini renchérit. «Si on n'a pas le volet résidentiel, ça remet en question notre capacité à attirer les entreprises», a-t-il avancé.

Le promoteur s'enflamme lorsqu'il parle de ses relations avec l'arrondissement de RPP. Il déplore un «manque d'enthousiasme» de la part des fonctionnaires locaux, qui lui auraient fait part de possibles délais de 16 mois pour l'étude du dossier. «Ils nous disent qu'ils se posent des questions sur le volet résidentiel. Ils disent: «Angus, ça sert à l'emploi.» Nous, on leur dit: «On en a créé 2300, et on en créera encore 1500.» »

Selon M. Yaccarini, la nouvelle phase du Technopôle répond en tous points aux orientations visées par Montréal, soit une mixité des usages et une densification accrue des quartiers. Le projet ne comptera aucun stationnement de surface (plutôt 550 en souterrain) et prévoit une rue partagée qui donnera la priorité aux piétons.

Le maire favorable

François Croteau, maire de RPP, se dit surpris des inquiétudes exprimées par la SDA. «Un projet d'une telle envergure, on s'entend qu'on veut tous le réaliser dans les meilleurs délais et qu'on est tous favorables, dans l'administration, à aider la SDA à le réaliser, parce que ça peut servir de modèle en termes de développement à Montréal.»

Le maire d'arrondissement estime qu'un plan pourrait être adopté «avant l'automne». De nombreuses modifications devront toutefois être apportées au zonage, précise-t-il. «Il faut comprendre que c'est un changement de cap majeur dans le développement de l'îlot central du pôle Angus.»

La SDA espère ériger d'ici 10 ans un écoquartier «reproduisible» ailleurs, qui deviendra éventuellement une référence mondiale.

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LE PROJET EN BREF

> Terrain de 75 000 pieds carrés

> 450 000 pieds carrés de bureaux

> 300 000 pieds carrés de résidences

> 15% seront abordables

> 30 000 pieds carrés de commerces

> 20 000 pieds carrés d'espaces publics

> 1 «boucle énergétique» reliera tous les immeubles du projet

> Budget estimé: 265 millions




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