Montréal et Québec: de moins en moins d'appartements libres

Le loyer moyen des appartements de deux chambres... (Photo Alain Roberge, Archives La Presse)

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Le loyer moyen des appartements de deux chambres s'est élevé à 709$ en avril au Québec, une hausse de 2,2% sur un an. Il atteint 742$ à Montréal (+ 2,3%) et 766$ à Québec (+ 1,5%).

Photo Alain Roberge, Archives La Presse

Après l'importante pénurie de logements du début des années 2000, les taux d'inoccupation se sont stabilisés entre 2,5% et 3% depuis plusieurs années au Québec. Or, la tendance semble bel et bien repartie vers le bas à Montréal et dans la Vieille Capitale, ce qui inquiète les groupes de locataires. Tour d'horizon.

Le taux d'inoccupation des logements est passé de 3% à 2,7% depuis un an dans le Grand Montréal, selon un rapport publié hier par la Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL). À Québec, le taux a reculé de 2,2% à 1,8%, tandis qu'il s'est établi à 2,9% pour l'ensemble de la province (- 0,2%). Pourquoi un tel repli? David L'Heureux, analyste de marché à la SCHL, souligne que le ralentissement du marché de la revente immobilière a ravivé l'intérêt pour la location d'un appartement. «Ça pourrait aussi ramener un intérêt pour la construction locative», a-t-il souligné à La Presse Affaires. La SCHL s'attend à un taux d'inoccupation moyen de 2,5% l'an prochain à Montréal.

709$

Le loyer moyen des appartements de deux chambres s'est élevé à 709$ en avril au Québec, une hausse de 2,2% sur un an. Il atteint 742$ à Montréal (+ 2,3%) et 766$ à Québec (+ 1,5%). La province francophone affiche toujours le loyer mensuel le plus bas au Canada, rappelle la SCHL. En Ontario, les locataires doivent en moyenne débourser 1072$, comparativement à 1190$ en Alberta, 1090$ en Colombie-Britannique et 959$ en Nouvelle-Écosse.

Aubaines c. loyers exorbitants

Les variations régionales sont immenses entre les villes les moins chères et les plus chères du pays. On note aussi d'importantes disparités dans les taux d'inoccupation.

Des locataires inquiets

Les données diffusées hier par la SCHL ne comportent «rien d'encourageant» pour les locataires, fait valoir le Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU). L'organisme s'inquiète de la baisse du taux d'inoccupation à Montréal et à Québec, en particulier pour les grands logements de trois chambres. «Alors qu'il y avait une embellie ces dernières années, ça devient plus difficile pour les familles, a indiqué François Saillant, porte-parole du FRAPRU, en entretien à La Presse Affaires. Le taux d'inoccupation est passé de 3,4% à 2,1% à Montréal; ça risque d'être difficile le 1er juillet.»

Proprios insatisfaits

Le discours de l'Association des propriétaires du Québec (APQ) est à l'opposé de celui des locataires. L'organisme déplore des taux d'inoccupation «élevés», et la concurrence de plus en plus féroce des condos offerts en location par leurs propriétaires-investisseurs. L'APQ dénonce du même souffle la méthode «désuète» de fixation des loyers, qui ne permet pas aux proprios de rénover adéquatement les logements pour attirer des locataires. «Le peu d'argent qu'ils gagnent doit être réinvesti pour maintenir des logements salubres et sécuritaires», souligne le groupe dans un communiqué.

Hans Brouillette, porte-parole de la CORPIQ, estime pour sa part qu'il est difficile pour un nouveau propriétaire de rentabiliser son investissement à Montréal. Le prix médian d'un «plex» de deux à cinq logements s'élève à 442 000$ dans la métropole.




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