François-Xavier Souvay: viser le milliard de revenus

«Jusque là, notre croissance avait toujours été organique.... (Photo Alain Roberge, archives La Presse)

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«Jusque là, notre croissance avait toujours été organique. Là, on vient de réaliser une acquisition stratégique dans un secteur où on n'était pas présent», dit François-Xavier Souvay, fondateur et PDG de Lumenpulse.

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Le concepteur et fabricant de solutions d'éclairage DEL Lumenpulse, établi à Montréal, a été l'entreprise québécoise qui a réalisé le plus important premier appel public à l'épargne de l'année 2014.

Après avoir enregistré un taux de croissance annualisé de ses revenus de 80% au cours des quatre dernières années, Lumenpulse pourrait franchir le cap des 100 millions de dollars cette année. Son fondateur et PDG, François-Xavier Souvay, ne cache pas qu'il ambitionne d'amener Lumenpulse à franchir un jour la marque du milliard de revenus.

On a beaucoup parlé de Lumenpulse en 2014 parce qu'encore cette année on n'a pas vu beaucoup d'action sur le front des premiers appels publics à l'épargne au Canada.

Le financement de 115 millions qu'a réalisé Lumenpulse a été un véritable succès qui lui a notamment permis de ramener à zéro ses marges de crédit, de réaliser une acquisition de 30 millions durant l'été et qui assure à l'entreprise un confortable coussin de plus de 50 millions qui lui permettra de financer la suite des choses.

À son dernier exercice financier, Lumenpulse a enregistré des ventes de 48 millions. Les analystes financiers qui s'intéressent à l'entreprise anticipent des revenus de 100 millions pour l'exercice en cours.

«Je ne fais jamais de prévisions. Les analystes, eux, en font. C'est leur travail et je respecte leur travail», confirme l'entrepreneur dans un large sourire.

Lumenpulse, faut-il le préciser, réalise des systèmes d'éclairage pour des environnements commerciaux, institutionnels et urbains. Son empreinte est bien visible à Montréal où le groupe a réalisé les systèmes d'éclairage de l'aéroport de Dorval, du Complexe Desjardins, de la Cité des spectacles, du Stade olympique et du Casino, notamment.

La passion d'une vie 

François-Xavier Souvay a toujours travaillé dans le domaine de l'éclairage. Son père, immigré français, qui a été responsable de la sonorisation du spectacle L'Osstidcho de Robert Charlebois, est devenu designer d'éclairage de théâtre et d'architecture en réalisant notamment l'habillage lumineux du 1000, de La Gauchetière.

Sur le plan des affaires, François-Xavier Souvay estime avoir hérité des gênes de sa mère, Claire Cyrille, qui après avoir mené une carrière de chanteuse, est devenue éditrice chez Québecor puis vice-présidente des Publications TVA pour terminer sa carrière comme vice-présidente des chaînes spécialisées.

«En 1999, j'ai lancé Luxtec, ma propre entreprise de distribution d'éclairages architecturaux. J'ai monté l'entreprise et en 2006 j'ai décidé que j'allais développer moi-même mes produits et c'est là que j'ai créé Lumenpulse.

«En deux ans, on a développé deux produits en intégrant les volets électroniques, optiques et le design industriel pour développer des éclairages DEL (diode électroluminescente) beaucoup plus performants et efficaces en terme de coût», explique François-Xavier Souvay.

En 2008, François-Xavier Souvay s'est adjoint un partenaire financier, Nicolas Bélanger, ami et fondateur de DTI Software, l'entreprise qui conçoit tous les jeux vidéo que l'on retrouve sur les consoles de jeu des avions.

«Jusqu'en 2011, on a toujours financé nous-mêmes le développement de l'entreprise. Puis, on a fait des rondes de financement privé en 2011 et 2012, avant de solliciter le marché public cette année», résume François-Xavier Souvay.

En huit ans, Lumenpulse a développé 10 familles de systèmes d'éclairage qui totalisent une centaine de produits. Le groupe a pour clients des firmes d'architectes, des concepteurs en lumière et des promoteurs immobiliers qui font directement affaire à elle.

L'entreprise assemble ses produits dans ses ateliers de Montréal qui jouxtent ses bureaux administratifs. Quelque 150 personnes travaillent sept jours par semaine à l'atelier et une centaine d'employés conçoivent, développent et mettent en marché ses produits.

Lumenpulse a aussi des installations importantes à Boston, où est effectué l'essentiel du design électronique de ses produits. Une quarantaine d'employés y travaillent en incluant l'équipe de vente pour le marché américain.

Enfin, le groupe montréalais a conclu l'acquisition à Manchester, en Angleterre, de la société Alphaled, qui conçoit des systèmes d'éclairage pour des clients du secteur du commerce au détail.

«Jusque là, notre croissance avait toujours été organique. Là, on vient de réaliser une acquisition stratégique dans un secteur où on n'était pas présent. Alphaled a développé 7 gammes de systèmes d'éclairage et 70 produits différents.

«Elle réalisait 20 millions de ventes, mais seulement en Angleterre. À partir de janvier, on va distribuer ses produits aux États-Unis dans un marché six fois plus gros. Les possibilités sont énormes», anticipe l'entrepreneur.

Montréal et le monde 

Présentement, Lumenpulse réalise 65% de ses revenus en Amérique du Nord et 35% à l'international, une proportion qui est appelée à s'inverser au cours des prochaines années.

«Le marché des éclairages est une business mondiale de 100 milliards par année. Notre objectif à nous est d'aller chercher 1% de ce marché et on va y arriver, mais ne me demandez pas quand», précise le PDG.

Lorsque Lumenpulse réalisera des ventes de 1 milliard, 70% de celles-ci se feront à l'international tandis que l'Amérique du Nord représentera 30%, anticipe François-Xavier Souvay.

«Dans certains pays, on fait affaire avec des agents, mais on a ouvert des bureaux de commercialisation à Paris, Londres, Boston, Dubaï, Hong Kong et Singapour», signale-t-il.

Lumenpulse, qui compte aujourd'hui 350 employés, va assurer sa croissance à partir de Montréal. Au cours des deux prochaines années, quelque 200 emplois vont être créés au siège social. Le PDG prépare déjà le déménagement dans deux ans.

«Je nous considère comme une entreprise de technologie. Juste à Montréal, on a 32 personnes qui travaillent en recherche et développement. On s'est engagé à réinvestir chaque année 5% de nos ventes en R et D et on respecte nos engagements», prévient le PDG qui entrevoit l'avenir de lumineuse façon.




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