Claude McMaster, PDG de D-BOX: des attentes ambitieuses pas juste au grand écran

«Ultimement, on veut être dans 10 000 salles.... (PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE)

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«Ultimement, on veut être dans 10 000 salles. Là, on parle de gros revenus. Plus de 160 millions par année, sans aucun coût lié», dit Claude McMaster, PDG de Technologies D-BOX.

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C'est en fréquentant les salles de cinéma cet été, où j'ai été surpris de constater qu'on y présentait chaque fois une nouveauté différente en format 3D, que je me suis demandé ce qu'il advenait de la société Technologies D-BOX. Le concepteur et fabricant de fauteuils qui génèrent des mouvements synchronisés à l'action qui se déroule à l'écran profite-t-il de l'engouement grandissant pour les séances de cinéma immersives?

«Vous avez tout compris», me dit d'entrée de jeu et avec un large sourire 3D Claude McMaster, PDG de cette jeune société de Longueuil qui s'est lancée en 2009 dans la commercialisation de ses fauteuils D-BOX auprès des opérateurs de salles de cinéma.

Au départ, Technologies D-BOX, qui a été fondée en 1998, concevait, fabriquait et commercialisait ses fauteuils pour le marché haut de gamme des cinémas maison. Son produit, qu'elle fabrique toujours, se détaille autour de 10 000 $ et vise donc une clientèle de niche.

«Il y a beaucoup de gens fortunés dans le monde, et notre clientèle n'hésite pas à payer ce prix pour vivre une expérience de cinéma maison unique. On vient juste de décrocher une commande d'un de nos riches clients pour installer 20 fauteuils D-BOX dans le cinéma de son bateau», illustre Claude McMaster.

L'entreprise s'est donc attaquée en 2009 au marché des salles de cinéma, pour lequel elle propose des sections de plus de 25 fauteuils D-BOX qui s'intègrent à une salle classique ou qui sont installés dans des salles VIP réservées à cette expérience particulière.

Il a fallu y aller étape par étape. Il fallait d'abord convaincre les grands studios de confier à D-BOX les bandes inédites de leurs films, deux mois avant leur sortie en salle, pour y intégrer la trame des mouvements qui vont animer les fauteuils en synchronisme avec l'image et le son.

D-BOX a commencé en installant ses fauteuils dans deux salles de cinéma. En 2010, le chiffre est passé à 56 salles dans lesquelles 12 films adaptés à la technologie D-BOX ont été présentés.

Au 30 juin de cette année, 282 salles de cinéma, réparties dans 23 pays, étaient équipées de sections de fauteuils D-BOX, alors que 39 nouveautés y seront présentées.

«On est l'étape naturelle après l'implantation de la 3D. Les gens veulent pousser plus loin encore le réalisme de l'expérience qu'ils ont connue. On ajoute une dimension additionnelle à leur expérience», note Claude McMaster.

«Là, on a atteint notre vitesse de croisière en présentant une quarantaine de films par année. Si on considère qu'une nouveauté tient l'affiche deux semaines, on couvre l'ensemble de l'année. Tous les grands studios font maintenant affaire avec D-BOX et on présente, en moyenne, au moins 15 films qui sont no1 au box-office», précise le PDG.

Expansion dans tous les secteurs

D-BOX a adopté une stratégie d'expansion qui s'articule sur trois fronts qu'elle a décidé d'attaquer de façon progressive et ordonnée.

«Au début, on était seulement dans les cinémas maison. Aujourd'hui, ce secteur ne représente que 10 % de nos revenus. On veut maintenant s'attaquer au marché moyen de gamme en développant un fauteuil qui se vendra autour de 3000 $ qui intéresse beaucoup le réseau de détail de masse», souligne Claude McMaster.

L'expansion du côté des salles de cinéma présente toutefois le potentiel le plus intéressant. D-BOX vise installer ses systèmes dans 1000 salles.

«Les salles de cinéma nous assurent des revenus récurrents avec les redevances que l'on touche sur chaque billet vendu. Partout dans le monde, il en coûte l'équivalent de 8 $ additionnels pour participer à l'expérience D-BOX. L'opérateur de salles, le producteur du film et nous-mêmes, on se partage également ces redevances.

«Avec 250 salles, on a encaissé 4 millions de revenus de redevances sur des revenus totaux de 17 millions l'an dernier. Lorsqu'on sera dans 1000 salles, on va toucher 16 millions de dollars de redevances par année. Ultimement, on veut être dans 10 000 salles. Là, on parle de gros revenus. Plus de 160 millions par année, sans aucun coût lié», estime le gestionnaire.

Claude McMaster juge réalisable cet objectif à long terme d'être présent dans 10 000 salles. D-BOX afficherait ainsi un taux de pénétration de près de 10 % sur les 140 000 salles de cinéma dans le monde.

Seulement aux États-Unis, on recense 40 000 salles. L'Amérique du Sud et l'Asie sont toutefois les marchés en plus forte expansion avec des taux de croissance respectifs de 79 % et 55 % durant les quatre dernières années, comparativement à seulement 3 % aux États-Unis.

«Là, on cherche à s'implanter en Chine et en Inde, deux marchés où la classe moyenne est en forte progression. Il s'est construit l'an dernier 6000 salles en Chine. Le pays en compte un total de 15 000, et on prévoit que les Chinois vont rejoindre bientôt les États-Unis avec plus de 40 000 salles de cinéma», anticipe Claude McMaster.

D-BOX n'assemble à Longueuil que les modules électroniques et les pistons qui servent à animer les fauteuils de cinéma qui sont fabriqués par trois grands fournisseurs des grands exploitants de salles de cinéma en Amérique, en Europe et en Asie.

Depuis deux ans, l'entreprise a développé un autre créneau en s'attaquant au secteur industriel. La technologie D-BOX est maintenant utilisée pour fabriquer des simulateurs d'un nombre varié de véhicules.

«On a signé des ententes avec John Deere et Caterpillar. Ils se servent de nos modules à pistons pour animer des simulateurs de tracteurs, de pelles mécaniques, de machinerie lourde. C'est devenu un outil de formation important pour eux. C'est un marché très prometteur qui représente déjà 25 % de nos revenus annuels», avance Claude McMaster.

Certains investisseurs reprochent à D-BOX de ne pas avoir encore dévoilé d'ententes majeures avec des grands groupes d'exploitants de salles de cinéma. L'action de D-BOX, émise à 65 cents en 2000, s'échange autour de 25 cents aujourd'hui.

«Mes gros actionnaires, comme la Caisse de dépôt, me disent de ne pas m'en faire avec ça. Ils préfèrent que l'on consolide progressivement notre crédibilité dans le marché comme on le fait depuis cinq ans.

«Il y a cinq ans quand j'allais à Hollywood, je réussissais difficilement à réaliser un rendez-vous sur les six ou sept qui avaient été convenus. Tout le monde annulait. Aujourd'hui, on m'invite à jouer au golf et à des soupers dans les grands restaurants. D-BOX est reconnue. Dans tous les cinémas où on est implanté, les fauteuils D-BOX enregistrent un achalandage supérieur à la moyenne des autres salles des complexes», insiste le développeur.




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